L'or va-t-il monter ou baisser ? par Vincent Clairmont

L'or va-t-il monter ou baisser ? par Vincent Clairmont


Partager cet article

Les cours de l'or sont extrêmement spéculatifs ces derniers jours. Après une ascension fulgurante, certains éléments laissent à penser que le métal précieux pourrait accuser le coup et "rétropédaler". Que faut-il en penser ?

L'analyse objective des facteurs influençant le marché de l'or en cette fin octobre 2025 suggère....

... une poursuite de l'ascension du cours de l'or à moyen terme (fin 2025 et 2026). Cependant, cette trajectoire ne sera probablement pas linéaire, la volatilité restant élevée après la performance spectaculaire de cette année.

Voici les éléments objectifs qui sous-tendent cette perspective.

Situation actuelle : une année 2025 historique

L'or connaît une année exceptionnelle, affichant une progression spectaculaire d'environ 55 % à 60 % depuis le début de 2025. Le métal précieux a atteint un record historique le 17 octobre, culminant à près de 4 380 dollars l'once.

Cependant, le marché vient de subir une correction significative. Autour du 21 octobre, le cours a chuté d'environ 6 % à 8 %, l'une des baisses les plus marquées de ces dernières années. Cette correction est principalement attribuée à des prises de bénéfices après la forte hausse et à un regain d'optimisme temporaire concernant les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Au 24 octobre 2025, l'once oscille autour de 4 080 – 4 100 dollars.

Facteurs objectifs soutenant la poursuite de l'ascension

Trois piliers majeurs soutiennent la tendance haussière de fond.

1. L'assouplissement des politiques monétaires (baisse des taux d'intérêt)

C'est le catalyseur le plus puissant actuellement. Les grandes banques centrales, notamment la Réserve Fédérale américaine (Fed) et la Banque Centrale Européenne (BCE), sont engagées dans un cycle de baisse des taux d'intérêt.

  • Impact sur le coût d'opportunité : l'or ne générant aucun rendement (ni intérêt, ni dividende), il devient plus attractif lorsque les taux d'intérêt réels baissent. Cela réduit le coût de sa détention par rapport aux placements obligataires.
  • Impact sur le dollar : la baisse des taux américains tend à affaiblir le dollar. L'or étant coté en dollars, un dollar plus faible stimule la demande internationale.
  • Perspectives : les marchés anticipent la poursuite de cet assouplissement fin 2025 et en 2026, ce qui constitue un puissant moteur haussier.

2. Les achats massifs et structurels des banques centrales (dédollarisation)

La demande des banques centrales constitue un soutien fondamental et durable. Les achats se poursuivent à un rythme soutenu (près de 600 tonnes achetées sur les neuf premiers mois de 2025).

  • Motivation stratégique : de nombreux pays, en particulier les marchés émergents (Chine, Inde, Pologne, Turquie), cherchent activement à diversifier leurs réserves hors du dollar américain pour des raisons de sécurité et de souveraineté monétaire.
  • Fait marquant : il a été rapporté qu'en 2025, la valeur de l'or dans les réserves des banques centrales a dépassé celle des bons du Trésor américain, une première depuis 1996. Cette demande structurelle crée un "plancher" solide pour les cours.
  1. Incertitude géopolitique et économique (valeur refuge)

Le contexte mondial reste très instable. Les conflits persistants, les tensions commerciales (notamment les politiques tarifaires américaines), et les inquiétudes liées à l'endettement massif des États soutiennent la demande pour l'or, l'actif refuge par excellence.

Facteurs objectifs pouvant entraîner une baisse ou une consolidation

Malgré ces forces puissantes, certains éléments peuvent freiner la progression de l'or.

1. Prises de bénéfices et correction technique

Après une hausse de près de 60 % en moins d'un an, le marché est considéré comme techniquement "suracheté" et vulnérable. Il est logique que les investisseurs sécurisent leurs gains, ce qui peut entraîner des baisses brutales, comme celle observée mi-octobre.

2. Apaisement géopolitique et retour de l'appétit pour le risque

Une résolution durable des conflits majeurs ou une détente significative des relations internationales (notamment un accord commercial global entre les États-Unis et la Chine) réduirait la prime de risque et détournerait les flux de l'or vers des actifs plus performants (actions).

