L’étrange tropisme lesbien d’Elisabeth Borne

L’étrange tropisme lesbien d’Elisabeth Borne


Partager cet article

Elisabeth Borne n’a ni gouvernement, ni programme officiel, ni discours de politique générale à son actif. Mais elle compte déjà trois interventions publiques très tournées vers le droit des femmes et des lesbiennes. On peut comprendre que, à l’approche des élections législatives, ce soient autant de signaux envoyés à la gauche, dont elle est d’ailleurs issue. Mais, au vu du contexte national et international, ce tropisme manifeste intrigue…

En cette journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies, je veux dire à toutes les personnes LGBT+ qu’elles trouveront en moi et mon Gouvernement un allié pour défendre leurs droits et lutter contre toutes les discriminations. #17mai #IDAHOBIT2022

— Élisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) May 17, 2022
EN DIRECT | Agir en faveur de l’égalité des chances et de l’émancipation des jeunes filles et jeunes femmes : la Première ministre @Elisabeth_Borne s’exprime depuis le Pôle Molière des Mureaux. https://t.co/zhYm9KBm44

— Gouvernement (@gouvernementFR) May 19, 2022

Dès la passation de pouvoir, Elisabeth Borne a dédié sa nomination aux « petites filles ». On peut le comprendre : elle n’est que la deuxième femme Premier Ministre en France, après la très brève (et peu concluante) expérience d’Edith Cresson sous Mitterrand. Assez légitimement, cette nomination est symbolique et l’on comprend qu’elle mérite d’être signalée comme telle.

Mais… dès le lendemain de cette dédicace touchante, la Première Ministre, toujours à la recherche de son gouvernement, dont la constitution semble aussi laborieuse qu’urgente, a trouvé le temps de faire un autre tweet, cette fois dédié à la journée de lutte contre les LGBTphobies, cause dont peu de gens savaient qu’elle donnait lieu à une journée spéciale. Et, pour la circonstance, la Première Ministre a déclamé une phrase plus forte encore qu’un discours de politique générale : « toutes les personnes LGBT+ trouveront en moi et mon gouvernement un allié pour défendre leurs droits ».

Donc, Elisabeth Borne n’a pas encore de gouvernement, mais elle sait déjà que son utilité pour ainsi dire première sera de défendre les droits des LGBT…

Toujours sans gouvernement, Elisabeth Borne a trouvé le temps de faire une première sortie publique, cette fois aux Mureaux, où elle a pris position en faveur de l’émancipation des femmes et des jeunes filles.

Mais ça devient une manie !

Ce n’est pas que les LGBT nous gênent, ni les femmes, ni les jeunes filles, ni les petites filles, mais enfin, il y a quelques sujets sur le feu qui méritent aussi d’être traités : la formation du gouvernement, la guerre en Ukraine, la relance économique, les pénuries qui s’annoncent. Mais, rien de tout cela ne semble préoccuper ni Elisabeth Borne, ni Emmanuel Macron. Ce qui semble essentiel dans le chaos qui nous entoure, c’est la question des femmes et des LGBT…

L’étrange poids de l’homosexualité dans le système Macron

Forcément, cette insistance disproportionnée sur des problèmes réels, mais déconnectés des urgences imposées par l’actualité intrigue et pose la question de l’homosexualité et de l’orientation sexuelle dans le système macronien. Nous avons déjà pointé la troublante tétanie présidentielle face aux rumeurs autour de Brigitte Macron. Nous sommes maintenant perturbés par l’attachement de la Première Ministre à des problématiques proches, alors que la maison France est désormais cernée par des problèmes autrement plus importants.

Là encore, soyons clairs : mon propos n’est pas de dire que la vie privée des ministres soit importante, ni que l’homophobie soit défendable. Mais épingler ces sujets en tête d’affiche quand on n’a pas encore de gouvernement, qu’on ne semble pas prêt d’en avoir, alors que l’Europe est en guerre et que l’économie est au bord du gouffre, c’est quand même bizarre.

La macronie est-elle le fait d’un lobby qui fait passer sa vision minoritaire de la réalité avant l’intérêt général ? Après le douloureux épisode du passe vaccinal où Macron a affiché sa volonté de discriminer les non-vaccinés, cette affirmation de vouloir lutter contre les discriminations dont les homosexuels seraient victimes donne le sentiment que le lobby LGBT est au pouvoir et, discrètement, sans le dire, va souffler sur les braises sans le moindre intention de recoudre les plaies ouvertes par le précédent quinquennat.

Tout ceci me semble de très mauvaise augure. Elisabeth Borne voudrait se camper dans le rôle d’une prisonnière sectaire de quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt du pays qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le gouvernement lutte-t-il vraiment contre la corruption? par Elise Rochefort

Le gouvernement lutte-t-il vraiment contre la corruption? par Elise Rochefort

En ce mois de décembre 2025, alors que la France célèbre la Journée internationale de lutte contre la corruption, l'ambiance n'est pas à la fête dans les couloirs de Bercy ou de la Place Vendôme. Si la communication officielle vante un arsenal législatif "robuste" et un nouveau Plan national 2025-2029, la réalité du terrain, elle, raconte une tout autre histoire : celle d'un État aveugle, fauché et en guerre ouverte contre ses propres vigies citoyennes. À la lecture du dernier rapport de la C


Rédaction

Rédaction

Une bulle IA ? Oui, mais radicalement différente de la bulle internet, par Eric Lemaire
Photo by Emiliano Vittoriosi / Unsplash

Une bulle IA ? Oui, mais radicalement différente de la bulle internet, par Eric Lemaire

L’époque bruisse désormais de la possibilité d’une bulle autour de l’intelligence artificielle. Les performances spectaculaires des modèles, la course aux GPU, les valorisations stratosphériques de certains acteurs technologiques et les interrogations naissantes autour des comptes de Nvidia remettent sur la table un vieux réflexe : celui d’annoncer un nouveau krach à la manière de celui de 2000. L’avenir dira si une correction violente se produira, mais une chose est déjà certaine : même si bull


Rédaction

Rédaction

Vol chez un ministre : quand l’insécurité révèle la faillite du gouvernement
Photo by ev / Unsplash

Vol chez un ministre : quand l’insécurité révèle la faillite du gouvernement

Le cambriolage du domicile de Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, révèle bien plus qu’un simple fait divers. Il expose au grand jour une culture de la vulnérabilité et de l’irresponsabilité qui a gangrené le pays. Dans une France où les citoyens se sentent exposés, l’affaire illustre l’incapacité du pouvoir à assurer sa propre protection, encore moins celle du public. Le dimanche 19 octobre, l’appartement du ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre a été cambriol


Rédaction

Rédaction

Parlementaires, sauvez la France au lieu de sauver votre siège!

Parlementaires, sauvez la France au lieu de sauver votre siège!

Il est des rituels dans la République finissante qui tiennent plus de la messe des morts que de la délibération démocratique. L'examen automnal du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) est de ceux-là. Alors que la France s'enfonce dans l'hiver démographique et que ses comptes sociaux virent au rouge sang, la représentation nationale s'apprête, une fois de plus, à jouer la comédie du débat budgétaire. Le titre de cette chronique n'est pas une provocation, c'est un constat c


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe