La France, en ce début d’année 2026, nous offre un spectacle malaisant, entre le bouffon et le pathétique. Tandis qu’à l’échelle du globe, les plaques tectoniques de la puissance se déplacent à une vitesse qui donnerait le mal de mer à un amiral, tandis que l’intelligence artificielle ne se contente plus de coder mais commence à décider, et que le climat nous envoie des factures que personne ne sait plus payer, Paris, elle, reste fidèle à son premier amour : elle-même.

Le grand dehors : un monde en mode « avance rapide »
À l’extérieur, le monde ne demande plus la permission. Les alliances se nouent et se dénouent en un clic, les frontières deviennent des abstractions numériques et l’histoire s’écrit en caractères gras, chaque matin, avec une brutalité de nouveau-né. C’est le vertige, le vrai. Celui qui devrait forcer au silence, à la réflexion, ou au moins à une forme de gravité solennelle. Celui où l'Occident est menacé de dissolution à une vitesse fulgurante, où le sextant qui permet de naviguer a mystérieusement disparu à bord du navire, et personne ne le retrouve.

Mais franchissez les portes de l’Assemblée Nationale, et le vertige change de nature. On quitte la stratosphère pour plonger dans une mare à canards, mais une mare à canards qui se prendrait pour l’Atlantique.
L’hémicycle ou le théâtre du nombrilisme
À l’Assemblée, on ne gère pas le monde, on gère son image dans le miroir des réseaux sociaux. La "caste", comme disent ceux qui la combattent (et ceux qui rêvent d’en faire partie), semble avoir développé une immunité remarquable à la réalité.
- Le culte de la virgule : on s'écharpe pendant trois jours sur l'adjectif d'un amendement qui ne sera jamais appliqué, alors que les algorithmes de la Silicon Valley redéfinissent la notion même de travail.
- La guerre des ego : chaque député semble habité par la conviction profonde que son interpellation à 15h02 est l’événement qui fera basculer le siècle.
- Le huis clos permanent : on y discute de « l'entre-soi » avec un sérieux papal, sans s'apercevoir que le simple fait d'en débattre entre soi est la définition même du problème.
C’est le triomphe de la micro-politique sur la macro-réalité. On s'insulte pour une cravate ou un mot de travers, on brandit le règlement intérieur comme s'il s'agissait des Tables de la Loi, pendant que, dehors, le vent de l'histoire souffle les murs de la maison.

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L'art de regarder le doigt quand on montre la lune
Le plus savoureux reste cette capacité très française à transformer chaque enjeu global en une querelle de clocher. Le réarmement géopolitique ? On en fait une question de posture électorale dans la 4ème circonscription du Loiret. La révolution technologique ? On l'aborde sous l'angle du prochain talk-show où l'on pourra briller.
"La France ne tombe pas, elle se regarde tomber avec une telle intensité qu’elle finit par oublier de toucher le sol."

Pendant que l'ordre mondial se redistribue sans nous, nos élus continuent de peigner la girafe parlementaire avec un zèle qui force l'admiration. C'est l'orchestre du Titanic, certes, mais un orchestre qui s'engueulerait sur le choix du morceau alors que l'eau leur lèche déjà les chevilles.
Au fond, c’est peut-être cela, le luxe ultime de la caste : avoir encore le temps de se préoccuper de soi-même quand le temps, précisément, vient à manquer à tout le monde.



