Pour le FMI, la croissance 2020 prend mauvaise tournure


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Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour 2020 partout dans le monde. La faute en revient à la perte de confiance, résultat, paraît-il, d’une multiplicité d’événements malheureux comme la guerre commerciale lancée par Donald Trump ou les atermoiements britanniques autour du Brexit. Tous les pays du monde sont concernés par un atterrissage mouvementé en 2020.

Les prévisions du FMI ne sont pas très optimistes, et confirment que 2020 devrait être une année compliquée pour l’économie mondiale. L’ensemble des pays, qu’ils soient émergents ou industrialisés, devraient subir une baisse de forme marquée.

Les économistes du Fonds monétaire international n’attendent plus que 3,2% de croissance cette année dans le monde puis un rebond limité à 3,5% l’an prochain, soit dans les deux cas 0,1 point de moins que dans leurs prévisions du printemps.

Par comparaison, ils tablaient sur 3,9% pour 2019 il y a tout juste un an.

Ils restent légèrement moins négatifs que leurs homologues de l’OCDE, qui voient eux la croissance tomber à 3,2% cette année et 3,4% en 2020, dans le sillage des échanges commerciaux internationaux. Ceux-ci ne progresseraient plus que de 2,5% en 2019 pour le FMI (après 3,7% en 2018), et de 2,1% pour l’OCDE.

Cela l’amène en conséquence à relever de 0,3 point sa prévision de PIB 2019 des Etats-Unis, à 2,6%. Mais il maintient son scénario de ralentissement à 1,9% en 2020 avec l’atténuation des effets de la politique de relance de l’administration Trump.

Le Fonds ne modifie qu’à la marge ses prévisions pour la zone euro pour 2019 (1,3%, inchangé) comme pour 2020 (1,6%, +0,1 point) et ses pays membres, si ce n’est qu’il est un peu moins positif pour l’Allemagne cette année (0,7%, soit -0,1 point par rapport aux précédentes prévisions) mais nettement plus pour 2020 (1,7%, +0,3 point) en anticipant la fin de la dégringolade du secteur automobile.

Ses anticipations pour la France restent à 1,3% puis 1,4% pour les deux années.

Il constate en revanche une situation nettement plus dégradée qu’il ne le prévoyait encore au printemps pour les pays émergents, dont il revoit en baisse de 0,3 point la croissance 2019, à 4,1%.

Aucune région n’échappe à cette révision. Elle concerne d’abord l’économie chinoise qui, sous l’impact de la guerre commerciale engagée avec les Etats-Unis, ne croîtrait plus que de 6,2% cette année et de 6,0% l’an prochain, soit 0,1 point de moins que dans les précédentes prévisions.

La révision est plus conséquente (-0,3 point) pour l’Inde, avec des taux de 7,0% et 7,2% attendus en 2019 et 2020, pour cause cette fois d’une demande intérieure inférieure aux attentes.

Elle est encore plus forte pour la Russie (-0,4 point à 1,2% pour 2019) et radicale pour l’Amérique latine – -0,7 point à 0,9% pour le Mexique et surtout -1,3 point à 0,8% pour le Brésil -, le FMI soulignant la perte de confiance “considérable” des acteurs économiques dans ce dernier pays sur fond de doutes quant à la capacité du gouvernement à faire passer des réformes radicales comme celle des retraites.

La situation des économies émergentes est aujourd’hui suivie de près. Le FMI souligne que “la stabilisation ou le redressement qui est attendu dans les pays en difficulté représente environ 70%” du rebond attendu de la croissance mondiale en 2020 par rapport à 2019.

En attendant, les économistes du Fonds notent que les risques associés à leur scénario de croissance mondiale sont clairement plus prononcés qu’ils ne l’étaient au printemps.

Bref, la situation est passée de mauvaise à préoccupante, comme nous l’indiquions récemment. Un consensus se dégage chez les économistes pour prédire le pire en 2020.


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