La solarisation des vieilles maisons d’Amsterdam divise

La solarisation des vieilles maisons d’Amsterdam divise


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Face aux enjeux climatiques, la municipalité d’Amsterdam prévoit d’installer des panneaux solaires sur les toits des maisons historiques qui bordent ses canaux, dès 2025. Une décision que les associations de protection du patrimoine désapprouvent. En effet, ces maisons historiques sont des éléments d’aménagement du territoire à part entière et un facteur d’attractivité pour l’économie locale.

Amsterdam est l’une des villes touristiques les emblématiques au monde. Chaque année, elle accueille des millions de touristes. Les maisons de canal comptent parmi les principales curiosités de la ville. Elles se démarquent par leur architecture unique. Une décision qui suscite un débat entre protection du patrimoine et transition énergétique.

Vers un enlaidissement des maisons emblématiques ?

Selon les autorités locales, les Pays-Bas, particulièrement exposés au réchauffement climatique avec un tiers de leur territoire sous le niveau de la mer, doivent réduire de 55 % leurs émissions de CO2 d’ici 2030. Cependant, cet objectif semble difficile à atteindre.

Les monuments historiques, au nombre de 10 000 dans la capitale, représentent une part significative de la consommation énergétique. Rendre ces bâtiments plus durables, selon des experts comme Jan Rotmans, pourrait permettre de réduire de manière significative les émissions de CO2 tout en préservant ce patrimoine menacé par le temps. Le nouveau gouvernement de coalisation dirigée par l’extrême-droite doit présenter des mesures adéquates pour le réduire au printemps.

Les célèbres maisons de canal d’Amsterdam, érigées entre le XVIe et le XVIIIe siècle, sont des symboles de l’architecture néerlandaise. Hautes, étroites, parfois penchées, ces habitations ne répondent pas aux normes énergétiques modernes. Mal isolées et énergivores, elles représentent un véritable défi pour la durabilité.

Jusqu’à présent, les panneaux solaires étaient autorisés uniquement sur les toits invisibles depuis la rue. Mais à partir de 2025, la municipalité souhaite élargir cette autorisation aux toits visibles, y compris ceux des monuments situés dans des zones protégées comme le Grachtengordel, un quartier inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une initiative qui divise

Si l’adjoint à la maire écologiste d’Amsterdam, Alexander Scholtes, défend cette mesure comme une nécessité pour réduire les émissions de CO2, les associations de protection du patrimoine, comme Erfgoedvereniging Heemschut, le président d’une association de protection du patrimoine s’y opposent fermement.

« Bien sûr, la durabilité est importante, mais ces panneaux solaires sont une atteinte visuelle aux magnifiques pignons du XVIIIe siècle », s’insurge Karel Loeff, président de l’association. Selon lui, ces installations dénatureront les paysages urbains protégés et créeront un « chaos visuel », malgré les règles d’alignement et de couleur promises par la municipalité.

Les associations de protection du patrimoine désapprouvent cette décision municipale d’installer des panneaux solaires sur les toits des maisons de canal. Pourtant, la municipalité estime que c’est d’une importance capitale, vu que ces bâtiments sont mal isolés et très énergivores.

« Bien sûr, la durabilité est très importante. Mais à notre avis, ces panneaux solaires sont vraiment laids et ils ne devraient pas être autorisés sur les toits visibles depuis le canal » a déclaré Erfgoedvereniging Heemschut.

Selon Mr Scholtes, Amsterdam abrite environ 10.000 monuments. Il est possible d’atteindre une durabilité responsable « tout en tenant compte de ce patrimoine culturel » a-t-il déclaré. En effet, Mr Scholtes a indiqué qu’il y aura des règles à suivre, notamment au niveau de la couleur des panneaux et de leur alignement. Il a ajouté qu’on peut rendre ces monuments plus durables « sans gâcher la vue ».

L’Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas soutient les efforts de la municipalité d’Amsterdam. Selon le professeur et scientifique dans le domaine du changement climatique, Jan Rotmans, « les monuments consomment au total 1% de la consommation de gaz et 1,5% de la consommation d’électricité aux Pays-Bas ». Il estime que la prise d’une telle mesure est nécessaire. Mais les associations de la protection du patrimoine ne partagent pas cet avis. Pour elles, placer des panneaux solaires sur les toits des maisons de canal, « ce sera le chaos ».

Pour mémoire, Ursula von der Leyen avait placé la lutte contre le réchauffement climatique au cœur de son action, en lançant le « Pacte vert pour l’Europe ». Von der Leyen se trouve fragilisée par les conséquences économiques de la ligne atlantiste qu’elle a adoptée. L’agenda environnemental ambitieux porté par la présidente de la Commission européenne soulève de plus en plus de doutes. Les résultats tardent à se concrétiser, tandis que le contexte économique difficile complique la mise en œuvre de ses projets.


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