Comment et pourquoi le Sénat s’est opposé au tout-vaccin

Comment et pourquoi le Sénat s’est opposé au tout-vaccin


Partager cet article

Par JULIEN G. – Aujourd’hui était étudiée la proposition de loi des Sénateurs PS sur l’instauration d’une obligation vaccinale généralisée. Il semble que la fragilité juridique de cette obligation soit une des principales raisons. Enfin, et pour la 1ere fois depuis 18 mois, il a été admis qu’il n’existait pas de consensus scientifique sur la vaccination de masse pouvant justifier une telle loi. Cependant derrière ce sursaut démocratique, l’ombre de la prolongation du pass sanitaire plane toujours.

Ppl20 811 de Laurent Sailly

1.Fin de non-recevoir par le Sénat

Le vaccin contre le covid-19 ne rejoindra donc pas la liste des vaccinations obligatoires dans le Code de la santé publique, comme le souhaitaient les socialistes.

Une écrasante majorité (262 voix contre et 64 voix pour) a balayé l’article unique de cette proposition de loi.

Cette dernière battait déjà de l’aile depuis le rejet de la commission des affaires sociales du Sénat.

2.Un caractère expérimental fragile juridiquement

La sénatrice (LR) de Haute-Savoie Sylviane Noël a indiqué dans l’hémicycle de la chambre haute que :

« Rendre obligatoire l’administration de vaccins génétiques dont la phase expérimentale est toujours en cours, est ainsi politiquement imprudent et moralement condamnable. C’est même impossible juridiquement dans l’état actuel de la réglementation pour des raisons parfaitement fondées liées à la préservation de la santé publique et au libre consentement de chacun. »

Cette prise de parole n’a pas manqué de susciter de vifs reproches et émois de certains sénateurs.

Néanmoins, cette intervention résume tout ce que beaucoup d’intellectuels, de scientifiques, de journalistes et d’avocats défendent depuis des mois.

Il est, aussi, important de rappeler l’augmentation croissante des recours devant les juridictions sur la suspension des soignants, dont la plupart font échos au caractère conditionnel de l’autorisation de mise sur le marché des vaccins.

3.Aucun consensus scientifique, une sénatrice secoue l’assemblée

Dans une intervention remarquée, Muller-Bronn, sénatrice du Bas-Rhin (apparentée LR) , a mis les socialistes devant leur propres contradictions et rappelé que ceux qui osent douter, réfléchir, faire un autre choix ne sont pas d’obscurs complotistes.

Elle a poursuivi en indiquant que « l’Académie de médecine est contre une troisième dose généralisée, et que Alain Fischer indique que le contexte actuel ne justifie pas une vaccination obligatoire. » et « les décisions des pays nordiques sur l’administration du vaccin Moderna » devait nous alerter collectivement sur sur l’insuffisance des preuves sur l’efficacité et l’innocuité du vaccin.

Elle rappelle que le Sénat n’est pas la chambre d’enregistrement du Conseil scientifique et demande aux représentants de la nation de « faire un bilan rationnel, en sortant de la doctrine tout-vaccinal »

Elle en conclue qu’il n’y a « pas de consensus scientifique sur la vaccination de masse » et elle préconise de réhabiliter l’immunité naturelle et de rendre aux médecins le droit de soigner.

4.Un élan démocratique à confirmer

L’échec des socialistes sur l’obligation vaccinale est une aubaine pour le gouvernement.

En effet, n’étant pas les instigateurs de ce sujet qui divise et fracture la société française, l’exécutif se laisse la possibilité de prolonger le pass sanitaire.

Renforcé par le dernier avis du Conseil scientifique du 6 octobre, il entend se prémunir de tout procès en imprévoyance en cas de regain.

Cependant, dans la lignée des précédentes positions exprimées par le Sénat en matière d’état d’urgence sanitaire, Gérard Larcher ne masque pas son opposition à une prolongation trop longue votée en une seule fois par les deux chambres.

Espérons que les Sénateurs sauront comme aujourd’hui dire non à un gouvernement souhaitant continuer à confisquer une partie des libertés publiques et fondamentales.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : l'ambassadeur US l'humilie, Barrot part bouder dans sa chambre

L'humeur de Veerle Daens : l'ambassadeur US l'humilie, Barrot part bouder dans sa chambre

Mes chers amis du « rayonnement français » (ce concept vintage, entre le Minitel et le camembert au lait cru), asseyez-vous. Prenez un cognac, c’est tout ce qu’il nous reste de prestige liquide. Aujourd’hui, la France a tenté de faire les gros bras. Le Quai d’Orsay a « convoqué » l’ambassadeur des États-Unis. Résultat ? Le diplomate a probablement regardé son agenda, vu qu’il avait un tournoi de paddle ou une dégustation de donuts, et a simplement répondu : « New phone, who dis ? ». Le minist


CDS

CDS

La probabilité d'un conflit régional impliquant l'Iran désormais supérieure à 75%, par Thibault de Varenne

La probabilité d'un conflit régional impliquant l'Iran désormais supérieure à 75%, par Thibault de Varenne

L'essentiel : le Moyen-Orient est au bord d'une conflagration systémique alors que l'administration Trump durcit sa posture face à Téhéran. Les analystes et les marchés de prédiction estiment désormais à plus de 75 % la probabilité d'une intervention militaire américaine ou d'un conflit régional majeur d'ici le printemps 2026. Pourquoi c'est important : Contrairement aux crises précédentes, celle-ci combine un ultimatum temporel de la Maison-Blanche, un déploiement aéronaval massif et une in


Rédaction

Rédaction

Indiscrétions : quels sont les amendements polémiques à la loi sur l'aide à mourir adoptés cette semaine, par Elise Rochefort

Indiscrétions : quels sont les amendements polémiques à la loi sur l'aide à mourir adoptés cette semaine, par Elise Rochefort

Depuis le début de l'examen en deuxième lecture à l'Assemblée nationale le 16 février 2026, les débats ont abouti à l'adoption de plusieurs amendements structurants sur les deux textes relatifs à la fin de vie. Proposition de loi « Soins palliatifs et d’accompagnement » (terminée le 18 février) L'examen de ce texte, jugé plus consensuel, s'est achevé le mercredi 18 février 2026. * Sécurisation juridique des soignants : un amendement porté par Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) a été adopté p


Rédaction

Rédaction

Salon de l’Agriculture : quand la vitrine rurale vire au chaos

Salon de l’Agriculture : quand la vitrine rurale vire au chaos

Dimanche 22 février 2026, le Salon de l’Agriculture a basculé dans la violence. Une rixe au pavillon 4 a conduit à 15 interpellations et deux blessés parmi les forces de l’ordre. Un incident révélateur d’un climat plus large, c’est le symptôme d’un pays qui se délite. Le Salon de l’Agriculture 2026 bascule dans la violence. Dimanche soir, le pavillon 4 a été le théâtre d’une rixe généralisée, soldée par 15 interpellations. Entre dérives alcoolisées et faillite de l’ordre, cet incident illustre


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany