Par Thibault de Varenne
Le 30 septembre, Sébastien Lecornu présentera un budget « sans hausse d'impôts ». Il contiendra une sous-indexation des pensions au-dessus de 2 000 ou 3 000 euros. Six milliards sont en jeu, ceux que coûterait l'indexation intégrale. On appelle cela une économie. C'est une retenue, et la différence dit tout de la méthode.
Le chiffre est de Bercy : indexer les pensions sur une inflation attendue à 2 % coûterait six milliards d'euros en 2027. La charge totale des retraites, elle, s'alourdira de douze. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui présentera son projet de loi de finances le 30 septembre, a donc choisi de ne pas rendre une partie de ces six milliards. Il ne le dit pas ainsi. Il dit qu'il ne touchera pas aux « grands leviers fiscaux », qu'il « n'est pas à ce gouvernement » de le faire à quelques mois d'une présidentielle, et que l'effort portera sur la dépense. Puis il ouvre le dossier des pensions supérieures à 2 000 euros, ou à 3 000, selon ce que le Parlement tolérera. Deux seuils circulent : le premier rapporterait 1,5 milliard, le second 700 millions. On voudrait y voir une réforme ; on s'y emploie ; on y met les mots qu'il faut, « contribution », « équité », « effort partagé ». Mais le mot ne tient pas.
Une pension n'est pas une prestation. C'est un droit acquis par quarante années de