Les Républicains ont voté comme un seul homme la proposition de loi prétendument destinée à protéger les mineurs contre les réseaux sociaux, mais permettant d'imposer une vérification d'identité à tous les adultes sur ces mêmes réseaux. Rappelons qu'Emmanuel Macron est le principal demandeur de ce texte dont les mollahs iraniens n'osaient pas rêver dans leur propre pays.

Mes félicitations les plus acides à nos chers conservateurs de l'Hémicycle. Ils l’ont fait. Sous couvert de protéger l’innocence de nos chérubins face aux démons de TikTok et d’Instagram, ils ont voté avec l’enthousiasme de néophytes une proposition de loi qui est, en réalité, le plus beau cadeau jamais offert au flicage numérique généralisé.

Quelle prouesse intellectuelle ! Quelle audace dans la servilité !
Bientôt, ces mêmes élus devront retourner sur leurs terres, serrer des mains sur les marchés de province et expliquer à leurs électeurs — ceux-là mêmes qui hurlent au « pass sanitaire » ou au « crédit social à la chinoise » — que pour poster une photo de leur barbecue dominical, ils devront d’abord scanner leur pièce d’identité. Car c’est là que réside le génie de la manœuvre : on ne vérifie pas l’âge d’un mineur sans vérifier celui de tout le monde. Bienvenue dans l'Internet à montrer patte blanche, où l'anonymat est un crime et où la vie privée est une relique du XXe siècle.

J’ai hâte de voir la gymnastique mentale. Comment vont-ils justifier que pour « sauver » le petit Kévin d'un algorithme trop nerveux, ils ont transformé chaque citoyen adulte en suspect permanent ?
Le conservateur français est une créature fascinante. Il se gargarise de « libertés individuelles » le matin, mais réclame un gendarme derrière chaque écran l’après-midi. Il dénonce l’État nounou, mais confie les clés de sa chambre à coucher (et de celle de ses enfants) au ministère de l'Intérieur ou, pire, à des prestataires de vérification tiers dont la sécurité est aussi étanche qu'une passoire.

Messieurs les élus, si vous aviez besoin d'un rappel : la responsabilité parentale ne se délègue pas à un algorithme d'État. Si vous craignez que vos enfants voient des horreurs, enlevez-leur leur smartphone ou, idée révolutionnaire, parlez-leur. Mais non, il est tellement plus simple de sacrifier la liberté de soixante millions d'adultes sur l'autel de votre paresse éducative et de votre électoralisme moralisateur.
Vous pensiez ériger un rempart pour protéger la jeunesse ? Vous avez simplement construit la porte d'entrée d'un panoptique numérique dont vous ne possédez même pas les clés.
Savourez votre victoire. Votre électorat, lui, risque d'avoir un réveil difficile quand il comprendra que pour accéder à sa dose quotidienne d'indignation sur les réseaux, il devra d'abord demander la permission à l'État. Mais après tout, c'est pour « leur bien », n'est-ce pas ?
Dans ce monde saturé d'informations lissées, le Courrier des Stratèges vous offre une lecture sans filtre des enjeux réels. Notre nouveau guide, « Stratégies de gestion de crise pour l'épargnant particulier », n'est pas une simple analyse théorique ; c'est une feuille de route tactique heure par heure.
Nous y décryptons :
- La taxonomie des crises : du Flash Crash algorithmique à la crise systémique de type Lehman Brothers.
- Le protocole des 3 jours : pourquoi le Jour 1 doit être celui de « l'inertie radicale » et du silence radio.
- La stratégie de rééquilibrage : comment transformer la menace en opportunité en vendant ce qui a tenu pour acheter ce qui est soldé.
- Les filets de sécurité : comprendre les garanties du FGDR (100 000 € par banque) pour ne pas céder au bank run inutile.
Ce document a pour vocation de rationaliser votre peur et de structurer votre réaction. La richesse se construit dans la sérénité et se détruit dans la panique. Ne subissez plus l'actualité, anticipez-la.
Rejoignez le Cercle des Stratèges dès maintenant pour recevoir ce guide exclusif et protéger ce que vous avez mis des décennies à bâtir. La préparation est l'antidote absolu à la panique.
Cette offre est valable jusqu'à ce soir minuit !



