Gestion Covid : les cabinets de conseil au cœur de l’action publique, le champ de compétence de l’Etat bafoué ?

Gestion Covid : les cabinets de conseil au cœur de l’action publique, le champ de compétence de l’Etat bafoué ?

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La crise sanitaire n’a pas fait que des malheureux. Depuis le début de cette pandémie, les grands laboratoires pharmaceutiques, les cabinets de conseil comme le mystérieux McKinsey ont vu leur chiffre d’affaires bondir. En la courte période de mars 2020 à février 2021, on recense une totalité de 28 commandes passées par le gouvernement auprès de sept cabinets afin de lui prêter main-forte dans la mise en place de la stratégie sanitaire. L’investissement est toutefois colossal avec un tarif d’expertises estimé à près de 11,35 millions d’euros.

11.35 millions d’euros distribués à des cabinets de conseil

Depuis les prémices de 2021, les Français ont pris connaissance de plusieurs noms associés à la mise en place de la stratégie sanitaire en lien avec le Covid-19. Il s’agit, entre autres, de McKinsey, d’Accenture ou encore de Citwell, dont le rôle principal est celui de conseiller et de soutenir le gouvernement dans son combat contre la pandémie. Dans cette crise, le ministère de la santé  a été pointé du doigt pour son manque de tact et sa lenteur en termes de politique de vaccination, ce dernier a pris l’initiative de demander secours auprès du cabinet américain connu sous le nom de McKinsey & Company.

Sur ce sujet, le ministre Olivier Véran avait déclaré à l’Assemblée Nationale, le 12 janvier 2021 face à la Commission des affaires sociales « il est tout à fait classique et cohérent de s’appuyer sur l’expertise du secteur privé ». Comme on pouvait s’y attendre, l’information n’a pas fait que des heureux et a joué en faveur de l’opposition qui n’a pas manqué de sauter sur l’occasion pour discréditer le gouvernement.

La députée de l’opposition Véronique Louwagie, profitant de la situation, a ainsi saisi le ministre Olivier Véran   dans le but de rendre compte des commandes passées par son ministère. Dès lors, on découvre une totalité de 28 contrats, tous datés entre mars 2020 et janvier 2021. Sept cabinets de conseil se sont ainsi partagé la somme astronomique de 11 ,35 millions d’euros afin d’aider le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire.

Des contrats et des polémiques

Si l’on devait passer les investissements au crible, on se rend vite compte que le cabinet McKinsey  est le plus avantagé dans l’histoire avec des contrats dont la somme avoisine les 4 millions d’euros. Dans la même foulée, la députée révèle un contrat de 3,2 millions d’euros basé sur « l’accompagnement dans la stratégie cible visant à doter l’ensemble du territoire français des doses de vaccins ». Véronique Louwagie, dans sa lancée, s’indigne également face à la mobilisation d’un cabinet qui fournit 5 agents à temps plein pour gérer les stocks de vaccin, un contrat qui engendre des coûts non négligeables de « 250 000 euros par semaine, 50 000 euros par jour ». Toujours selon cette dernière « C’est normalement le rôle du ministère ! »

Mais on en parle aussi au Sénat ! Valérie Boyer et Éric Bocquet ont également questionné le gouvernement  via des interrogations écrites.

Des liens d’intérêts ?

Face à l’ampleur des contrats, les élus ne peuvent s’empêcher de penser à des liens d’intérêts tissés entre le Président Macron et certains cabinets. Eric Bocquet rappelle d’ailleurs qu’ « Il y avait des liens pendant la campagne présidentielle entre Macron et McKinsey. Il n’y a pas de hasard, c’est peut-être un petit retour d’ascenseur ». Ces suspicions semblent fondées si l’on s’appuie sur une enquête effectuée par le Monde qui révèle la promiscuité du chef d’État et de McKinsey. Pour la sénatrice centriste de l’Orne, Nathalie Goulet,  « il y a un tropisme vers un cabinet américain. D’une main on plaide pour notre souveraineté, et de l’autre on emploie un cabinet américain. »


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