Miami Beach : saluts nazis en discothèque, des employés licenciés

Miami Beach : saluts nazis en discothèque, des employés licenciés


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À Miami Beach, des influenceurs de la « manosphère » américaine ont célébré une chanson glorifiant Hitler dans une discothèque privée. L’affaire, très vite condamnée par les autorités locales, pose une question libertarienne fondamentale : où s’arrête la liberté d’expression d’un établissement privé et où commence la régulation sociale ?

L’incident s’est déroulé dans le luxueux Vendôme, club le plus select de Miami Beach. Des vidéos montrant des influenceurs Andrew Tate et Myron Gaines, ainsi que le célèbre streamer nationaliste blanc Nick Fuentes, chantant « Heil Hitler », un titre du rappeur Kanye West (Ye) banni des principales plateformes , ont provoqué un tollé. La réaction a été immédiate : condamnation du maire, de l’Anti-Defamation League, et mesures radicales du club concerné.

Le dilemme de l’établissement privé : droit d’exclure vs pression sociale


Le club Vendôme s’est retrouvé au centre d’une tempête médiatique et morale. La boîte de nuit a immédiatement publié un communiqué dans lequel, elle a qualifié cet incident de « profondément offensant et inacceptable ». L’établissement a aussi déclaré qu’il condamne l’antisémitisme et les propos haineux. Après un « examen interne », le club a licencié trois employés et banni à vie les clients impliqués.

Cette décision, présentée comme « décisive », est indissociable de la pression extrême exercée par la réputation. La crainte d’un boycott, de perdre sa clientèle habituelle a probablement pesé lourd.

L’établissement a agi moins en vertu d’un principe que sous la contrainte du marché de l’image, démontrant que la régulation par la réputation peut être aussi puissante qu’une sanction étatique.

Selon certains témoignages , pourtant, un homme chauve et barbu, qui ressemblait beaucoup au propriétaire du club, Jonathan Mansour, était visible dans ces vidéos.

L’économie de l’attention en toile de fond

Le cas de la chanson « Heil Hitler » interroge également les limites de la diffusion artistique. Interdite en Allemagne par la loi et déréférencée par les plateformes privées de streaming, l’œuvre de Ye existait pourtant. Le club a choisi, via ses DJs, de la diffuser. Ici, l’État n’est pas directement intervenu contre le club, mais le cadre légal existe.

Dans de nombreux pays, dont la France, de tels agissements pourraient tomber sous le coup de la loi. La question libertarienne est claire : faut-il criminaliser ce type de provocation, confiant à l’État le soin de définir et punir le « discours de haine », ou faut-il s’en remettre aux conséquences sociales et commerciales? L’Australie a, elle, choisi la sanction administrative directe en révoquant le visa de l’artiste.

Les protagonistes mis en cause vivent de visibilité. La provocation choque, génère des vues, puis monétise l’indignation. Cette logique alimente un cycle où les lieux et marques deviennent des décors involontaires d’opérations virales. Pour les établissements, le calcul est simple : le gain ponctuel ne compense pas le risque durable sur la marque. L’affaire Vendôme n’oppose pas liberté et censure, mais responsabilité et réputation.


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