Le Courrier des Stratèges poursuit sa mue. Il conserve son empreinte "rebelle" libertarienne sur les sujets économiques et sociaux, avec la même affirmation élitiste. Il développe ses contenus de souveraineté individuelle en aidant chacun à faire sa sécession et à se prendre en main. En revanche, les contenus les plus exposés glissent sur Substack. Voici pourquoi.

Vous me pardonnerez, j'espère, d'entrer directement dans le vif de notre sujet en évoquant une anecdote rapportée par l'association Defense for Children International, ONG indépendante, dont le siège est à Genève, créée en 1979. Voici le lien vers son récit, mais vous en trouverez beaucoup plus sur le fil Substack dédié que je viens de lancer.

Près de Jenine, en Palestine, voici ce qui s'est passé :
Les forces israéliennes ont perquisitionné la maison des grands-parents d'Ibrahim Abu Ghali, âgé de sept ans, et d'Omar Mohammed Dirar Zaben, âgé de 13 ans, située à l'ouest de Jénine, où ils s'étaient rendus pour un court séjour tôt le matin du 10 mars, selon la documentation recueillie par Defense for Children International - Palestine. Vers 4h20 du matin, alors que la grand-mère d'Ibrahim sortait pour écouter l'appel à la prière, des soldats israéliens ont ouvert le feu, laissant le reste de la famille piégé à l'intérieur.
Les soldats ont procédé à l'arrestation d'Ibrahim, d'Omar et de leur grand-père, les forçant à se déshabiller jusqu'à leurs sous-vêtements sous la menace d'armes. Les soldats israéliens leur ont attaché les mains avec des liens en plastique et les ont maintenus à l'extérieur, exposés, par temps froid, pendant environ une heure. Ils ont ensuite été entassés sur le sol à l'arrière d'un véhicule militaire, toujours sans vêtements, avant d'être emmenés au centre d'interrogatoire de Jalameh, situé dans le nord d'Israël.
Quelle armée peut prétendre défendre la civilisation face à la barbarie, lorsqu'elle abat froidement une grand-mère qui prie devant sa porte, et lorsqu'elle dénude un enfant de sept ans, lui ligote les mains et l'emmène en pleine nuit dans un centre d'interrogatoire ? Sept ans...
Quelle armée peut prétendre défendre la mémoire des victimes de l'Holocauste en se comportant de cette façon ? Quelle cécité s'est emparée des Français pour choisir le camp de ces bourreaux en ayant l'impression de participer à une oeuvre salvatrice ?
Je fais ici mon inventaire avant fermeture. J'ai connu une époque où ce genre de crime de guerre aurait soulevé un tollé. J'ai même connu une époque où le président Chirac avait ouvertement refusé de participer à la guerre absurde et destructrice contre l'Irak.
Vingt ou trente ans après, les mêmes positions sont immédiatement soupçonnées d'antisémitisme, crime particulièrement infâmant en France où vit la deuxième diaspora juive dans le monde après la diaspora américaine.
Mais à quel risque au juste expose l'accusation d'antisémitisme ?
Pour l'instant, la loi Yadan n'étant pas adoptée, lorsque des soldats israéliens en uniforme abattent, sur un sol étranger, une grand-mère qui prie, lorsqu'ils dénudent dans la nuit un enfant de sept ans pour l'emmener dans un centre d'interrogatoire, dire qu'il s'agit d'un crime de guerre n'est pas encore criminalisé. Mais on sent bien la pression qui s'exerce pour en arriver là.
Dans l'attente de cette loi, d'autres formes de violence institutionnelle existent pour imposer le silence sur les massacres.
Elise Rochefort a fait le point sur la réglementation applicable aux personnes politiquement exposées, catégorie à laquelle, légalement, j'appartiens.

