Un soutien d'Edouard Philippe victime de racisme à Paris

Un soutien d'Edouard Philippe victime de racisme à Paris


Partager cet article

La campagne municipale parisienne démarre à peine que déjà le terrain se déplace : moins sur les projets que sur l’indignation. Dans le XVIIIe arrondissement, Samir Belaïd, tête de liste pour Pierre-Yves Bournazel, a déposé plainte pour injures racistes reçues sur le réseau X. Entre émotion légitime et opportunisme tactique, l’affaire pose une question politique : la victimisation peut-elle s’imposer comme l'arme fatale pour disqualifier ses concurrents directs?

Choisi comme tête de liste dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour les élections municipales par Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance), Samir Belaïd a déposé une plainte pour injures racistes auprès du commissariat de la Goutte d’or le lundi 26 janvier 2026. Selon le candidat, les attaques ont commencé seulement deux jours après l’annonce de sa candidature.

Des messages dénoncés, une plainte déposée

Pierre-Yves Bournazel a positionné Samir Belaïd comme tête de liste dans le XVIIIe arrondissement de Paris, dans le cadre de la campagne pour les municipales. Dimanche, soit 48h après l’annonce de sa candidature, le candidat s'est dit victime d’attaques à caractère raciste sur les réseaux sociaux.

Dans un long message publié sur X, Samir Belaïd a dénoncé ces attaques personnelles lancées contre lui. « Le racisme ordinaire est l’un des poisons de notre démocratie. Il assigne des individus à une identité qui ne représente qu’une fraction d’eux-mêmes », a-t-il écrit.

Municipales à Paris : victime de racisme sur les réseaux, un candidat du XVIIIe porte plainte pour injures publiques
Samir Belaïd, tête de liste de Pierre-Yves Bournazel dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a déposé plainte ce lundi pour injures publique

Le candidat de 39 ans a rappelé qu’il est né et a grandi dans le 18e arrondissement. Il est fils d’un ouvrier dans le BTP et sa mère travaillait comme garde d’enfants et femme de ménage. Mais M. Belaïd est « très fier » d’être sorti d’un « milieu très modeste ».

Dans son message, la tête de liste de Pierre-Yves Bourzanel a souligné qu’il refuse de « laisser passer le racisme ».

Le lundi 26 janvier 2026, Samir Belaïd a décidé de déposer une plainte pour injures racistes auprès du commissariat du commissariat de la Goutte d’or. Il a dans son viseur Martine Maurand, une militante LR qui figurait sur la liste de Rachida Dati en 2020. Elle a écrit sur X : « Au moins avec un nom pareil il ne dépareillera pas dans le 18e ».

Très vite, le narratif a glissé vers celui de l'agression : celle de la victime sacralisée par les réseaux sociaux.

La victimisation comme capital politique

En se présentant comme un "pur produit du 18e" et en insistant sur ses origines modestes, Samir Belaïd enferme le débat dans l'assignation identitaire qu'il prétend pourtant combattre.

Le recours systématique au juge pour régler des joutes numériques est le symptôme d'une classe politique qui ne sait plus convaincre. La posture victimaire neutralise la critique et force l’adversaire à s’excuser avant même d’avoir parlé.

Municipales à Nantes : la table rase comme programme des Insoumis
À l’approche des municipales de 2026, la France insoumise rallume la mèche mémorielle. À Nantes, William Aucant, sa tête de liste annonce vouloir déboulonner la statue de Louis XVI, jugée incompatible avec l’espace public républicain. Une fois de plus, la gauche radicale instrumentalise l’histoire pour imposer son récit,

Le débat d’idées est remplacé par le procès d’intention. On ne discute plus de logement, de sécurité ou de fiscalité locale : on juge des émotions et des indignations.

D’un point de vue libertarien, cette dérive est inquiétante. Elle transforme la politique en tribunal permanent et l’État en arbitre des sensibilités. La loi doit sanctionner les délits, pas servir de levier de communication. À force de judiciariser la parole et d’instrumentaliser l’offense, on affaiblit la liberté d’expression et on détourne la démocratie.

Les propos racistes doivent être combattus et sanctionnés. Mais leur instrumentalisation électorale l’est tout autant. Quand un candidat brandit la plainte comme un argument de campagne, il confond justice et stratégie. La victimisation n’est pas un programme. C’est souvent l’aveu d’un manque d’idées.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
65% de risque de stagflation en France dans les 6 mois : comment s'y préparer? Par Vincent Clairmont

65% de risque de stagflation en France dans les 6 mois : comment s'y préparer? Par Vincent Clairmont

L'économie française entre dans une "zone de mort" macroéconomique. Le spectre de la stagflation — croissance nulle, chômage en hausse et inflation persistante — n'est plus une hypothèse, mais le scénario central pour septembre 2026. Pourquoi c'est important La France subit simultanément trois chocs massifs alors que ses défenses budgétaires sont au plus bas. Le risque de déclassement pour les cadres et les entreprises est immédiat. * Croissance atone : Le PIB n'a progressé que de 0,2 % au


Rédaction

Rédaction

Démission d'un responsable US qui proteste contre la guerre d'Iran imposée par Israël, par Thibault de Varenne

Démission d'un responsable US qui proteste contre la guerre d'Iran imposée par Israël, par Thibault de Varenne

Le séisme qui secoue Washington depuis le 17 mars 2026 n'est pas seulement administratif, il est moral et stratégique. Joseph « Joe » Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), a claqué la porte de l'administration Trump. Ce n'est pas une simple démission : c'est un acte d'accusation. Ancien béret vert, officier paramilitaire de la CIA et figure de proue du mouvement « America First », Kent n'a pas seulement quitté son poste ; il a publié une lettre de démission qu


Rédaction

Rédaction

Affaire Epstein: « cela ne fait que commencer », le scandale pourrait encore secouer Buckingham

Affaire Epstein: « cela ne fait que commencer », le scandale pourrait encore secouer Buckingham

Alors que la monarchie britannique espérait tourner la page, les déclarations de l’ex-garde du corps de Diana rouvrent la boîte de Pandore. L’affaire Andrew-Epstein, loin d’être close, expose la fragilité d’une institution. Dans les monarchies modernes, les scandales se déploient par vagues successives, au gré des révélations et des témoignages tardifs. L’affaire impliquant le prince Andrew et le financier américain Jeffrey Epstein pourrait bien suivre ce schéma. La récente déclaration de Ken W


Rédaction

Rédaction

Les super-cadres de 2035 : nomades fiscaux, mercenaires technologiques ou derniers Européens ? Par Eric Lemaire
Photo by Ant Rozetsky / Unsplash

Les super-cadres de 2035 : nomades fiscaux, mercenaires technologiques ou derniers Européens ? Par Eric Lemaire

Pendant que la France discute de municipales introuvables et que l’IA menace les diplômes comme un ransomware silencieux, une autre géopolitique se met en place : celle des cadres supérieurs mondialisés. Où vivre, où investir, quelle puissance servir quand les États s’effacent derrière les villes-monde et les mégacorporations ? Bienvenue dans la prospective cynique de la vie des super-cadres. Alors que des municipales introuvables viennent encore d’occuper quelques plateaux télé français, il es


Rédaction

Rédaction