Pourquoi nous devenons complotistes (1ère partie)

Pourquoi nous devenons complotistes (1ère partie)


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PAR AVI MORRIS - Depuis plusieurs mois nous avons l'impression d'être littéralement baladés. Les changements de discours sur le vaccin, son efficacité, son opportunité, sont permanents. Comment ne pas perdre absolument confiance dans la parole publique et se mettre à soupçonner qu'en fait la vaccin n'est qu'un moyen. L'objectif est la restriction toujours plus marquée de nos libertés individuelles et collectives.

Tout commence par la découverte et la mise sur le marché d’un vaccin en un temps record. Aucun problème à admettre que des scientifiques travaillaient sur le sujet depuis des années ; aucun problème non plus à admettre que l’urgence sanitaire puisse justifier qu’un traitement soit dispensé des procédures habituelles pour être distribué aux populations. Ce serait peut-être ici la différence entre une pandémie et une épidémie ? Enfin bon.

Il a été tout de suite précisé que la vaccination ne dispensait pas du respect des gestes barrière. On pouvait donc être vacciné et néanmoins continuer de contaminer son entourage. Là encore, cela n’est apparemment pas nouveau. Avec néanmoins une nuance importante : si, dès le départ, il est annoncé qu’un vacciné peut être contaminant, l’efficacité du vaccin pour une reprise de la vie avant pandémie implique une protection maximale contre la contamination.

Le chiffre de 95 % d’efficacité du vaccin pour prévenir le COVID est annoncé. A s’en tenir à cette donnée, il n’y a aucune hésitation à avoir : il faut aller se faire vacciner.

1. Vous avez le choix entre vous faire vacciner... et "avoir une vie de m....!"

Cela devrait être le bon sens. Et pourtant, les gouvernements de différents pays ne croient pas au bon sens des populations et décident pour inciter à la vaccination de mettre sous condition l’exercice des droits fondamentaux des individus : seuls ceux disposant du fameux passeport vert peuvent alors accéder par exemple aux théâtres ou aux cinémas. La mesure doit être temporaire et peut se justifier au regard de la protection affichée par le vaccin. En même temps, si la réalisation des droits des individus dépend d’un choix de vaccination, nous passons d’un problème sanitaire à un problème politique. N’est-ce pas un peu dangereux de mettre les droits fondamentaux sous conditions ? Comme l’explique Hannah Arendt, les lois ne sont pas supposées prescrire des conduites mais dire « uniquement ce qu’on ne devrait pas, mais jamais ce qu’on devrait faire ». Enfin bon, un régime d’exception comme son nom l’indique, n’a pas vocation à se prolonger au-delà des circonstances exceptionnelles qui l’ont vu naître.

Là où cela se complique, c’est quand le taux de 95 % chute au mieux à 40 %. Si, pratiquement le vaccin n’empêche pas la contamination mais qu’en plus les vaccinés sont tout autant contaminants que les non-vaccinés, au nom de quoi est-il possible de justifier les atteintes aux droits des non-vaccinés ?

2. En fait, on doit vous avouer: le vaccin n'empêche pas la contamination !

Est mis alors en avant un autre argument : la vaccination protègerait des formes graves. L’enjeu de la restriction des droits, c’est d’empêcher la saturation du système de santé. Nous sommes donc passés d’un problème sanitaire, à un problème politique puis à un problème budgétaire. Au passage, les limites intrinsèques du vaccin empêchent de facto tout retour à la normale : d’une part, il faut donc continuer à respecter les gestes barrière ; d’autre part, la personne positive doit s’isoler pendant 7 jours. Pour empêcher que le virus ne se propage, il faut multiplier les tests. Il n’y a donc aucune certitude que la vaccination puisse permettre un retour à la normale.

 Là encore, le bon sens devrait suffire pour que les gens aillent se faire vacciner. Pourquoi en effet prendre le risque d’une forme grave d’une maladie ? Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est une forme grave. Seul problème : comment connaître véritablement le taux de protection du vaccin contre les formes graves ? Hospitalisation ? Symptômes violents ? Et si, finalement, les formes graves n’étaient qu’une déficience de la protection vaccinale ?

Survient en effet une dernière question : pour combien de temps ? Et surprise, le public apprend que l’efficacité maximale de la protection ne joue que 2 mois après la vaccination, elle-même s’effectuant à partir de 2 doses espacées au début de la prescription de 3 semaines. Bref, tous les 5-6 mois, il devient donc indispensable de se faire vacciner pour continuer à exercer ses droits fondamentaux. Et plus le temps passe, plus les restrictions non seulement s’étendent dans la durée mais en prime couvrent de plus en plus de domaines comme l’accès aux hôpitaux ou aux T.G.V. ! Au nom d’un problème sanitaire qui a muté en problème politique pour ensuite trouver dans une logique budgétaire sa justification, les droits des individus sont en permanence mis en suspens.

3. Notre but n'est pas de vous vacciner mais de vous contrôler !

Rien que cette mise en perspective de l’efficacité du vaccin rend contestable les restrictions mises en place. Mais, ce n’est pas encore fini. La politique vaccinale s’effectue au mépris des considérations sanitaires fixées par les instances internationales – vaccination des adolescents ou validation de la troisième dose. Il est donc nécessaire pour exercer ses droits de subir un traitement qui ne bénéficie pas de la moindre once de validation ni d’approbation. Mais comme le dit le Conseil d’Etat, il ne saurait être question de parler d’obligation vaccinale.

Le meilleur est bien évidemment pour la fin : le virus mute et il n’est pas certain que la prochaine mutation soit couverte par le vaccin. Donc, si nous résumons, il faut accepter de se faire vacciner sans avoir une garantie forte de ne pas être contaminé, sans avoir la certitude d’un retour à une vie avant pandémie mais pour se protéger d’un risque de développement de la maladie, risque qui pourrait néanmoins survenir tous les 4 ou 6 mois et qui ne serait pas forcément couvert par les prochaines évolutions du virus.

Accepter que des droits fondamentaux soient restreints sur de telles considérations dans une situation sanitaire d’exception qui se prolonge indéfiniment, c’est clairement renoncer à toutes les valeurs de la République. Sauf à dire que finalement l’enjeu, ce n’est pas permettre aux individus de se protéger du virus mais d’instaurer un régime autoritaire et liberticide. 


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