Dans la pratique, le corpus juridique français, dont la sinistre loi Sapin 2, incite toutes les grandes entreprises de notre pays à mettre les personnes qui sont politiquement exposées en quarantaine. A refuser de leur ouvrir un compte en banque. A leur refuser des prêts. A refuser de travailler avec leurs entreprises s'ils en ont.
Il y a deux ans, ma banque de l'époque a brutalement fermé six des huit comptes que j'y avais ouvert plusieurs années auparavant. Parmi les comptes fermés, il y avait mon compte personnel, mais aussi les comptes de mes entreprises. Le risque réglementaire n'est donc pas, dans mon cas, imaginaire.
Je me permets, par ailleurs, de vous suggérer de lire mon "inventaire" d'hier.

En 2020, c'est un peu par hasard que je me suis retrouvé dans la dissidence. Les mesures liberticides employées pour gérer le COVID me semblaient tellement absurdes et mensongères.
Par ailleurs, il se trouve que je souffre (je le sais depuis plus de vingt ans maintenant) d'une lésion pré-cancéreuse à l'oesophage, qui a la bonne idée de ne pas avoir dégénéré jusqu'ici. Mais, écoutant d'éminents médecins de l'AP-HP, j'avais la conviction intime qu'une petite dose d'ARN-Messager pouvait faciliter son réveil ou son activation.
Par instinct de survie, je me suis battu... parfois aux côtés de gens que j'estime encore aujourd'hui, plus souvent, malheureusement, aux côtés de personnes qui trouvaient génial de profiter du combat des autres, et de limiter leur propre engagement à quelques tweets derrière un pseudo. Depuis cette époque, l'avachissement est en roue libre : ceux-là même qui se sont spontanément qualifiés de "dissidents", de "résistants", d'"éveillés", sont la plupart du temps aujourd'hui les défenseurs les plus haineux de qu'ils combattaient à l'époque.
On ne m'en voudra pas, j'espère, de rappeler par exemple que Jacques Sapir, grand admirateur de Poutine et de son régime, grand partisan de l'économie administrée, exprimait sans vergogne sa haine et son mépris pour ceux qui n'aimaient pas l'ARN Messager. Quand je lis aujourd'hui un poutinisme forcené, une admiration pour le "social" sous la plume de ceux qui soutenaient mon combat (moi, parmi d'autres) il y a cinq ans, j'ai honte, et je n'en ressors pas avec une estime démesurée pour ces "éveillés" auto-proclamés.
De mon point de vue, les résultats aux municipales clôturent utilement le débat, s'il a pu exister. Normie ou dissident, l'humain reste humain, et le Français français. On peut avoir dénoncé son voisin à la Kommandantur en 1942 et se présenter comme résistant en 1944. On peut avoir des grands-parents qui ont aidé aux rafles sous Vichy, et pourfendre l'antisémitisme aujourd'hui. On peut donner des leçons de vertu et se comporter comme un tout petit égoïste cynique qui ne roule que pour lui.
Bref, l'hypothèse, qui a pu exister ou naître en 2020, d'une transformation libertarienne de la société est morte. Et il faut en tirer les conséquences.
Maintenant, il faut entamer la Longue Marche libertarienne. Celle qui consiste à aider concrètement à pratiquer la sécession, sans tambour ni trompette. Et pour y parvenir, il faut assurer son autarcie, donc ruser avec la réalité.
Cela signifie deux choses.
D'abord, je reste persuadé que la question du sionisme est centrale dans la compréhension du monde de 1945, qui s'efface sous nos yeux. Pour pouvoir en parler librement, j'ai décidé de créer un fil dédié sur le sujet du conflit au Moyen-Orient, y compris dans ses dimensions humaines.
Pour échapper au "red flag" du "de-risking bancaire", je prends une mesure de prudence en basculant ce fil sur Substack, et en mettant les mots-clés des articles derrière un "Paywall" qui sera au même tarif que le Courrier.
Tout est ici :

Ensuite, le Courrier conservera un ou deux articles rebelles chaque jour (mais à l'écart du seul et vrai sujet qui "criminalise" aujourd'hui - la question israélienne), et pour le reste consacrera ses colonnes à des contenus experts destinés à aider les vrais militants libertariens à pratiquer leur sécession.
J'espère que vous comprendrez tous que nous entrons, à bas bruit, dans une phase de guerre informationnelle tendue face à laquelle nous devons adapter notre mode de combat.
Merci de votre écoute !





