Pourquoi ces élections législatives envoient un message identique à celui des élections présidentielles

Pourquoi ces élections législatives envoient un message identique à celui des élections présidentielles


Partager cet article

Les élections législatives disent le même chose que l'élection présidentielle. Beaucoup de commentaires, depuis 20 heures ce 19 juin 2022, parlent d'un désaveu cinglant d'Emmanuel Macron. Le peuple français se serait-il déjugé, lui qui a réélu - ou laissé réélire - le même Macron voici quelques semaines? En fait, les législatives disent exactement la même chose que l'élection présidentielle. Les partis du centre - "le cercle de la raison" auto-proclamé - voient leur socle rétrécir à chaque élection. Et en profite moins une gauche issue des métropoles, sans réelle assise populaire, qu'une droite nationiste, qui ferait bien mieux encore si elle n'était pas entravée par ses divisions.

Les élections législatives nous disent la même chose que les présidentielles. La classe politique est profondément éloignée des préoccupations des Français. Ces derniers votent par défaut, quand ils votent.

+ On entend parler ce soir de « claque » pour Emmanuel Macron. Mais la coalition présidentielle reste de loin le premier parti de France à l’Assemblée.

+ On entend parler de victoire pour Marine Le Pen. Pourtant, le résultat aurait été bien meilleur pour la droite nationiste si la perdante du second tour de l’élection présidentielle avait rassemblé autour d’elle les candidats de Reconquête qui pouvaient gagner et tendu la main à la droite de LR.

+ Qui sera surpris que Jean-Luc Mélenchon fasse un score honorable, dû à l’union de la gauche, mais décevant si on le compare aux annonces tonitruantes qui ont émaillé la campagne?

+ Le score de LR est moins catastrophique que celui de Valérie Pécresse à l’élection présidentielle. Cependant, le parti héritier de la démocratie chrétienne et du gaullisme est désormais derrière le Rassemblement National, malgré le scrutin majoritaire.

La crise de la représentation

En réalité, les Français ont répondu de manière très semblable à la question de la représentation politique, aux élections présidentielles et aux élections législatives.

Ils ont réélu Emmanuel Macron par défaut. Et ils ne lui ont pas donné de majorité absolue.

On observe depuis des années un rétrécissement du centre politique. Et la réémergence d’une gauche et d’une droite. Si Marine Le Pen ne l’avait pas joué à ce point « petit bras », la percée de la droite aurait pu être bien plus impressionnante encore – alors que les partis de gauche ont sans doute fait le plein de sièges en s’alliant.

Comme Eric Verhaeghe le montre, nous allons sans aucun doute vers une crise politique puisque les acteurs du système représentatif sont tous empreints d’une grande raideur: non seulement « Jupiter » mais aussi Jean-Luc Mélenchon, qui s’est montré incapable de donner un coup de pouce à Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle pour déstabiliser Emmanuel Macron; Les Républicains, qui assistent passivement à leur inexorable déclin; et Marine Le Pen elle-même, enfermée dans son incapacité à construire une coalition.

Aurons-nous de nouvelles élections législatives ou une élection présidentielle avant cinq ans? Ou bien allons-nous assister à des secousses encore plus fortes encore lorsque surviendra, cet hiver, la crise de l’énergie consciencieusement préparée par les sanctions à courte vue de la Russie par l’Union Européenne?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

La chute du cours de l'or observée aujourd'hui, le 30 janvier 2026, est directement liée à la nomination de Kevin Warsh par le président Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed). Cette baisse s'explique par trois mécanismes financiers majeurs déclenchés par ce choix : 1. Le profil "Hawkish" (Faucon) de Kevin Warsh Kevin Warsh est perçu par les marchés comme un "faucon", c'est-à-dire un responsable favorable à une politique monétaire plus stricte po


Rédaction

Rédaction

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

L'actualité nous offre une nouvelle séquence dont la mise en scène frise l'indécence. Arno Klarsfeld, figure médiatique et héritier d'un combat mémoriel nécessaire, a décidé de porter plainte pour « incitation à la haine » suite à des tweets qualifiés d'« abjects ». Au cœur du litige : ses propos sur l'utilisation du terme « rafles » pour qualifier les interpellations d'étrangers en situation irrégulière. Si l'on peut, par principe, condamner la violence numérique des réseaux sociaux, il est


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

L'Union européenne a officialisé un "partenariat stratégique global" avec le Vietnam. Bruxelles se hisse au rang des grandes puissances à Hanoï. Une opération de communication diplomatique qui cache mal une fuite en avant pour tenter de peser dans un monde multipolaire. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, l'Union européenne a discrètement procédé, jeudi, à une mise à niveau majeure de ses relations avec le Vietnam.  Le Vietnam et l’


Rédaction

Rédaction

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Le jeudi 29 janvier 2026, les rues de Lille n'étaient pas le théâtre d'une énième manifestation citoyenne, mais d'une collision frontale entre deux piliers du régime : les soldats du feu et les forces de l'ordre. Plus de 700 pompiers ont forcé les lignes, rappelant une vérité que le pouvoir central feint d'ignorer : lorsque la base n'a plus les moyens de sa mission, c'est l'ordre public qui s'effondre. Le jeudi 29 janvier, plus de 700 pompiers du département du Nord se sont réunis à Lille pour


Rédaction

Rédaction