Giscard, Sarkozy: l’incapacité des anciens présidents non réélus à quitter la scène

Giscard, Sarkozy: l’incapacité des anciens présidents non réélus à quitter la scène


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C'est un spectacle pitoyable que donne Nicolas Sarkozy depuis quelques mois. Incapable de renoncer à la vie politique tout en  n'ayant plus de rôle actif, il est de plus en plus ouvertement considéré comme un traître par sa famille politique. Rien n'est plus difficile, sans doute, que d'avoir été président et de n'avoir pas été réélu. En témoigne l'incapacité, assez semblable, qui fut celle de Valéry Giscard d'Estaing et qui est encore celle de François Hollande, à quitter la scène.

Je vais me coucher le coeur lourd … mais avec au fond de moi la foi de la #remontada pour la #circo7504 . https://t.co/aMOA3h7OoW

— Brigitte KUSTER (@brigitte_kuster) June 15, 2022

C’est la goutte d’eau….La manière dont Nicolas Sarkozy appuie une candidate d’En Marche contre un de ses anciens soutiens, Brigitte Kuster, candidate aux élections législatives dans la quatrième circonscription de Paris a choqué de nombreux notables chez les Républicains.

Cela vient après le non-soutien à Valérie Pécresse. Et les informations avérées selon lesquelles Nicolas Sarkozy est en pourparlers avec Emmanuel Macron pour aider ce dernier à avoir une majorité.

Comme Giscard, une blessure d'amour-propre insurmontable

Nicolas Sarkozy suit, toutes choses égales par ailleurs, le même chemin que Valéry Giscard d’Estaing. Non réélu, il ne peut pas se résoudre à décrocher. Et il accepte mal de ne plus jouer de rôle politique.

Valéry Giscard d’Estaing avait refait le cursus honorum – à une époque où l’on pouvait cumuler des mandats: il redevint conseiller général, député, président de conseil régional, député européen. Mais il ne put jamais se représenter à la présidence de la République, bien qu’il y ait très fortement pensé, entre 1988 et 1993, pour l’élection présidentielle de 1995.

Nicolas Sarkozy n’a pas refait de la politique au sens de VGE. Mais il s’est présenté aux primaires de la droite en 2016; et a été battu. Alors que Giscard avait, après sa défaite – largement due à l’inimitié avec Jacques Chirac – joué le jeu de l’union, Nicolas Sarkozy a, lui, joué un jeu trouble dans l’éviction de François Fillon en 2017. Et il a non seulement abandonné Valérie Pécresse en rase campagne mais, en fait, il s’est tenue avec une ironie mordante à distance du Congrès LR. Je me souviens l’avoir entendu, fin novembre, à une conférence littéraire organisée par le Figaro, faire rire le public sur les prétendants à l’investiture.

VGE savait encore se tenir et il s’était fixé pour tâche de faire avancer la cause de la monnaie unique européenne et d’un traité constitutionnel européen. Nicolas Sarkozy, lui, né en 1954, se comporte comme un soixante-huitard. Il ne cache pas son individualisme forcené et sa secrète satisfaction que personne à droite n’ait eu le niveau pour lui succéder.

Il reste que, dans les deux cas, rien ne semble pouvoir effacer la blessure d’amour-propre d’un président élu par le suffrage universel et ratant la réélection. François Hollande, en ne se représentant pas, a évité – au moins en partie – un tel désaveu.


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