L'humeur de Veerle Daens : il y a six ans, l'auto-attestation de sortie nous transformait en enfants de la servitude

L'humeur de Veerle Daens : il y a six ans, l'auto-attestation de sortie nous transformait en enfants de la servitude


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Il y a six ans jour pour jour (plus un !), Emmanuel Macron demandait aux Français de rédiger une auto-attestation pour avoir le droit de sortir de chez eux. Retour de Veerle Daens, sur cette expérience d'absurdité collective que certains normies n'ont toujours pas "interrogée".

Dans le théâtre d’ombres de la gestion sanitaire française, un accessoire a cristallisé, à lui seul, le basculement d’une société de droit vers une société de surveillance administrative : l’auto-attestation de déplacement dérogatoire. Pour un libertarien, ce morceau de papier n’était pas une simple formalité technique, mais une inversion radicale de la hiérarchie des normes et une négation de l'autonomie de la volonté.

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L’inversion de la présomption de liberté

Le fondement de la pensée libertarienne, ancré dans le droit naturel, stipule que la liberté est la règle et la contrainte l'exception. Or, le principe même de l'attestation repose sur une logique inverse : l'enferment est devenu l'état par défaut, et chaque sortie une « dérogation » que l'individu devait s'accorder à lui-même sous l'œil vigilant du Léviathan.

En forçant le citoyen à justifier son mouvement — un droit pourtant fondamental — l'État a transformé la liberté en une concession administrative révocable. Ce dispositif a infantilisé les Français, les réduisant à un statut de « mineurs » devant rendre des comptes sur leurs moindres faits et gestes. On ne circule plus parce qu'on est libre, mais parce qu'on dispose d'un motif validé par la nomenclature bureaucratique.

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Le simulacre de la responsabilité

L'aspect le plus frappant de l'auto-attestation est son caractère autoritaire masqué sous les traits de l'engagement personnel. Dans un cadre libertarien, la responsabilité est le corollaire indissociable de la liberté. Cependant, l'auto-attestation vide le concept de responsabilité de sa substance : l'individu n'arbitre plus son propre risque en fonction du principe de non-agression (NAP) — c'est-à-dire l'obligation de ne pas causer de tort physique à autrui  — mais se contente de remplir des cases pré-établies.

L'absurdité des limites imposées (le rayon d'un kilomètre, la durée d'une heure) illustre cette déconnexion. D'un point de vue libertarien, une personne seule marchant dans un espace ouvert ne commet aucune agression contre la propriété d'autrui. Pourtant, le formulaire français ne distinguait pas le risque réel de la simple désobéissance formelle. C'est ici que réside la « pathologie bureaucratique » : le respect de la règle administrative l'emporte sur la rationalité de l'action et sur le respect mutuel des droits naturels.

Une spécificité française face à l’ordre spontané

La comparaison internationale est édifiante. Si l'Italie a utilisé l'autocertificazione, le Royaume-Uni a initialement privilégié des recommandations fondées sur la bonne foi et la responsabilité civile, sans imposer de document obligatoire pour chaque déplacement piéton.

Pour le libertarianisme, la société doit être régie par un « ordre catallactique » (spontané), où les individus coordonnent leurs comportements par la coopération volontaire. La gestion française a choisi la planification centrale rigide. En substituant la confiance par le contrôle, l'État a non seulement entravé les libertés, mais a aussi sapé la confiance publique dans les institutions de santé.

Catallaxie, présomption fatale, despotisme doux : masterclass !
Dans cette masterclass de “transition”, je reprends les concepts-clés vus dans nos premières séances de formation, et je vous annonce la suite du programme…

Conclusion : sortir de la « mise sous cloche »

En conclusion, l'auto-attestation a marqué l'avènement d'une forme d'autoritarisme bureaucratique où la survie biologique est devenue le seul horizon, au prix de l'autonomie morale. Le libertarien ne rejette pas la nécessité de se protéger ou de protéger les autres contre un virus — car le droit à la vie est la première des libertés. Il rejette en revanche l'idée que cette protection nécessite la suspension de la dignité humaine par le biais de formulaires absurdes.

La leçon de cette crise est claire : une société qui accepte de signer son propre droit de circuler est une société qui a oublié que la liberté ne se demande pas, elle s'exerce. Il est temps de repenser la sécurité sanitaire non plus comme une coercition étatique, mais comme une extension de la responsabilité individuelle et de la coopération libre.


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