Le constat est brutal, mais nécessaire : la France décroche. Alors que les géants américains injectent des centaines de milliards de dollars dans l’intelligence artificielle — Google venant d’annoncer un investissement colossal de 180 milliards — une partie de nos élites et de ce que l'on appelle la "dissidence" semble avoir choisi le déni. Une question se pose aujourd'hui avec une acuité croissante : cette force de réaction, en s'opposant à la modernisation, n'est-elle pas en train de précipiter le pays vers l'abîme ?

L'investissement dans l'IA n'est pas une option technologique, c'est une urgence vitale pour échapper à la tiers-mondisation. Comme le souligne Éric Lemaire, ce virage ne se mesure plus en années, mais en mois. Si nous ne prenons pas cette place, nous condamnons la France à un déclassement définitif. Devenir un pays du tiers-monde, c'est précisément cela : être réduit à consommer les outils des autres, à subir leurs normes et à voir nos élites scientifiques fuir vers l'étranger parce que leur propre pays préfère entretenir le culte du passé.

Pourtant, la France dispose d'atouts majeurs, à l'image du succès de Mistral AI qui prouve que nous pouvons exister sur ce marché. Mais pour transformer l'essai, il faut accepter de briser les structures obsolètes, qu'elles soient administratives ou financières.
La "dissidence" : une force de réaction hostile
Le paradoxe est frappant : ceux qui se revendiquent souvent les plus radicaux dans la critique du système selon eux trop dominés par les mondialistes sont les mêmes qui rejettent l'outil qui pourrait garantir notre indépendance nationale. Cette "dissidence", enfermée dans une bulle nostalgique, perçoit souvent l'IA au mieux comme un "gadget" ou du "pipo", au pire comme une menace purement terrifiante.

En adoptant cette posture de "village gaulois" hostile au progrès, ces courants se font les alliés objectifs de nos concurrents. Comme le suggère la discussion, dissuader les Français d'investir le champ de l'IA revient à servir une stratégie d'effacement civilisationnel, un intérêt que partagent certaines puissances étrangères ravies de voir l'Europe renoncer à la course technologique. En refusant la modernisation — de la réforme de notre épargne vers l'investissement productif à l'intégration de l'IA dans nos services publics — ces mouvements ne protègent pas la France ; ils l'embaument.

Sortir de l'avachissement
La France ne peut pas rester une "exception culturelle" qui maintient admirablement le passé tout en ignorant le futur. Se moderniser n'est pas renier son identité, c'est se donner les moyens de la défendre dans un monde qui ne nous attendra pas.
Le principal obstacle au redressement n'est plus seulement institutionnel, il est dans cet "avachissement" intellectuel qui consiste à nier la réalité du progrès par simple réflexe de peur. Pour ne pas devenir un musée à ciel ouvert dépendant de technologies étrangères, la France doit d'urgence choisir la voie de l'audace contre celle de la réaction.




