Musk prédit la liberté du travail... grâce à l'IA

Musk prédit la liberté du travail... grâce à l'IA


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Elon Musk , l'homme le plus riche du monde, prédit un monde où le travail deviendrait facultatif grâce à l’IA, promettant revenu universel et abondance. Le marché de l’emploi est à la croisée des chemins : entre l’émancipation par l’innovation et l’asservissement par la rente.

L’annonce d’Elon Musk selon laquelle, d’ici 10 à 20 ans, « le travail deviendra facultatif » et que « l’argent perdra de son importance » a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Alors que l’IA générative redessine déjà les chaînes de valeur, cette vision futuriste soulève une question centrale : la technologie enhardira-t-elle la liberté individuelle, ou renforcera-t-elle l’ingénierie sociale chère aux technocraties modernes ?Derrière les discours optimistes, l’économie américaine montre surtout qu’un quart des emplois pourrait être transformé, souvent en appauvrissant le travail humain plutôt qu’en le valorisant. Et c’est précisément là que l’analyse libertarienne devient incontournable.

Un travail facultatif et un revenu universel élevé

Le progrès fulgurant de l’Intelligence artificielle suscite de l’inquiétude chez les jeunes diplômés de la génération Z (des personnes nées entre 1997 et 2012). Encouragés pour poursuivre des études supérieures onéreuses et de travailler dur pour être les meilleurs, ils craignent que les systèmes d’IA de plus en plus avancés, capables de réaliser des taxes complexes, leur volent leurs emplois de début de carrière.  

Le magnat de la technologie, Elon Musk, bien connu pour sa vision futuriste, a pourtant prédit pour eux un avenir meilleur. « D’ici moins de 20 ans, voire même 10 ou 15 ans seulement, les progrès de l’IA et de la robotique nous amèneront à un point où travailler sera facultatif », a-t-il déclaré au cours d’un épisode du podcast People by WTF.  Autrement dit, les diplômés de la gen Z n’auront plus besoin de travailler lorsqu’ils arriveront à la quarantaine.

Ce n’est pas pour la première fois que le patron de Tesla évoque cet avenir où le travail deviendra optionnel. Lors du Forum d’investissement américano-saoudien qui s’est tenu à Washington, l’homme qui détient une fortune de 450 milliards de dollars a déclaré que le travail sera bientôt considéré comme un simple loisir. Il a aussi évoqué le revenu universel élevé attribué à chaque citoyen, de quoi leur permettre de subvenir à leurs besoins correctement.  

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Présenté comme une évidence bienveillante, ce mécanisme est en réalité l’antithèse de la liberté. Il institutionnalise la dépendance à l’État, détruit le lien direct entre contribution et rémunération, et confisque la responsabilité individuelle.

Ce n’est pas la technologie qui libérerait alors l’homme, mais la bureaucratie qui le mettrait en tutelle, avec l’argent des contribuables. Un tel système ne « valoriserait » pas le temps libéré ; il créerait une classe de citoyens perpétuellement redevables au pouvoir central, tuant dans l’œuf l’entrepreneuriat et l’initiative qui sont les vrais moteurs du progrès.

Le vrai visage de la liberté : la productivité comme levier d’émancipation

Contre cette vision collectiviste, l’analyse libertarienne oppose le modèle porté, avec plus de nuance, par Jensen Huang de Nvidia. L’IA doit être un outil au service de l’individu pour accroître sa productivité, simplifier les tâches ingrates et libérer du temps et des ressources cognitives pour des créations à plus haute valeur ajoutée.

La vraie révolution ne réside pas dans la fin du travail, mais dans sa transformation : moins de corvées administratives, plus d’innovation, d’artisanat intellectuel et d’entrepreneuriat. Le marché, et non l’État, réallouera naturellement le travail vers des secteurs où l’humain reste irremplaçable – la créativité, le jugement complexe, les relations interpersonnelles.

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La semaine de travail peut se raccourcir non par décret, mais parce que chaque heure travaillée créera infiniment plus de valeur, augmentant le pouvoir d’achat et le loisir gagnés, et non accordés.

L’IA générative ne doit pas être le prétexte à un nouveau grand projet étatique de réengineering social. Le danger n’est pas la machine, mais l’utilisation qui en sera faite : outil d’émancipation dans les mains d’individus libres sur un marché libre, ou instrument de contrôle au service d’une vision paternaliste qui considère le citoyen comme un être à assister.


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Rédaction

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