Macron a-t-il encore ridiculisé la diplomatie française à Tokyo ?

Macron a-t-il encore ridiculisé la diplomatie française à Tokyo ?


Partager cet article

Au terme d’une rencontre bilatérale avec Sanae Takaichi, Emmanuel Macron n’a pas résisté à reproduire le geste iconique du manga Dragon Ball. Ce « Kaméhaméha » improvisé, largement relayé sur les réseaux, a éclipsé les sujets pourtant stratégiques évoqués lors du sommet. Une fois de plus, le président semble plus soucieux d’occuper le terrain médiatique que de défendre la position stratégique de la France.

À Davos, Emmanuel Macron marque les esprits avec son « for sure », qui a connu une viralité mondiale. Quelques semaines plus tard à Tokyo, il mime un Kaméhaméha face la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi. Un geste présenté comme une « modernisation » de la communication présidentielle. En réalité ce geste, certes anodin en apparence, intervient dans un contexte où la France peine à faire entendre sa voix sur les grands dossiers énergétiques et géopolitiques. Symbole d’une communication moderne ou symptôme d’une perte de sérieux ?

Une séquence diplomatique parasitée par la communication

La scène se déroule lors d’une rencontre officielle à Tokyo, dans un contexte stratégique : coopération énergétique, tensions internationales, repositionnement des alliances en Indo-Pacifique. A la fin de sa conférence de presse commune avec Sanae Takaichi, Emmanuel Macron a réalisé une posture inspirée de Dragon Ball, mimant le célèbre “Kaméhaméha”.

Ce qui frappe immédiatement, c’est le décalage entre le cadre institutionnel — conférence de presse officielle — et la nature du geste. Rien, dans l’agenda diplomatique, ne laissait présager une telle séquence. Selon plusieurs observateurs, ce moment « n’était pas prévu », ce qui renforce le sentiment d’improvisation.

Les lunettes aviateur de Macron sont-elles vraiment fabriquées en France ?
Quelques jours ont suffi pour transformer une paire de lunettes en affaire nationale. À Davos, Emmanuel Macron apparaît avec des lunettes de soleil. Les réseaux s’emballent, les médias suivent. Derrière l’accessoire, une entreprise, le lunetier jurassien Henry Jullien, et une question classique : comment l’artisanat survit-il à la

Or, dans la pratique diplomatique classique, chaque geste est calibré. Les postures, les mots, les silences même, répondent à des codes précis. Ici, l’image a pris le pas sur le message. En quelques secondes, la séquence virale a éclipsé le contenu des discussions, pourtant cruciales sur le plan économique et énergétique.

Une déconnexion face aux enjeux réels

Ce type d’initiative s’inscrit dans une ligne constante du macronisme : privilégier l’impact médiatique immédiat. Depuis 2017, Emmanuel Macron multiplie les ruptures de ton, cherchant à incarner une présidence “moderne”, plus accessible, plus visuelle.

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action
L’image a fait le tour des réseaux : Gims et Emmanuel Macron, lunettes de soleil assorties, posent à l’Élysée avant le Gala des Pièces Jaunes. Un cliché soigneusement calibré, pensé pour buzzer, commenté jusqu’à l’international. Mais à force de jouer au « dur à cuire », Macron ne frôle-t-il

Le choix de Dragon Ball n’est pas anodin. Phénomène culturel global, extrêmement populaire en France comme au Japon, il permet de créer un pont symbolique entre les deux pays. Figure de l'aile droite japonaise, Sanae Takaichi, a immédiatement validé la séquence, renforçant son image d'incarnation pop-culture auprès des jeunes électeurs nippons.

Macron, l’homme d’une caste qui ne comprend pas le peuple français
Survendu pendant des années par le cartel des medias subventionnés comme un Mozart de la politique, Macron a montré hier

Mais cette validation ne suffit pas à dissiper les interrogations. Car dans un climat international marqué par la guerre en Ukraine, les tensions sino-américaines et les enjeux énergétiques critiques avec la guerre en Iran, la légèreté peut poser question.

À force de vouloir être "partout" et "pour tous", Macron finit par n'être nulle part À Tokyo comme à Davos, la diplomatie française amuse la galerie.

Macron a offert une tribune gratuite à la Première ministre nationaliste. La séquence a généré une visibilité massive, mais au détriment du fond. Aucun chiffre, aucun engagement concret n’a émergé dans le débat public avec la même intensité. Pas un contrat, pas une avancée sur les réacteurs EDF, pas un engagement chiffré.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Libertarisme : la taxe Shein et la présomption fatale de nos élites

Libertarisme : la taxe Shein et la présomption fatale de nos élites

L'aéroport de Vatry, dans la Marne, fonctionnait à 90% grâce à Shein. La mise en place d'une taxe sur les petits colis devrait provoquer sa fermeture prochaine et la disparition de 1.400 emplois. La présomption fatale de nos députés qui se croient capables de gérer le pays en imposant des règles contre l'ordre spontané du marché a encore frappé... pour le plus grand bénéfice de l'aéroport de Liège. On se souvient de la campagne véhémente contre Shein, contre son rayon au BHV, et contre sa préte


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Jack Lang, l’homme qui ne payait jamais

Jack Lang, l’homme qui ne payait jamais

Alors que l'affaire Epstein continue d'alourdir son casier réputationnel, Jack Lang se retrouve rattrapé par une autre controverse, celle d'un homme de pouvoir qui n'a jamais sorti son portefeuille. Des témoignages concordants, remontant jusqu'aux années 1970, dressent le portrait d’un homme qui ne sort jamais son portefeuille, même pour un café ou un taxi. Depuis la publication des documents affirmant ses liens à l’affaire Epstein qui l’a poussé à quitter l’Institut du monde arabe (IMA), Jack


Rédaction

Rédaction

Sondages 2027 : Bardella favori , vague irrésistible ou illusion statistique ?

Sondages 2027 : Bardella favori , vague irrésistible ou illusion statistique ?

À douze mois de l’élection présidentielle, un homme fait trembler le système : Jordan Bardella, crédité de 34 à 38 % des voix. Un niveau jamais vu à ce stade par les futurs présidents Mitterrand ou Sarkozy. En tête dans toutes les enquêtes, le patron du RN semble intouchable. Mais à un an du scrutin, pour les observateurs, ces chiffres traduisent davantage une colère électorale qu’une victoire acquise. À un an de la présidentielle de 2027, Jordan Bardella domine les sondages avec 34 à 38 % des


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Face à la concurrence chinoise, Renault se déleste de 2 000 ingénieurs

Face à la concurrence chinoise, Renault se déleste de 2 000 ingénieurs

Le constructeur au losange va réduire de 15 à 20 % ses effectifs d’ingénierie mondiale, soit 2 000 postes en moins. Décision actée mardi par François Provost dans le cadre du plan stratégique FutuReady. Alors que la conception reste en France, Renault externalise une partie croissante de son intelligence technique vers des pays à moindre coût. Officiellement pour "rester compétitif face à la Chine", ce choix révèle surtout les faiblesses structurelles et réglementaires imposées par l'UE. Renaul


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany