Pourquoi le "Made in USA" de Trump pourrait lui coûter cher

Pourquoi le "Made in USA" de Trump pourrait lui coûter cher


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Le président Donald Trump est un homme de spectacle, et sa politique économique ne fait pas exception. Avec un second mandat, il a porté son "America First" à son paroxysme, s'engageant dans une politique protectionniste agressive. Mais derrière les slogans et les promesses de "ramener les emplois à la maison", une question essentielle demeure : cette croisade économique profitera-t-elle réellement au consommateur américain ?

Sous couvert de “protéger l’Amérique”, Donald Trump fragilise le pouvoir d’achat et l’innovation. Trump défend le protectionnisme pour relancer l’Amérique, mais ce choix pourrait coûter cher aux consommateurs et fragiliser l’économie.

Les coûts cachés d'une guerre commerciale

Le protectionnisme de Trump, avec ses droits de douane et ses quotas, est présenté comme une mesure punitive contre les concurrents étrangers. Cependant, l'impact le plus direct n'est pas sur les économies étrangères, mais sur le portefeuille des Américains. Les droits de douane sont des taxes, payées non pas par les pays étrangers, mais par les importateurs américains, qui les répercutent sur les consommateurs.

  • Hausse des prix: des voitures aux téléviseurs, en passant par les vêtements, tout ce qui est importé devient plus cher. Le consommateur se retrouve donc à payer plus pour les mêmes produits, ou à se rabattre sur des alternatives domestiques souvent plus coûteuses et moins compétitives.
  • Réduction du choix: en rendant les produits étrangers moins accessibles, le gouvernement restreint la diversité et l'offre disponibles sur le marché. C'est le consommateur qui est perdant, car il n'a plus accès aux meilleurs produits au meilleur prix.
  • Diminution du pouvoir d'achat: l'inflation et la restriction de l'offre érodent directement le pouvoir d'achat des ménages. Une famille américaine moyenne se retrouve avec moins d'argent pour ses dépenses quotidiennes, ce qui est l'exact opposé de la prospérité promise.

Trump ne se contente pas de taxer : il veut aussi contrôler

La philosophie de Trump incarne le passage de l'État-arbitre à l'État-Papa (daddy state) : un pouvoir centralisé qui prétend quels marchés et quelles industries doivent prospérer ou être protégées.

Plutôt que de laisser les entreprises prospérer ou échouer en fonction de leur compétitivité et de leur capacité à satisfaire les consommateurs, l'administration intervient directement. Le gouvernement devient un acteur, un arbitre, et un tuteur, créant une économie où le succès ne dépend plus de l'innovation, mais du lobbying et de la faveur politique.

Ce modèle, "erratique, transactionnel et myope" comme le note l'économiste Mariana Mazzucato, installe une profonde incertitude. L'investissement et la prise de risque, moteurs de l'innovation et de la croissance, cèdent la place à l'hésitation. Les ressources sont détournées de l'activité productive vers la recherche de rentes et le favoritisme, ce qui entrave la croissance économique et sape l'équité du marché.

Des consommateurs piégés par la facture finale

Le discours de Trump promet des emplois « rapatriés » et des industries « revitalisées ». Mais les réalités économiques sont implacables :

  • Les entreprises augmentent leurs prix pour compenser les taxes.
  • Les ménages payent plus cher pour les mêmes produits.
  • Le dynamisme du marché est remplacé par la recherche de faveurs politiques.

Un consommateur américain censé être « protégé » devient en réalité la première victime d’un système où l’État distribue les privilèges et impose ses caprices.

Les USA moins compétitifs face au monde

Pendant que Trump ferme les portes, l’Asie et l’Europe réorganisent leurs chaînes de valeur. Les États-Unis, eux, s’isolent. Le risque est clair :

  • perte de compétitivité mondiale,
  • fuite des investisseurs,
  • affaiblissement structurel de l’économie américaine

La promesse du protectionnisme de Trump est une loin de renforcer l'économie US. Elle l'affaiblit, en augmentant les coûts pour les consommateurs, en entravant le libre-échange, et en créant une économie de dépendance au pouvoir politique plutôt qu'au marché.

Alors que les prochaines élections de mi-mandat (midterms) approchent, Trump pourrait bien faire face à une résistance inattendue de la part de ses propres électeurs. En effet, l'impact de ses politiques protectionnistes, se traduisant par des prix plus élevés dans les rayons des supermarchés et des magasins, pourrait bien être la raison pour laquelle de nombreux électeurs, désabusés par des promesses non tenues, lui tourneront le dos.


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