L'humeur de Veerle Daens : comment Macron tue les fêtes de village

L'humeur de Veerle Daens : comment Macron tue les fêtes de village

Barrières anti-intrusion, dossiers préfectoraux, cinq buvettes par an : pourquoi les fêtes de village renoncent en 2026. La chronique de Veerle Daens.

10 min de lecture

Partager cet article

Compagnons d'absurdistan, réjouissez-vous : on a enfin trouvé l'arme qui abat ce que ni les guerres, ni l'exode rural, ni la télévision n'avaient achevé. La fête de village meurt en 2026. Pas sous les bombes — sous les pièces jointes.

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

À Notre-Dame-de-Bondeville, en Seine-Maritime, le Village festif et associatif du 27 juin n'a pas eu lieu. La préfecture avait transmis un message sans ambiguïté sur les mesures de précaution ; la commune, protectrice, a renoncé. La protection des participants, dit le communiqué, reste la priorité absolue. Protégés de quoi ? De la fête. Ils l'ont été parfaitement : elle n'a pas eu lieu.

Le cas n'est pas isolé, il est exemplaire. Partout, la même liturgie. Le seuil de déclaration a été abaissé : la fête qui se faisait de mémoire d'homme sans papier doit devenir un dossier. Un dossier avec des barrières anti-intrusion, un dispositif prévisionnel de secours, des bénévoles formés. Et, couronnement de l'édifice, cette perle réglementaire : une association n'a droit qu'à cinq autorisations de débit de boissons temporaire par an. Cinq. La sixième buvette est un crime.

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
CdS
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Dialoguons avec l'administration, puisqu'elle n'est jamais là. Nous voulons faire la fête du village. — Déposez un dossier. — Depuis quand faut-il un dossier pour danser sur la place ? — Depuis que le seuil a été abaissé. — Qui paie les barrières ? — L'organisateur. — C'est une association de onze bénévoles dont la trésorière a soixante-dix-huit ans. — Alors elle mesurera le risque. — Et si elle renonce ? — Ce sera une décision responsable.

Admirez la symétrie, mes chers lecteurs sans tableur. Le point de deal à ciel ouvert n'a jamais déposé de dossier préfectoral ; il tient tous les week-ends, sans plafond de buvettes. La solitude devant un écran ne requiert aucun Cerfa ; elle est même subventionnée par la fibre. Dans la France de 2026, une seule chose exige encore un permis : se réunir pour être heureux ensemble. L'État ne sécurise pas la convivialité, il l'instruit — comme on instruit un procès.

Et puis il y a ce qu'aucun communiqué ne dira : les fêtes qui n'auront jamais lieu. Pas annulées — non nées. Le maire qui n'ose plus, l'association qui se dissout, le village qui prend l'habitude du silence. Personne ne les comptera : il n'existe pas de formulaire pour déclarer une joie morte avant déclaration.

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Chez nous, la kermis tient depuis Brueghel. Elle a survécu aux Espagnols, aux Autrichiens, aux Français — à tous les empires qui voulaient nos âmes. Aucun n'avait pensé à exiger un dossier prévisionnel de secours.

Alors une question, compagnons, à méditer devant votre buvette numéro cinq : quand l'État aura achevé de sécuriser la fête jusqu'à l'inexistence, que restera-t-il à sécuriser, sinon votre envie de vous réunir ? Le formulaire existe peut-être déjà. Dansez pendant que c'est encore déclarable.

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Ils ont été condamnés à cause d'un logiciel — et ils attendent encore leur argent

Ils ont été condamnés à cause d'un logiciel — et ils attendent encore leur argent

Le scandale du logiciel Horizon a détruit des milliers de vies au Royaume-Uni : 900 condamnations à tort entre 1999 et 2015, 13 suicides, des faillites et des familles dévastées. La cause : un bug du logiciel comptable Horizon, déployé par le Post Office. Vingt-cinq ans plus tard, la même institution qui les a brisés gère aujourd’hui leur indemnisation et ... les fait patienter. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essenti


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Bruxelles a interdit votre sachet de ketchup — et personne ne vous a prévenu
Photo by Mockup Free / Unsplash

Bruxelles a interdit votre sachet de ketchup — et personne ne vous a prévenu

Depuis le 12 août 2026, un règlement européen décide de la façon dont vous assaisonnez votre repas. Le sachet de ketchup, de moutarde ou de mayonnaise disparaît des tables si vous mangez sur place mais reste légal si vous sortez avec votre plateau. Une interdiction absurde, une note salée pour le petit restaurateur, et une adaptation que les grandes chaînes absorbent sans ciller. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essent


Rédaction

Rédaction