Le gazole dépasse à nouveau les 2 euros le litre en France, atteignant 2,07 euros en moyenne. En cause : la guerre au Moyen-Orient, qui renchérit brutalement le pétrole. Ce seuil psychologique franchi , nous révèle un enchevêtrement d’intérêts industriels, de contraintes fiscales et d’impuissance politique.

Depuis le début de la guerre en Iran, le prix du gazole continue à grimper en France. Selon les dernières données relevées auprès de 9.500 stations-service, le seuil de 2 euros le litre est désormais dépassé.
Le coût du carburant à la hausse
Depuis mardi 17 mars à 11h, le litre du gazole se vend à 2,07 sur quelque 9.500 stations-service en France. C’est le niveau le plus haut atteint depuis 2022 d’après les chiffres que les distributeurs ont fournis au gouvernement. En 24h donc, le prix du gazole a grimpé de 1% et une hausse de plus de 20% a été enregistrée depuis le début de la guerre en Iran le 28 février 2026. Faire le plein coûte de plus en plus cher.

Selon la moyenne calculée par l’AFP mardi, le coût de l’essence s’approche également du seuil de 2 euros. Dans environ 7.500 stations, le SP95-E10 se vend désormais à 1,91 euro le litre. Le prix de ce carburant a donc augmenté de 1% depuis lundi et de 11% depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Quant au SP98, le seuil de 2 euros est presque atteint. Le prix au litre est établi à 1,99 euro, soit une hausse de 0,5% depuis lundi et de 9% depuis début mars.

En raison de cette guerre au Moyen-Orient, les cours du pétrole ont également augmenté après une brève accalmie. Depuis mardi à 12,15, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a grimpé de 2,83% et atteint 103,5 dollars. Le WTI américain s’élève à 96,27 dollars, soit une hausse de 2,96%. Ces augmentations tarifaires sont liées aux attaques iraniennes ayant visé des infrastructures énergétiques stratégiques au Moyen-Orient.
Face à cette flambée, les acteurs économiques ne peuvent que subir : le carburant est devenu un luxe, mais une nécessité pour des millions de Français dont le pouvoir d’achat fond au rythme des rotations des pétroliers.
Distributeurs, État : des marges de manœuvre limitées
Face à la colère des automobilistes, les distributeurs tentent d’anticiper. Michel-Édouard Leclerc évoquait récemment une baisse possible de 30 centimes à court terme, tout en reconnaissant une forte volatilité des prix. Traduction : les acteurs privés restent dépendants des marchés internationaux et des tensions géopolitiques.

Du côté de l’exécutif, la réunion entre le gouvernement et les distributeurs n’a débouché sur aucun accord sur un éventuel encadrement des prix. Une impasse révélatrice : en France, près de 60 % du prix à la pompe correspond à des taxes (TICPE et TVA). Réduire les prix suppose donc un arbitrage budgétaire coûteux, difficilement soutenable dans un contexte de finances publiques dégradées.

Cette nouvelle flambée met en lumière une vulnérabilité structurelle : la dépendance européenne aux hydrocarbures importés. Malgré les discours sur la transition énergétique, l’économie réelle reste indexée au pétrole, exposée aux chocs exogènes.

Une question demeure : l’État peut-il encore protéger le consommateur sans creuser davantage la dette ? Entre impératif écologique, contraintes budgétaires et tensions internationales, le prix à la pompe devient le révélateur d’un déséquilibre plus profond — celui d’un modèle énergétique encore largement subi.





