Madagascar : les autorités interdisent une manifestation de l’opposition

Madagascar : les autorités interdisent une manifestation de l’opposition


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Samedi, la plateforme de l’opposition Rassemblement des opposants à Madagascar pour la démocratie (RMDM) avait appelé toutes les personnes qui « souffrent de la hausse du coût de la vie » à se retrouver dans l’enceinte du Magro. Les forces de l’ordre en grand nombre ont bloqué l’accès des lieux et ont empêché la manifestation qui n’a pas eu « l’autorisation nécessaire ».

Samedi, très tôt le matin, les éléments des forces de l’ordre ont quadrillé les alentours de Magro, un ancien centre commercial, appartenant à l’ancien chef d’Etat malgache Marc Ravalomanana, qui se situe dans le quartier de Behoririka, au cœur de la capitale. Les forces de l’ordre avaient pour seul ordre de bloquer l’accès des lieux aux manifestants.

Une manifestation contre la vie chère

Annoncé depuis plusieurs jours, les responsables de l’opposition malgache, la RMDM et la TIM (Tiako i Madagasikara) avaient lancé un appel à toutes les personnes qui  souffrent de la hausse du coût de la vie à s’y retrouver.

L’appel a mobilisé plusieurs centaines de partisans. Mais face aux barrages des forces de l’ordre devant l’enceinte du Magro, les manifestants ont décidé de se rassembler au milieu de la route face. La foule de protestataires a signifié son ras-le-bol face à l’inflation galopante. Madagascar, l’une des nations les plus pauvres du monde, subit encore les effets économiques de la pandémie de coronavirus et une série de phénomènes météorologiques extrêmes.

Malgré cette interdiction, les ténors de l’opposition ont assuré qu’ils ne cherchaient pas la confrontation avec les forces de l’ordre. Ils militent plutôt pour « le redressement de Madagascar, la bonne gouvernance et la mise en place de la démocratie au pays».

Un rassemblement non autorisé selon le préfet de police d’Antananarivo

Selon Angelo Ravelonarivo, préfet de la police d’Antananarivo, les forces de l’ordre ont tout simplement reçu l’ordre d’empêcher une manifestation illégale. Selon ce dernier, les responsables de l’opposition malgache n’ont pas déposé « de demande d’autorisation de manifester auprès de la préfecture ».

Ravelonarivo a précisé que le quartier de Behoririka n’est pas un lieu adéquat pour ce genre de manifestation. Selon ses dires, la préfecture a proposé au RMDM de tenir ce rassemblement au Magro Tanjombato, un quartier en périphérie de la capitale.

Au cours de cette manifestation, les deux figures emblématiques de l’opposition, le secrétaire général du parti TIM, Rina Randriamasinoro et son coordinateur national, Jean-Claude Rakotonirina ont été interpellés.  Selon le préfet de la police, ils sont accusés d’avoir tenu « des propos incitant à la haine ». Ils ont été finalement relâchés dans la soirée du samedi.

Dans une déclaration publiée en début de soirée du samedi, le président national du TIM, Marc Ravalomanana regrette que « la Constitution a été bafouée » et martèle qu’« on veut museler l’opposition par la terreur ».

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