Les municipales, très mauvais signal pour la majorité présidentielle

Les municipales, très mauvais signal pour la majorité présidentielle


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Les élections municipales, même biaisées par le coronavirus, portent plusieurs tendances dont l'une est indiscutable : le naufrage des candidats portant une étiquette LREM. Pour le reste, le scrutin confirme surtout l'ancrage des métropoles dans la mouvance écologiste.

Il est évidemment téméraire d’analyser de façon monolithique les élections municipales dont le premier tour s’est tenu hier dans un contexte de tension liée au coronavirus. Il n’en reste pas moins que quelques constantes marquantes se dégagent au-delà des biais qui entachent les résultats.

Défaite marquante de la majorité présidentielle aux élections municipales

Emmenée par un Édouard Philippe qui n’a pas été réélu au premier tour au Havre, la majorité présidentielle engrange les contre-performances partout sur le territoire.

Ainsi, à Paris, alors qu’Emmanuel Macron avait remporté la majorité relative aux présidentielles dans la capitale, Agnès Buzyn n’arrive qu’en troisième position avec 17,6% des voix, contre 30,2% pour Anne Hidalgo, la sortante. Comme prévu par les sondages, la liste Buzyn est aussi distancée par la liste de Rachida Dati. Quant à Cédric Villani, il s’est effondré avec 6% des voix.

Ailleurs, les résultats sont pires ! On retiendra qu’à Lyon, Gérard Collomb arrive loin derrière la liste écologiste qui réalise un quasi-grand chelem. Dans certaines villes, la situation vire même à la catastrophe. C’est par exemple le cas à Montpellier où le député LREM Patrick Vignal atteint péniblement les 6% des voix, et se place en 8è position. À Marseille, Yvon Berland n’atteint pas les 8%, et se classe en 6è position. À Nantes, Valérie Oppelt se classe en 4è position avec 13% des voix.

À Bordeaux, le conseiller de l’Élysée Thomas Cazenave est également 3è avec moins de 13% des voix.

Alors que Macron était largement le candidat des métropoles contre les campagnes, ses listes sont très largement désavouées par sa base électorale. Il devrait y réfléchir mûrement avant d’aborder 2022.

Les métropoles s’affichent en vert

L’autre tendance dominante du scrutin tient à la suprématie des écologistes dans les grandes villes.

À Paris, la situation est un peu particulière dans la mesure où la maire sortante a assez habilement siphonné les voix de David Belliard, relégué en quatrième position avec un 11,6% des voix. Pire, David Belliard lui-même n’est arrivé que 3è dans l’arrondissement où il se présentait (le 11è), avec 13,4% des voix. On notera toutefois que, dans le 18è arrondissement, les Verts arrivent en deuxième position, avec 17,15% des voix, devant le candidat macroniste Pierre-Yves Bournazel qui avait eu l’intention de transformer cet arrondissement en fief.

Mais, dans les autres métropoles, les Verts réalisent de très belles percées. C’est particulièrement le cas à Lyon où Grégory Doucet arrive très largement en tête avec 28,5% des voix (et relègue le candidat de Gérard Collomb en 3è position). À Strasbourg, Jeanne Barseghian est en tête en frôlant les 28%. À Lille, Stéphane Baly talonne Martine Aubry avec près de 25% des voix. À Bordeaux, Pierre Hurmic, qui a fédéré la gauche, manque d’être en tête au premier tour à 100 voix près. À Toulouse, la liste de sensibilité écologiste Archipel Citoyen arrive en deuxième position devant deux autres listes de gauche.

Marseille est un cas particulier. La liste qui arrive en tête se déclare de sensibilité citoyenne et de gauche…

Mais dans l’ensemble du pays, les métropoles affichent leur préférence pour l’écologie.

La dangereuse rupture de Macron avec son électorat

Sur le fond, le scrutin prend acte de la distance qui s’est creusée entre Emmanuel Macron et son électorat initial. Depuis 2017, le Président a multiplié les signaux favorables aux élites économiques sans se préoccuper effectivement d’écologie.

Cet oubli est aujourd’hui durement sanctionné par les urnes.

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