Le Conseil d’Etat tarde à se prononcer sur le port du masque dans la cour de récréation

Le Conseil d’Etat tarde à se prononcer sur le port du masque dans la cour de récréation


Partager cet article

A la mi-décembre 2021, un recours a été déposé devant le Conseil d’Etat contre le port du masque obligatoire dans les cours de récréation. La haute juridiction administrative joue la montre – ou fait la morte – coincée entre le délire sanitaire de certains enseignants et l’exaspération grandissante de bon nombre de parents. Mais c’est bien son rôle que d’être un régulateur, et il a récemment beaucoup moins tergiversé s’agissant de la vaccination des soignants.

La procédure de référé-suspension est une procédure d’urgence qui permet de suspendre une décision administrative, notamment lorsqu’il existe un doute sérieux quant à sa légalité. Le juge des référés se prononce dans un délai variant de 48 heures à un mois ou plus en fonction de l’urgence (nous ne sommes pas dans un cas de référé liberté qui lui impose un délai de réponse de 48h).

Le port du masque pour les enfants mis au placard

Le recours contre le décret Premier Ministre déposé par le Maître de conférences Orléanais, Dominique Messineo, accompagné de son avocat Me Maxime Thiébaut, a été rejeté une première fois par le Conseil d’Etat un peu avant noël, puis une requête a été réintroduite il y a maintenant 10 jours.

Toujours aucun signe d’une éventuelle audience, des choses plus urgentes à régler peut-être ? ou juste un léger parfum de lâcheté dans l’air ?

Pour rappel, le port du masque en extérieur pour les adultes avait été annulé par une première décision d’un tribunal administratif, ce qui avait emboîté le pas au Conseil d’Etat qui avait justifié sa décision par des motifs de proportionnalité.

Il est tout à fait incompréhensible que les enfants y soient toujours soumis – au moins – en extérieur. Rappelons que le port du masque à partir de 6 ans ne repose encore une fois sur aucun fondement scientifique établi, il est donc évident que le Conseil d’Etat n’a d’autre choix que d’aller dans le sens de cette requête, même s’il ne semble pas être très pressé de le faire.

Nos enfants sont encore une fois les victimes de l’irrationalité des politiques et de la lâcheté des « contre-pouvoirs ».

Une réponse beaucoup plus rapide pour les soignants

Le 28 janvier 2022, le Conseil d’Etat avait été beaucoup plus expéditif avec les soignants lorsqu’il avait été saisi de trois questions prioritaires de constitutionnalité (décisions n°457879, n°458261 et n°458102) portant sur la loi rendant la vaccination obligatoire à ce personnel. (pour rappel il est possible de faire un contrôle a posteriori de loi devant la juridiction administrative).

A cette occasion il avait estimé l’absence d’atteinte à l’inviolabilité du corps humain et à la dignité de la personne – et que cette vaccination pouvait être suspendue en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique et des connaissances médicales et scientifiques (rassurant pour les soignants).

L’efficacité de la vaccination contre le Covid-19  » étant établie en l’état des connaissances scientifiques » et ne provoquant « que des effets indésirables mineurs et temporaires ».

Une démonstration aussi tranchée, minimisant les risques du port du masque pour les plus petits, sera beaucoup plus difficile à tenir concernant les enfants.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes
Photo by Waldemar Brandt / Unsplash

Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes

Le 4 avril 2007, un habitant de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) validait une grille au tabac-presse du quartier et empochait 5,8 millions d’euros au Loto. Dix-huit mois plus tard, la fortune avait fondu. Aujourd’hui endetté de quelque 150 000 euros, avec ses deux maisons hypothéquées, il confie à la radio locale Ici Béarn Bigorre une « haine astronomique » envers l’escroc rencontré en chemin et regrette amèrement d’avoir ignoré l’accompagnement proposé par la Française des Jeux. Une histoire ban


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe