Omerta médiatique: pourquoi Patrick Cohen est-il intouchable?

Omerta médiatique: pourquoi Patrick Cohen est-il intouchable?


Partager cet article

Depuis la diffusion d’une vidéo compromettante montrant Patrick Cohen et Thomas Legrand en pleine discussion avec des responsables socialistes, le service public audiovisuel est en crise. France Télévisions a rapidement blanchi Cohen, et la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a dénoncé une « campagne de déstabilisation ». Résultat : au lieu d’apaiser le débat, elle alimente la suspicion.

L’affaire Patrick Cohen révèle bien plus qu’une simple maladresse journalistique : elle met en lumière les mécanismes opaques de protection des élites médiatiques. Alors que Thomas Legrand est suspendu, Cohen reste intouchable. Pourquoi ? Parce que le service public fonctionne comme un cercle fermé, sourd aux critiques et immunisé contre toute exigence de reddition de comptes.

Une vérité qui dérange : l'affaire de la vidéo

L'affaire Patrick Cohen n'est pas une simple polémique. C'est une fenêtre sur un système médiatique vicié. La vidéo du média L'Incorrect ne laissait aucune place au doute : Patrick Cohen et Thomas Legrand, deux figures de l'audiovisuel public, discutaient ouvertement avec des cadres du Parti socialiste. Ce n'est pas un scoop, mais une confirmation. Elle met en évidence la proximité idéologique et la connivence entre une certaine presse et une classe politique.

  • La vidéo a été jugée "compromettante" par le grand public, soulevant de sérieuses questions sur l'impartialité de ces journalistes.
  • La suspension de Thomas Legrand, mais pas de Patrick Cohen, expose une justice à deux vitesses au sein de Radio France et de France Télévisions.

La présidente de « Radio France » Sibyle Veil a dénoncé une "campagne de déstabilisation". C'est une tactique bien rodée : attaquer le messager pour éviter de parler du message. La diffusion de la vidéo n'est pas un complot, mais une révélation.

La riposte de l'establishment

Face à l'évidence, la riposte a été immédiate et désordonnée. Le Comité d'éthique de France Télévisions a déclaré Patrick Cohen "non en faute", une décision sidérante qui défie la perception de millions de téléspectateurs.

Ces réactions témoignent d'une stratégie de défense :

  • Qualifier la vidéo de "fake news" : alors même que L'Incorrect a dû diffuser la vidéo entière pour prouver sa véracité.
  • Accuser de "complot" : une dérive rhétorique pour discréditer les critiques légitimes.
  • Ignorer les faits : l'absence de sanction pour Patrick Cohen est la preuve d'un "deux poids, deux mesures".

Cohen, symbole d’une caste intouchable

 Cohen incarne ce système où l’on protège les siens, surtout lorsqu’ils sont en faute.

"Patrick Cohen semble très protégé sur tout ce qui est service public,... Il est toujours très protégé. Il y a eu la séquence avec Rachida Dati aussi. Encore une fois lui il s'en sort parfaitement alors qu'il ne répond pas. Donc ça veut dire qu'il est d'accord. Pourquoi ce type est toujours totalement protégé ?"

a ainsi lancé le chroniqueur de Cyril Hanouna, Matthieu Delormeau le lundi 15 septembre 2025 sur W9. C'est la protection de tout un système.

Son confrère Laurent Fontaine a évoqué une "puissance" qui serait comparable à celle de la famille Duhamel, mais refuse de donner plus de détails.

  • Le fait qu'il n'y ait aucune explication concrète à cette impunité, ni de la part des journalistes, ni de la part de leurs employeurs.
  • Le silence de Patrick Cohen lui-même sur l'affaire.

L’affaire Cohen n’est pas qu’une polémique de plus. C’est le symptôme d’un mal profond : un service public qui fonctionne en circuit fermé, méprise son audience et étouffe toute voix dissidente. Il est temps d'exiger des comptes. 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Moscou à la table de Bruxelles : la Hongrie accusée d’avoir ouvert la porte

Moscou à la table de Bruxelles : la Hongrie accusée d’avoir ouvert la porte

Selon des révélations du Washington Post publiées samedi, la Hongrie aurait transmis pendant des années aux autorités russes le contenu de discussions confidentielles entre les Vingt-Sept. Le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó a d’abord dénoncé des « fake news » avant de reconnaître, à demi-mot, des échanges avec des « personnes clés » avant et après les conseils européens. Depuis le 23 mars 2026, une affaire d’espionnage présumé secoue les institutions européennes. Au cœur des ac


Rédaction

Rédaction

Jack Lang, l’icône déchue

Jack Lang, l’icône déchue

Ministre icône de François Mitterrand, père de la Fête de la musique, Jack Lang vient de quitter la présidence de l’Institut du monde arabe sous la pression d’une enquête préliminaire du Parquet national financier et de l’évocation de son nom à 673 reprises dans les documents judiciaires américains de l’affaire Epstein. Mais la crise de l’ancien socialiste ne se limite pas aux convocations judiciaires : un ex-collaborateur décrit une « double vie » institutionnelle et médiatique, tandis que la s


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'arcom utilise un sondage pour justifier la censure

L'arcom utilise un sondage pour justifier la censure

Mardi dernier, l’Arcom a dévoilé les résultats d'une enquête menée en novembre auprès de 2 000 personnes, confrontées à un panel de dix affirmations. Le verdict est sans appel : seuls 23 % des sondés auraient identifié correctement les sept « fake news » présentées. Face à ce constat de « vulnérabilité » collective , Martin Ajdari, président de l’autorité, veut poser les bases d’un renforcement de son pouvoir, et plaide pour une régulation plus « directive » des plateformes. Mardi, l’Autorité d


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Avec 40% de risque de stagflation, comment ajuster votre épargne ? par Vincent Clairmont

Avec 40% de risque de stagflation, comment ajuster votre épargne ? par Vincent Clairmont

Alors que le gouvernement et la Banque de France tentaient encore, il y a peu, de nous rassurer sur une « croissance résiliente », les derniers chiffres de ce printemps 2026 sonnent comme un coup de semonce. Le spectre que tout le monde redoutait — la stagflation — n'est plus un « risque de queue » (tail risk) théorique, mais une probabilité de 35 % à 40 % pour les six prochains mois. Entre une croissance anémique plafonnant à 0,9 % et une inflation qui menace de franchir à nouveau les 2,6 % so


Rédaction

Rédaction