Obligation vaccinale : Aux USA une affaire de patrons, en France une affaire de syndicats?

Obligation vaccinale : Aux USA une affaire de patrons, en France une affaire de syndicats?


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L’obligation vaccinale figure parmi les sujets qui divisent dans le monde actuel. Entre pass sanitaire, obligation vaccinale et congés sans solde, les salariés se retrouvent, dans différents pays, entre le marteau et l’enclume.  Selon une application maximaliste des directives de l’administration Biden, les salariés de Ford relevant du secteur des services devront être vaccinés d’ici le 8 décembre; cependant la direction de l'entreprise a décidé que les personnes travaillant sur les sites de production usines et quelques autres catégories.  Une approche très différente de celle de la France où la CGT s'oppose à l'obligation vaccinale mais c'est d'un bout à l'autre le gouvernement qui définit le cadre.

Le constructeur Ford pose un ultimatum à ses employés

Le président Joe Biden a imposé un  mandat : l’obligation vaccinale dans les entreprises comptant 100 employés ou plus, sans quoi, elles devront donner à leurs salariés des possibilités de se faire dépister de manière régulière.

Mardi 2 novembre 2021, le constructeur Ford a fait parvenir un message à ses employés salariés traitant la question de l’obligation vaccinale et indiquant une interprétation maximaliste du mandat Biden : « Comme nous continuons à mettre en place des mesures pour protéger notre équipe, Ford exigera désormais que la plupart des employés salariés américains soient entièrement vaccinés contre le COVID-19 d’ici le 8 décembre, ce qui est également conforme aux directives des entrepreneurs fédéraux.«

Toutefois, pour les employés qui ne peuvent pas recevoir de vaccin, Monique Brentley, porte-parole de la firme, a ajouté que Ford tiendra compte des exemptions médicales et religieuses. Mis à part cette catégorie de salariés, ceux qui refusent le vaccin devront passer par une mise en congé sans solde accompagné de protection de l’emploi pour un délai maximum de 30 jours. Mais aucune information n’a encore été donnée sur ce qui pourrait advenir après cette période donnée.

En regardant de plus près: le mandat vaccinal de Ford exclut ceux qui œuvrent dans les usines, dans le volet financier et dans les dépôts de pièces détachées. Par ailleurs, le syndicat de l’United Auto Workers ou UAW, lui aussi, n’est pas touché par ce mandat.

On a donc un système complexe, où la direction de lentreprises est apparemment toute puissante mais doit accepter énormément d’exceptions.

Dans l’Hexagone, les syndicats parlent mais l'Etat décidera

En France, on a plutôt un jeu de rôles. Concernant l’obligation vaccinale, Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération générale du Travail (CGT), continue de faire valoir le droit de chacun sur la question. Il a ainsi récemment annoncé : « Nous sommes pour la vaccination, mais contre la vaccination obligatoire. Nous l’avons toujours dit, ça va générer des discriminations ».

Le pass sanitaire représenterait ainsi un réel fossé dans la vie professionnelle d’un salarié, car sans ce « visa sanitaire », ce dernier devra recourir à des congés ou des RTT, ou encore entrer dans une situation de télétravail jusqu’à l’obtention du pass. En outre, il peut aussi demander auprès de son employeur une affectation temporaire à un poste ne nécessitant pas la possession du pas sanitaire. Dans le cas où aucune solution n’est trouvée, son contrat et sa rémunération se trouveront suspendus.

Pour montrer son soutien et solidifier son argumentaire, le syndicaliste ajoute : « Il vaut mieux essayer de comprendre les réticences à la vaccination…Pourquoi ceux qui sont au quotidien confrontés aux malades refusent la vaccination ? Il y a des raisons. Voilà ce dont il faut discuter plutôt que de dire : c’est comme ça et ce n’est pas autrement. »

Mais, au bout du compte, depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’Etat qui a donné le la. En sera-t-il autrement à l’avenir? Que se passera-t-il si le gouvernement décide de la vaccination obligatoire?  Peut-on imaginer que les syndicats puissent le faire reculer? Il est vrai qu’,

Olivier Véran

avait « demandé que l’obligation vaccinale [pour les personnels de santé] soit appliquée en Guadeloupe et en Martinique comme sur tout le territoire de la République, avec discernement, avec progressivité, à mesure que la pression sanitaire diminue ». Les personnels hospitaliers en Martinique ont malgré tout réussi à faire reculer le gouvernement sur l’obligation vaccinale et le passe sanitaire. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres secteurs professionnels?


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