3. Un changement inattendu de politique monétaire

Le principal risque baissier serait une résurgence forte de l'inflation qui contraindrait la Fed et la BCE à stopper leur cycle de baisse des taux. Ce scénario augmenterait les taux d'intérêt réels et pénaliserait fortement l'attrait de l'or.

Prévisions des experts

Le consensus des analystes et des grandes institutions financières est très majoritairement optimiste, estimant que les facteurs de soutien l'emportent sur les risques baissiers. Les prévisions pour 2026 sont particulièrement haussières :

  • HSBC : prévoit que les prix pourraient atteindre un pic de 5 000 $ l'once au premier semestre 2026, avec une moyenne de 4 600 $ pour l'année.
  • Bank of America et Société Générale : anticipent également le seuil des 5 000 $ en 2026.
  • Goldman Sachs : a récemment relevé sa prévision pour décembre 2026 à 4 900 $ l'once.
  • Morgan Stanley : prévoit un cours de 4 400 $ l'once en 2026.

En conclusion, les forces structurelles (dédollarisation) et cycliques (baisse des taux) sont puissantes et devraient continuer à soutenir le cours de l'or à moyen terme, malgré d'inévitables phases de volatilité à court terme.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : au CRIF, Lecornu annonce qu'il criminalise la contestation de la Belgique !

L'humeur de Veerle Daens : au CRIF, Lecornu annonce qu'il criminalise la contestation de la Belgique !

Mes chers amis, mes chers compatriotes d’un pays qui n’existe que par accident de l’histoire : c’est donc arrivé. Hier soir, entre le dessert et le café au dîner du CRIF, Sébastien Lecornu — un homme dont le nom évoque plus une spécialité fromagère qu’un destin napoléonien — a décidé de réécrire le Code pénal avec la subtilité d’un char d’assaut dans un magasin de dentelle de Bruges. L’annonce est tombée : on va pénaliser la « remise en cause de l’existence d’un État ». Alors là, je dis : Dank


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Cour Suprême invalide les tarifs de Trump, par Elise Rochefort

Pourquoi la Cour Suprême invalide les tarifs de Trump, par Elise Rochefort

Par une majorité de 6 contre 3, l’arrêt Learning Resources, Inc. c. Trump vient de porter un coup d’arrêt brutal à l’un des piliers de l’agenda économique du Président : les tarifs douaniers massifs imposés sous le couvert de l’urgence nationale. Pour la première fois dans son second mandat, Donald Trump se voit désavoué par la plus haute juridiction du pays sur une question de souveraineté économique. L’illusion de l’urgence : quand « réguler » ne veut pas dire « taxer » Au cœur de cette


Rédaction

Rédaction

Macron en Inde , un "mea culpa" de façade pour mieux censurer

Macron en Inde , un "mea culpa" de façade pour mieux censurer

En visite à New Delhi, Emmanuel Macron a concédé ses « grosses erreurs » par excès de confiance. Mais c’est sa charge contre la liberté d’expression, qualifiée de "bullshit" (pure foutaise) lorsqu’elle heurte ses convictions, qui interpelle, à mille lieues des aveux d’humilité présidentiels. Lors d'un entretien accordé au média Brut India, Emmanuel Macron a opéré un exercice de communication singulier. En marge d'un sommet sur l’intelligence artificielle, le président français a confessé des «


Rédaction

Rédaction

Epstein : auditions aux USA, garde à vue princière au UK, toujours de la fumée en France, par Elise Rochefort

Epstein : auditions aux USA, garde à vue princière au UK, toujours de la fumée en France, par Elise Rochefort

Après des années d’un entre-soi protecteur, où le prestige et la fortune servaient de bouclier, les « dossiers Epstein » et leurs de 3,5 millions de pages déclassifiées le 30 janvier dernier par le Département de la Justice américain (DOJ) ont fini par emporter les derniers remparts de l’impunité. Entre Washington, Londres et Paris, le spectacle de la chute est aussi fascinant qu’effroyable. Ce n'est plus un simple scandale de mœurs ; c'est, selon les termes des experts de l'ONU, l'autopsie d'u


Rédaction

Rédaction