L'humeur de Veerle D. : Manu des Neiges, un dernier tour de manège avant la fonte des glaces

L'humeur de Veerle D. : Manu des Neiges, un dernier tour de manège avant la fonte des glaces


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En pleine tourmente moyen-orientale et post-municipale, Macron a su placer ses priorités : il a inauguré l'attraction de la Reine des Neiges à EuroDisney. Et là, on se dit "ouf!", la France est entre de bonnes mains.

Mes chers amis, mes chers oubliés de la bureaucratie triomphante, approchez. Rangez vos codes des impôts et vos formulaires Cerfa, car l’heure est grave... ou absolument sublime de ridicule.

Pendant que la Macronie s’effondre avec le fracas d’un glacier mal dégivré, que le camp présidentiel ressemble à une partie de Jenga jouée par des manchots, où se cache notre Jupiter national ? À l’Assemblée ? Au chevet des finances publiques exsangues ? Non. Il est à Marne-la-Vallée, en train de vérifier si le château d’Arendelle respecte les normes environnementales européennes.

Le Roi Soleil au Royaume des Glaces

C’est l’image de la semaine : Emmanuel, le regard tourné vers l’horizon de carton-pâte, visitant le nouveau "Royaume de la Reine des Neiges" deux jours avant le commun des mortels. On ne se refait pas. Pourquoi subir les sifflets des gilets jaunes ou des agriculteurs quand on peut être acclamé par des automates en plastique qui n’ont pas le droit de grève ?

C’est d’une poésie libérale... enfin, façon "dirigisme pailleté". On imagine la scène :

  • Emmanuel : « Vous voyez, Brigitte, ici, la glace ne fond jamais. C’est la stabilité que je voulais pour mon gouvernement. »
  • Olaf (le bonhomme de neige) : « Je n’ai pas d’os ! »
  • Emmanuel : « Moi non plus, au sein de ma majorité, c’est fascinant. »

"Libérée, délivrée" (surtout du bon sens)

Le sarcasme est ici presque trop facile, tant la métaphore nous est offerte sur un plateau d'argent massif. Alors que ses ministres se demandent s'ils seront encore là dans six semaines, lui s'offre une immersion chez Elsa. C’est l’ultime étape du macronisme : après avoir "traversé la rue" pour trouver du travail, il traverse le miroir pour trouver une réalité alternative.

D’un point de vue purement libertarien, on pourrait presque applaudir. Quoi de plus sain que de voir un chef d’État s’occuper de parcs d’attractions plutôt que de nos vies ? S’il pouvait rester là-bas, dans ce monde merveilleux où l’inflation n’existe pas et où les dragons crachent des étincelles homologuées, nous pourrions enfin respirer.

« Le problème de la politique, c’est qu'elle se prend au sérieux. Le génie de Disney, c’est qu’il nous fait payer pour l’illusion. La différence ? Chez Disney, on sait qu'on se fait plumer, et on ressort avec des oreilles de souris. En politique, on se fait plumer, et on ressort avec une taxe carbone. »

L'effondrement : une chute de neige ?

Pendant qu’il ajuste son écharpe face à la Reine des Neiges, son camp politique vit son propre "hiver nucléaire". Les députés s'éparpillent, les alliés fondent comme neige au soleil (ou comme un budget de l’Éducation Nationale après une annonce de Bruno Le Maire).

Mais Emmanuel reste aérien. Il est au-dessus. Il survole. Il est dans la verticalité... du grand huit. Il a sans doute compris que le concept de "En Marche" était plus efficace sur un tapis roulant vers l'attraction It's a Small World.


En résumé

Alors que la France s'interroge sur son avenir, notre Président nous envoie un message clair : "Le froid ne m'a jamais dérangé." Surtout le froid polaire qui règne désormais entre lui et ses électeurs.

Au fond, c’est peut-être ça, le "Nouveau Monde" : un royaume de glace, magnifique, hors de prix, totalement artificiel, et dont le souverain est le seul à croire qu'il n'est pas en train de fondre.


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