Pourquoi Angela Merkel ne mérite pas la Légion d’Honneur

Pourquoi Angela Merkel ne mérite pas la Légion d’Honneur


Partager cet article

Emmanuel Macron a décidé d'élever la Chancelière allemande sortante au grade le plus élevé de la Légion d'Honneur. C'est une décision particulièrement choquante pour qui constate, depuis des années, comme la Chancelière s'est démarquée de ses prédécesseurs et a marché contre les intérêts français.  Nous avons identifié cinq raisons de ne pas attribuer la Légion d'Honneur à Angela Merkel.

Ainsi Emmanuel Macron a-t-il décidé de faire entrer Angela Merkel dans le club fermé des Grand Croix de la Légion d’Honneur – le plus haut grade de l’ordre. Il n’y en a eu que 3000 depuis Napoléon. Et aucun chancelier de la République Fédérale d’Allemagne n’avait reçu cet honneur. Ni le Chancelier Adenauer (1949-1963), artisan du premier rapprochement d’après-guerre;  ni Helmut Schmidt (1974-1982), très fidèle allié de Valéry Giscard d’Estaing; ni Helmut Kohl (1982-1998) artisan de l’unité allemande et du Traité de Maastricht, ni Gerhard Schröder, opposant avec Jacques Chirac à la guerre en Irak (1998-2005), pour nommer les chefs de gouvernement allemands qui ont été les plus proches de la France. Tous l’auraient mérité infiniment plus qu’Angela Merkel, Chancelière pendant seize ans, interlocutrice de quatre présidents français successifs ans qu’on puisse dire qu’elle ait construit une relation utile à l’Europe avec aucun. .

Les raisons pour lesquelles il est indécent de décorer ainsi Angela Merkel

+ Angela Merkel a sabordé le projet d’Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy en 2007-2009. Et dans la foulée elle a mis en place un dialogue des pays de la Baltique qui était la réplique du projet d’UEM. On dira que Nicolas Sarkozy ne s’est pas assez battue. Ce n’est pas une raison pour la faire Grand-Croix de la Légion d’Honneur.

++ Angela Merkel  a fait sortir l’Allemagne de l’industrie nucléaire civile au printemps 2011 sans informer le partenaire français, alors que sa décision avait des implications gigantesques pour les choix énergétiques de l’Union Européenne

+++ Alors que François Hollande, après l’éclatement de l’Ukraine, avait initié le dialogue de Minsk avec la Russie, la Chancelière n’a jamais joué le jeu d’un dialogue diplomatique  avec Moscou.

++++ En septembre 2015, la Chancelière a décidé de manière unilatérale d‘accueillir plus d’un million de réfugiés et migrants opportunistes en Allemagne. C’est bien entendu l’ensemble de l’Union Européenne qu’elle a déséquilibré. Mais la France a été plus particulièrement touchée: au moins trois des assaillants du 13 novembre 2015 étaient entrés en Europe par la « route des migrants » et par l’Allemagne.  Angela Merkel est donc impliquée dans l’engrenage qui a conduit à l’assassinat de  130 français par des militants islamistes. Comme Français, je ne m’imagine pas serrer la main à Angela Merkel depuis cet épisode.

+++++Lorsqu’Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, il avait pour ambition de relancer l’entente franco-allemande. Il a proposé un plan ambitieux d’approfondissement de la zone euro par la création d’un budget dédié; Angela Merkel a refusé d’entrer sérieusement dans la discussion jusqu’à ce que vienne la crise du COVID-19. mais alors la Chancelière a imposé sa vision des choses, en décidant d’un plan de relance à l’échelle non plus de la zone euro mais de l’Union Européenne.

Evidemment, dira-t-on, Emmanuel Macron, comme Nicolas Sarkozy il y a quelques années, doit s’en prendre à lui-même. la Chancelière a profité de la relative faiblesse de ses interlocuteurs pour ignorer la relation franco-allemande derrière des apparences joviales. La presse allemande appelait méchamment François Hollande le « vice-chancelier ». Toujours est-il qu’en faisant Angela Merkel au grade de Grand-Croix de la Légion d’Honneur, c’est-à-dire au niveau, entre autres, d’un président de la République française, Emmanuel Macron contribue à entretenir la légende usurpée d’une Angela Merkel facteur de stabilité pour l’Europe.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Municipales à Nantes : la table rase comme programme des Insoumis

Municipales à Nantes : la table rase comme programme des Insoumis

À l’approche des municipales de 2026, la France insoumise rallume la mèche mémorielle. À Nantes, William Aucant, sa tête de liste annonce vouloir déboulonner la statue de Louis XVI, jugée incompatible avec l’espace public républicain. Une fois de plus, la gauche radicale instrumentalise l'histoire pour imposer son récit, au mépris de la liberté et de la propriété collective. La tête de liste de La France insoumise (LFI) à Nantes, William Aucant, a révélé son projet de retirer la statue de Louis


Rédaction

Rédaction

Le "Reset national" de Trump est-il plus ou moins acceptable que le "Great Reset" techno de Klaus Schwab ?

Le "Reset national" de Trump est-il plus ou moins acceptable que le "Great Reset" techno de Klaus Schwab ?

À Davos, Donald Trump a emmené une délégation américaine fournie pour marquer son territoire, et annoncer un renversement complet. Nous sommes passés du Great Reset technocratique professé en 2020 par Klaus Schwab, le fondateur du Forum, à un Reset national aux accents très différents. Mais est-ce mieux ? La 56ème réunion annuelle du Forum Économique Mondial (WEF) à Davos, en janvier 2026, restera gravée dans l'histoire diplomatique et économique comme le moment précis où l'ordre libéral intern


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

L’image a fait le tour des réseaux : Gims et Emmanuel Macron, lunettes de soleil assorties, posent à l’Élysée avant le Gala des Pièces Jaunes. Un cliché soigneusement calibré, pensé pour buzzer, commenté jusqu’à l’international. Mais à force de jouer au « dur à cuire », Macron ne frôle-t-il pas le ridicule politique ? Ce jeudi 22 janvier, l’Élysée s'est transformé en plateau de tournage. Entre Gims et A$AP Rocky, Emmanuel Macron a multiplié les poses « street-crédibles », lunettes d'aviateur vi


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

On connaissait le "Big Mac" diplomatique, voici venu le temps du TACO. Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle franchise de fast-food s'installant dans les Grisons, mais de l'acronyme qui fait désormais trembler (de rire ou d'effroi) les chancelleries : Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours). Le scénario est devenu aussi prévisible qu’un épisode de téléréalité des années 2000. Acte I : La menace nucléaire commerciale. Acte II : Le chantage surréaliste. Acte III : La pirouette fi


CDS

CDS