La direction de Merck est persuadée que le Molnupiravir va générer des profits records – et qu’aucune autorité de santé n’osera parler des effets secondaires

La direction de Merck est persuadée que le Molnupiravir va générer des profits records – et qu’aucune autorité de santé n’osera parler des effets secondaires


Partager cet article

Alors que le médicament antiviral, le Molnupravir, n’a pas encore obtenu l’approbation des autorités sanitaires, le laboratoire pharmaceutique américain a déjà fait une prévision de son chiffre d’affaires suite à la vente du produit. L'entreprise pense augmenter son chiffre d'affaire de 7 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2022 grâce au Molnupravir. Le cas de ce médicament est d'autant plus intéressant qu'il démontre, exactement comme le vaccin, qu'une partie de l'industrie pharmaceutique ne réfléchit plus en termes de santé des individus mais de capacité à aspirer les ressources des Etats pour financer leur croissance.

500 millions à 1 milliard de dollars de ventes cette année

Depuis la publication des données démontrant la capacité du Molnupravir à réduire de moitié le risque d’hospitalisation et de décès chez les personnes immunodéprimées, l’antiviral est suivi de très près. Dans un monde raisonnable, il faudrait d’abord que l’entreprises réponde à toutes les objections faites à l’utilisation rapide du médicament, à commencer par les effets secondaires que certains soupçonnent d’être très importants.

Les conseillers de la Food and Drug Administration (FDA), autorité sanitaire américaine, vont se réunir en novembre pour étudier la demande d’autorisation de Merck L’entreprise pharmaceutique est persuadée qu’elle obtiendra rapidement le feu vert pour la commercialisation du Molnupravir, et elle le répète jusqu’à ce que cela devienne une prophétie auto-réalisatrice.

Comme, nous l’avons déjà évoqué dans nos colonnes, derrière la pilule anti-COVID de Merck se cache un gros conflit d’intérêts – le lobbying de Merck a obtenu un pré-achat de la part du Département de la Santé américain pour 1,7 milliard de dollars. Très optimiste, le directeur général de Merck, Robert Davis, a partagé dans une interview la prévision du groupe concernant le chiffre d’affaires généré par la vente du médicament.

Il pourrait être de 500 millions à 1 milliard de dollars pour cette année, et de 5 à 7 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2022. Il s’agit d’une estimation basée sur les contrats de pré-achat signés. Robert Davis pense que la demande va exploser.

Cette année, Merck envisage de produire 1 million de traitements, un chiffre qui pourrait tripler ou quadrupler en 2022.

Malgré les effets secondaires plusieurs accords déjà signés avec différents pays

Merck prévoit également d’octroyer une licence de vente à des fabricants de médicaments génériques. Ces derniers vont produire des versions génériques de l’antiviral pour les pays à revenu moyen ou faible.

Merck a déjà accepté de livrer 1,7 million de doses d’antiviral au Département américain de la Santé qui s’est engagé à acheter pour 1,2 milliard de dollars du produit s’il recevait de la part de la FDA une autorisation de mise sur le marché en procédure accélérée. Le laboratoire américain a aussi signé des accords de vente avec d’autres pays incluant notamment la France, qui a commandé 50.000 doses de Molnupravir sans tenir compte de ses éventuels effets secondaires.

En effet, selon un article scientifique publié en août 2021, le molnupiravir présente des risques cancérigènes, de malformations du foetus ou d’incidences sur la fertilité masculine. En dépit de cette dangerosité, on ignore pourquoi dans un communiqué de presse, ou Merck a fait part des résultats obtenus après la phase III, il n’est pas mentionné ces risques d’éventuels nocivités chez la personne traitée


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : quand les industriels européens chérissent les chaînes qui les étranglent

L'humeur de Veerle Daens : quand les industriels européens chérissent les chaînes qui les étranglent

L’heure est grave, nous dit-on. Dans les salons feutrés et les colonnes des Échos, les capitaines d’industrie battent le rappel. Le constat est sans appel : l’Europe se vide de sa substance, ses usines plient bagage, ses capacités fondent comme neige au soleil. Le cri est sincère, le diagnostic est alarmant, mais le remède proposé ressemble étrangement à une demande de pansement sur une jambe de bois... que nous avons nous-mêmes sculptée. L’humeur de Veerle Daens : affaire Epstein, pour qui


CDS

CDS

Comment Epstein s'est enrichi en captant l'héritage frauduleux de l'étrange magnat Robert Maxwell, par Elise Rochefort

Comment Epstein s'est enrichi en captant l'héritage frauduleux de l'étrange magnat Robert Maxwell, par Elise Rochefort

Tout le monde parle des milliards d'Epstein... mais l'enrichissement du criminel est "sans cause" aujourd'hui. Selon toute vraisemblance, les millions, et même les milliards d'Epstein viennent d'une fraude organisée en sous-main avec la fille du magnat britannique Maxwell, souvent considéré comme un espion du MOSSAD sous couverture. Voici ce que l'on sait, et ce que l'on ignore encore de cette affaire. L’examen des trajectoires croisées de Robert Maxwell, magnat de la presse britannique, et de


Rédaction

Rédaction

Jack Lang: qui paie ses dettes s'appauvrit

Jack Lang: qui paie ses dettes s'appauvrit

Après la diffusion des documents déclassifiés de l'affaire Epstein, le nom de Jack Lang apparaît à 673 reprises. Quelques jours plus tard, l’ancien ministre de la Culture démissionne de la présidence de l’Institut du monde arabe. Si l’enquête devra établir les responsabilités juridiques, une autre constante interroge : son rapport singulier à l’argent. Les témoignages foisonnent sur ce "seigneur" qui fuirait les paiements. Les documents déclassifiés de l'affaire Epstein ont mis en lumière les c


Rédaction

Rédaction

En Ukraine, la Russie intensifie ses avances et prépare une grande offensive, par Thibault de Varenne

En Ukraine, la Russie intensifie ses avances et prépare une grande offensive, par Thibault de Varenne

Thibault de Varenne fait le point sur les percées russes en cours en Ukraine et sur les perspectives du conflit dans les six mois. Nous rappelons que Thibault travaille avec toutes les sources existantes et ne cède pas à la facilité du biais de confirmation, dans un sens comme dans un autre. L'indépendance de l'information est essentielle. Sous le ciel de plomb de ce mois de février 2026, l’Ukraine s’apprête à franchir le cap sinistre de sa cinquième année de guerre. Dans les chancelleries occi


Rédaction

Rédaction