COVID: le CDC américain abandonne ses recommandations vaccinales

COVID: le CDC américain abandonne ses recommandations vaccinales


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Alors que plusieurs États américains, dont l’Idaho, le Texas et la Floride, suspendent leurs programmes de vaccination anti-COVID-19, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) s’apprêtent à abandonner leurs recommandations universelles pour adopter une approche ciblant les populations à risque , principalement les personnes âgées ou immunodéprimées . Ce revirement constitue un désaveu significatif des politiques sanitaires imposées depuis 2021.

Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain s’apprête à modifier ses directives concernant la vaccination contre le Covid-19 selon des responsables de l’agence mardi. Depuis 2020, la gestion de la pandémie aux États-Unis a cristallisé les tensions entre santé publique et libertés individuelles. L’obligation vaccinale, comparée au « pass sanitaire » américain, a provoqué un tollé au sein de l’opposition républicaine, alimentant un scepticisme durable. Des États conservateurs comme l’Idaho, où six comtés ont interdit la distribution du vaccin, ou le Texas et la Floride, illustrent cette fracture. Pour le Dr Jamie Loehr, membre du comité consultatif des CDC, « le COVID reste une maladie dangereuse et fréquente », mais le discours sanitaire peine à convaincre une population lassée. Malgré une communication agressive, les taux de vaccination COVID-19 sont aujourd’hui en chute libre. Moins de 25 % des adultes et 13 % des enfants ont reçu une injection lors de la dernière campagne. En parallèle, la population américaine bénéficie désormais d’une immunité largement acquise par l’infection naturelle, plus durable selon de nombreuses études que celle conférée par les vaccins.

Vers un changement des directives des CDC sur les vaccins contre le Covid-19

Mardi, des responsables du CDC américain ont déclaré que la plupart des membres du groupe de travail de l’agence étaient favorables à la fin de la recommandation « universelle » concernant les vaccins contre le Covid-19. Celle-ci suggère que tous les Américains devraient se faire vacciner chaque année. De nouvelles directives sont donc attendues et elles seront basées sur le risque individuel de développer la forme grave de la maladie.

Notons que ce changement a été discuté au cours d’une réunion du panel mardi. S’il est adopté, seuls les adultes âgés de 65 ans et plus ainsi que les personnes atteintes d’une maladie sous-jacente les rendant vulnérables seront encouragés à recevoir au moins deux doses de vaccins par an.

Le Dr Lakshmi Panagiotalopoulos du CDC a déclaré que la plupart des membres du groupe de travail en faveur du changement souhaitent aussi un « langage permissif pour permettre à toute personne désirant une protection contre le Covid-19 de recevoir un vaccin ». Mais qu’est-ce qui a poussé le groupe du travail du CDC à envisager ces nouvelles orientations ?

Selon l’analyse présentée au panel, le fait de resserrer les recommandations aurait très peu d’effet pour de nombreux Américains. Pourtant, 74% des adultes aux Etats-Unis souffrent d’un problème de santé qui les expose à un risque élevé d’hospitalisation et de décès lié au Covid-19. On cite entre autres l’asthme et l’obésité.

Il faut aussi souligner que le groupe de travail du CDC a déjà pensé à réduire les recommandations fédérales concernant la vaccination contre le Covid-19 depuis l’année dernière. Ils ont étudié des données sur la prévalence de l’immunité induite par l’infection au virus, au Covid long, au syndrome inflammatoire multisystématique et à l’adoption du vaccin. Elles révèlent que le taux de vaccination des adultes et des enants reste faible.

Le verdict final attendu en juin

Le Comité consultatif des pratiques de vaccination du CDC est prévu se réunir en juin. Ces nouvelles directives seront le principal sujet de débat. Un vote officiel aura lieu. Les décisions du comité vont influencer la manière dont le gouvernement fédéral soutient les vaccinations. Cela inclut évidemment la politique de couverture à adopter par les compagnies d’assurance et la façon dont les médecins doivent aborder l’injection.

L’un des membres du comité consultatif, le Dr Jamie Loehr, semble être en faveur des nouvelles orientations. « Je suis heureux que nous considérions cela comme une possibilité raisonnable », a-t-il déclaré. Toutefois, tout comme d’autres conseillers, il a émis un doute quant à la faisabilité du changement. Selon Loehr, le « Covid est encore une maladie assez dangereuse et très, très fréquente. Nous ne parlons pas de 10 cas de mpox. Nous parlons de milliers d’hospitalisations et de décès ».

Des groupes médicaux extérieurs sont totalement contre à ce changement des directives sur la vaccination contre le Covid-19. Ils estiment que les nouvelles orientations pourraient ajouter des obstacles à l’accès aux vaccins. Selon le Dr Sandra Erchofer, membre du groupe de travail représentante de l’American Medical Association, les injections s’effectuent généralement auprès des pharmacies, surtout pour les adultes. « Les recommandations fondées sur les risques sont plus difficiles à appliquer pour les pharmaciens, car les patients doivent déclarer eux-mêmes leurs maladies ou les pharmaciens doivent vérifier leur liste de médicaments », a-t-elle ajouté.

Mais un autre membre du groupe de travail, le Dr Noel Brewer, a déclaré qu’il « n’existe aucune preuve tangible que les approches fondées sur les risques soient moins efficaces. C’est un sujet dont nous avons tous parlé et que certaines entreprises partagent depuis de nombreuses années, mais les données étayant cette affirmation manquent ».

Ce revirement du CDC pourrait bien constituer une première brèche dans le dogme vaccinal imposé depuis l’ère pandémique. La réalité des chiffres, l’ampleur des effets secondaires sous-estimés, l’échec de la promesse d’éradication du virus, tout pousse à une réévaluation en profondeur de cette stratégie.

En cessant de recommander aveuglément une injection annuelle à toute la population, le CDC admet implicitement que la stratégie de vaccination universelle n’était ni nécessaire, ni proportionnée. Ce tournant pourrait aussi ouvrir la voie à un réexamen critique des mesures extrêmes prises durant la pandémie, comme les confinements, dont les effets délétères sur la santé mentale, l’économie et les libertés fondamentales sont aujourd’hui bien documentés.


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