Macron tente d’échapper à sa hollandisation et de réembobiner les Français

Macron tente d’échapper à sa hollandisation et de réembobiner les Français


Partager cet article

Le Président Macron se lance dans un premier tour de France pour échapper à sa hollandisation. Il commence dans le Lot, dans le joli village de Saint-Cirq-Lapopie. Officiellement, il s’agit de partir à la rencontre des Français après un an de confinement. Dans la pratique, conseillé notamment par le maire de Poissy Karl Olive, Emmanuel Macron va sonder ses chances d’être réélu et tenter une opération de communication pour reprendre la main. La recette, déjà utilisée en 2017, puis en 2019 pour gérer la crise des Gilets Jaunes, peut-elle encore fonctionner ? Ou bien est-il déjà trop tard ?

La hollandisation est-elle déjà consommée, ou bien Macron peut-il rééditer l’exploit de 2017, où il avait décroché une élection sans disposer d’un véritable parti, ni de relais locaux, mais avec un soutien massif des médias subventionnés et une mise entre parenthèses judiciaires du favori des sondages ? Le lancement de son Tour de France à Saint-Circq-Lapopie ressemble furieusement à un tour de chauffe pour voir si la mayonnaise peut prendre.

Un tour de France préparé à la hâte

Il semblerait que ce tour de France ait été réfléchi à quelques-uns, dont Karl Olive, le maire de Poissy, qui aurait conseillé à Macron d’y aller en lui annonçant qu’il allait « en prendre plein la gueule ». L’idée aurait germé à la fin du mois d’avril. Elle est explicitement conçue comme une prise de température sur la hollandisation du candidat.

Le Président réunira les mêmes ingrédients qu’en 2019, pour son « Grand Débat » : mobilisation des élus locaux, relais larges dans les médias subventionnés, mises en scène travaillées de rencontres avec les citoyens pour soigner son image. Bis repetita placent ? On a un doute.

L’occasion de tester la réforme des retraites

Ce tour de France devrait permettre au Président de jauger sa capacité à réformer le pays, et l’empathie des Français pour une reprise des réformes en suspens depuis le confinement. C’est en particulier le cas sur la réforme des retraites, où le clan des pro-réforme affronte le clan des anti-réformes.

Au cours de sa déambulation électorale, pour le paraphraser, Emmanuel Macron devrait donc tester l’appétence des Français pour un réchauffé sur le sujet. On croit déjà connaître la réponse, tant les Français ont résisté de façoon constante à l’universalisation de la sécurité sociale, contrairement au fantasme nourri et martelé par la caste.

La hollandisation a-t-elle déjà fait son oeuvre ?

Pour l’instant, la grande chance de Macron est qu’aucun rival ne se soit « dégagé » en dehors de Marine Le Pen. La caste et ses financeurs ont pourtant testé de nombreuses formules : Xavier Bertrand, Edouard Philippe, Michel Barnier, et sans doute quelques autres à venir. Mais aucun ne paraît de taille à empêcher Emmanuel Macron de se présenter.

Faute de combattants, Macron pourrait donc songer à être réélu face à Marine Le Pen en 2022, conformément à l’accord au minimum tacite qui les unit depuis plusieurs mois. Mais le Président devrait quand même se méfier de l’agacement des Français vis-à-vis de sa personne, et de son style très « communicant », qui pourrait créer bien des surprises.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

La chute du cours de l'or observée aujourd'hui, le 30 janvier 2026, est directement liée à la nomination de Kevin Warsh par le président Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed). Cette baisse s'explique par trois mécanismes financiers majeurs déclenchés par ce choix : 1. Le profil "Hawkish" (Faucon) de Kevin Warsh Kevin Warsh est perçu par les marchés comme un "faucon", c'est-à-dire un responsable favorable à une politique monétaire plus stricte po


Rédaction

Rédaction

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

L'actualité nous offre une nouvelle séquence dont la mise en scène frise l'indécence. Arno Klarsfeld, figure médiatique et héritier d'un combat mémoriel nécessaire, a décidé de porter plainte pour « incitation à la haine » suite à des tweets qualifiés d'« abjects ». Au cœur du litige : ses propos sur l'utilisation du terme « rafles » pour qualifier les interpellations d'étrangers en situation irrégulière. Si l'on peut, par principe, condamner la violence numérique des réseaux sociaux, il est


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

L'Union européenne a officialisé un "partenariat stratégique global" avec le Vietnam. Bruxelles se hisse au rang des grandes puissances à Hanoï. Une opération de communication diplomatique qui cache mal une fuite en avant pour tenter de peser dans un monde multipolaire. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, l'Union européenne a discrètement procédé, jeudi, à une mise à niveau majeure de ses relations avec le Vietnam.  Le Vietnam et l’


Rédaction

Rédaction

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Le jeudi 29 janvier 2026, les rues de Lille n'étaient pas le théâtre d'une énième manifestation citoyenne, mais d'une collision frontale entre deux piliers du régime : les soldats du feu et les forces de l'ordre. Plus de 700 pompiers ont forcé les lignes, rappelant une vérité que le pouvoir central feint d'ignorer : lorsque la base n'a plus les moyens de sa mission, c'est l'ordre public qui s'effondre. Le jeudi 29 janvier, plus de 700 pompiers du département du Nord se sont réunis à Lille pour


Rédaction

Rédaction