La stratégie alpha, ou le survivalisme appliqué à l’épargne et au patrimoine

La stratégie alpha, ou le survivalisme appliqué à l’épargne et au patrimoine


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Le livret A est-il un placement d’avenir ? Est-il menacé par une éventuelle crise bancaire ? Combien faut-il laisser sur ce compte en attendant mieux ? Voici nos convictions sur le sujet. Mais souvenez-vous toujours de ce précepte : vous êtes les meilleurs artisans de votre avenir, et vous êtes les mieux placés pour choisir.

Le livret A est une sorte de fétiche dans la mentalité française. Il est le bas de laine qu’on aime bien remplir de billets au cas où la tempête arriverait et qu’il faudrait un peu d’argent pour y faire face en urgence. Mais avec les risques de crise bancaire qui s’accumulent, vous êtes nombreux à vous demander s’il faut le conserver, et quelle somme il faut y laisser. Voici nos pistes pour réfléchir à une réponse à cette question délicate.

Le livret A au coeur des convoitises

Si les « en-cours » (c’est-à-dire l’ensemble des sommes placées sur ce type de livret) reste cinq fois inférieur à ceux de l’assurance-vie (320 milliards sur les livrets A contre 1.600 milliards pour l’assurance-vie), le livret A reste un placement important dans la vie des Français. Il possède plusieurs vertus, dont celui d’être rémunéré à 0,5% sans fiscalité, et d’être immédiatement liquide. On peut donc aller retirer son argent à tout moment.

Néanmoins, il présente un certain nombre d’expositions à des risques, totalement anecdotiques en temps de prospérité, mais qui prennent un peu de consistance par temps de crise. C’est pourquoi vous êtes nombreux à demander s’il s’agit encore d’un placement sûr.

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L’État mobilise l’argent du livret A pour la relance

Le livret A constitue un tel matelas de sécurité pour le pays, que le gouvernement a pris l’habitude de s’en servir comme d’un réservoir (remboursable, rassurez-vous) pour ses bonnes oeuvres. Dernières idées en date : mobiliser 1 entre 5 et 10% des en-cours pour financer la relance. En l’espèce, il s’agit d’utiliser bon an mal an 25 milliards pour financer des investissements dits d’avenir, supposés rapporter un jour de l’argent.

Dans la pratique, la réalité est souvent un peu annexe : l’État a besoin de quelques milliards par-ci par-là pour financer des projets d’investissement, et il mobilise sans recourir à l’emprunt de l’argent qui dort sur des comptes pour les financer. C’est dire si la confiance du gouvernement est grande vis-à-vis des bas de laine des Français.

Le livret A, c’est un avoir bancaire !

Dans tous les cas, il faut se souvenir que le livret A est un avoir bancaire. Pour ceux qui s’angoissent sur l’impact d’éventuelles défaillances bancaires sur leur épargne, il ne faut donc pas se voiler la face : dans l’hypothèse (peu probable, disons-le et redisons-le) d’un scénario catastrophe où tout serait balayé d’un coup, l’argent de votre livret A serait donc vraisemblablement perdu, au moins en partie, pour des raisons techniques que nous avons déjà expliquées.

Mais il faut ici se montrer raisonnable : pour qu’un scénario-catastrophe de ce genre se réalise, il faudrait que la BCE prenne l’eau, et que la crise atteigne des banques françaises sans que l’État ne puisse garantir les sommes placées, etc. Voilà beaucoup de conditions pour une seule crise qui nous amène à affirmer que la probabilité pour qu’un tel scénario ne se réalise est inférieure à 10%, et même à 5%.

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John Doe

Livret A et rendement

Le vrai problème du livret A tient à la modestie de son plafond : 22.950€. Dans la limite de cette somme, vous percevez vos 0,50% annuels d’intérêt, soit à peine plus de 100 € par an, qui ne risquent pas de vous nourrir. Avec un taux d’intérêt minimaliste, vous êtes certes au-dessus des taux directeurs de la Banque Centrale, mais vous pouvez d’emblée renoncer à tous vos rêves de prospérité ou de rente.

Pour dégager un SMIC mensuel avec les intérêts de votre livret A, il vous faudrait à la louche une bonne centaine de livrets A disséminés dans cent banques différentes. Autant dire que nous sommes loin du compte…

L’enjeu sur votre livret A est donc d’arbitrer entre la juste mesure d’une faible épargne de précaution (égale à quelques mois de salaires) qui sert en cas de coup dur inattendu, et l’ambition d’améliorer son sort, qui semble très loin de l’objet même du livret. Si votre objectif est d’arrêter de travailler pour vivre des revenus de votre épargne, le livret A n’est pas le bon placement. Si vous faites à lui, c’est vraiment pour parer au plus pressé en cas de difficulté.

Pour l’instant, pas de crainte majeure

Comme le livret A est largement un placement de précaution, on peut penser qu’en cas de difficulté systémique, le gouvernement hésitera beaucoup avant de faire payer les épargnants qui ont misé sur ce produit. Politiquement, en effet, il paierait le prix fort en s’attaquant à ce dispositif connu comme le loup blanc, et dans lequel les Français ont confiance. On peut même penser que le livret A sera le dernier outil mis à contribution en cas de crise bancaire généralisée. Cette réticence tient à la conviction (juste) qu’en privant les Français de leur épargne de précaution, la France entrerait dans une aventure politique où plus personne n’aurait rien à perdre.

Le moment ne semble donc pas venu de sacrifier son livret A, mais il faut toujours penser à diversifier son patrimoine.

Ne manquez pas notre prochain rendez-vous sur les autres livrets bancaires.


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