Le calendrier judiciaire n'est jamais le fruit du hasard dans une démocratie en crise de légitimité. À Paris, le feuilleton des assistants parlementaires du Rassemblement National (RN) reprend ses droits. Ce mardi 20 janvier, le député Julien Odoul a affronté le feu des questions de la présidente Michèle Agi. Au-delà des faits reprochés, ce procès illustre la volonté de l'appareil d'État de "rediaboliser" un mouvement qui menace l'équilibre de la caste dirigeante.

La cour d’appel de Paris examine jusqu’au 11 février le dossier dit des assistants parlementaires du Rassemblement national. Julien Odoul, député RN, y a défendu sa position mardi, sous le feu des questions de la présidente de la cour. L’enjeu dépasse la simple culpabilité individuelle : il s’agit d’une affaire à haut risque politique pour Marine Le Pen, menacée d’inéligibilité, alors même que son parti est un pilier incontournable de l’équilibre parlementaire actuel.
Le cas Julien Odoul, symptôme d’un système flou
L’audition de Julien Odoul illustre les zones grises du fonctionnement des partis politiques français au Parlement européen. L’élu reconnaît avoir travaillé principalement pour le parti, tout en étant rémunéré comme assistant parlementaire. Les échanges de SMS évoquant un « montage financier » renforcent l’idée d’un système organisé, ou du moins toléré, à l’époque.
L'interrogatoire a montré une présidente de tribunal, Michèle Agi, particulièrement offensive. Face à un Julien Odoul "brouillon" et "peu convaincant", la magistrate a pointé ce qu'elle perçoit comme une hypocrisie systémique. Le député de l’Yonne a fini par admettre à demi-mot avoir travaillé essentiellement pour Marine Le Pen, se disant « laissé à l’abandon » par son eurodéputée de tutelle, Mylène Troszczynski. En pointant la "négligence" ou le "caractère" d'Odoul, le tribunal cherche à atteindre, par ricochet, la cheffe de file.
Mais ce dossier pose aussi une question structurelle : le cadre européen des assistants parlementaires est-il volontairement ambigu ? Pendant des années, ce type de pratiques a concerné plusieurs formations politiques, sans provoquer la même intensité médiatique ni judiciaire.
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Une justice sous pression politique et médiatique
Le procès intervient dans un contexte où Marine Le Pen joue un rôle central à l’Assemblée nationale. Sans être au pouvoir, son groupe parlementaire est devenu incontournable pour la stabilité institutionnelle. Cette réalité nourrit le soupçon d’un calendrier judiciaire qui dépasse le simple respect du droit.

La couverture médiatique, largement à charge dès l’ouverture du procès, participe à cette impression de « re-diabolisation » d’un parti pourtant installé durablement dans le paysage électoral. Pour un observateur libertarien, le problème n’est pas de nier les faits, mais de s’interroger sur l’égalité de traitement et l’instrumentalisation possible de la justice.
Inéligibilité : une arme politique redoutable
La menace d’inéligibilité pose un problème démocratique fondamental. En empêchant un candidat majeur de se présenter, ce n’est pas seulement une personne que l’on écarte, mais des millions d’électeurs que l’on prive de choix. La justice devient alors un acteur direct de la compétition politique.

Dans un État de droit, la sanction pénale devrait viser la réparation et la dissuasion, non la recomposition du champ politique. Or, en France, l’inéligibilité est devenue une peine de plus en plus utilisée, souvent dans des affaires de financement, révélant un glissement préoccupant.
Le procès du RN dépasse la simple affaire de fraudes. Il révèle les contradictions d’un État qui entretient un système opaque de dépenses et le punit sélectivement. Il expose le risque de voir le judiciaire servir de champ de bataille pour régler des comptes politiques, surtout lorsqu’un parti anti-système devient incontournable. La leçon libertarienne est simple : moins il y aura d’argent public à détourner, moins il y aura de « montages financiers » et de procès aux relents politiques.


