Gaza, nouveau laboratoire du néocolonialisme humanitaire américain
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Gaza, nouveau laboratoire du néocolonialisme humanitaire américain


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La guerre à Gaza semble marquer une pause. Pourtant, une autre bataille — plus silencieuse — continue de se jouer sur le terrain : celle du contrôle de l’aide humanitaire. Alors que les Nations unies peinent à reprendre leurs opérations, des entreprises américaines comme UG Solutions, composées d’anciens militaires, annoncent leur volonté de « poursuivre le travail » à Gaza. Derrière le discours de sécurité et de logistique, c’est une nouvelle forme de domination qui se met en place : la privatisation militarisée de l’aide, au service d’intérêts stratégiques et économiques étrangers.

Photo: Eyad Baba/AFP via Getty Images

Sous couvert d’aide humanitaire, des sociétés militaires privées américaines comme UG Solutions s’installent durablement à Gaza. Entre militarisation de l’aide et instrumentalisation politique, la frontière entre secours et occupation se brouille dangereusement.

Une présence critiquée et non acceptée

Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, les Gazaouis ont retrouvé une lueur d’espoir. Mais l’annonce faite par l’UG Solutions lundi pourrait semer à nouveau la panique dans la région.

Selon The Intercept, cette entreprise prévoit de maintenir la présence de son groupe de vétérans américains sur le terrain.

« UG Solutions reste désireux d’aider la population de Gaza en fournissant des sites de distribution sécurisés où les ONG et les organisations internationales peuvent fournir de l’aide et des services »,

a indiqué son porte-parole.Pour rappel, l’UG Solutions a assuré la sécurité dans les quatre sites de distribution d’aide gérée par la Fondation humanitaire à Gaza (GHF). L’entreprise emploie des anciens combattants des forces spéciales américaines. Mais l’intervention de la GHF à Gaza a fait l’objet de nombreuses critiques. Depuis son arrivée dans la région, des centaines de sites de l’ONU (Organisation des Nations Unies) ont été fermées.

L’agence a également installé ses centres d’aide dans le sud de Gaza et les Palestiniens devaient parcourir des kilomètres pour atteindre ces sites. Les routes menant aux centres d’aide sont dangereuses. Nombreux sont les Palestiniens tués au cours de leur périple. Ils ont été victimes des tirs des Forces de défense israéliennes selon les Nations Unies.  

En juillet, des organisations humanitaires ont dénoncé la situation. Elles ont indiqué que les Gazaouis se trouvaient face à un dilemme : « mourir de faim ou risquer d’être abattus en essayant désespérément d’atteindre de la nourriture pour nourrir leur famille ».

« Le système humanitaire est délibérément et systématiquement démantelé par le blocus et les restrictions du gouvernement israélien, un blocus étant maintenant utilisé pour justifier la fermeture de presque toutes les autres opérations d’aide en faveur d’une alternative meurtrière et contrôlée par l’armée qui ne protège ni les civils ni ne répond aux besoins fondamentaux »

ont ajouté les groupes. La GHF est accusée d’être un simple outil politique pour Israël, un allié pour maintenir le contrôle à Gaza, et les hommes d’UG Solutions sont ses pions. En effet, le groupe de vétérans américains de l’entreprise contribue à la politisation de l’aide internationale. Voilà pourquoi, leur présence dans la région est vue de mauvais œil par les Palestiniens et la communauté de l’aide internationale.

La guerre n’est pas terminée

Selon l’UG Solutions, « la situation à Gaza peut être ténue à court et à moyen terme alors que les restes du Hamas et des clans luttent pour le contrôle des quartiers, des villes et de la bande de Gaza dans son ensemble ».

Autrement dit, l’entreprise estime que la guerre n’est pas encore terminée et que ce cessez-le-feu n’est pas durable. Son porte-parole a annoncé dans le communiqué publié lundi que :

« UG est prêt à poursuivre son travail avec la Fondation humanitaire de Gaza ou toute autre organisation internationale ou organisation non gouvernementale locale qui estime qu’une posture de sécurité accrue protégerait mieux leur personnel, leurs fournitures d’aide et leurs lignes logistiques ».

En s’adressant à l’Associated Press, les Palestiniens ont pourtant annoncé dimanche que la fermeture d’au moins trois sites d’aide du GHF fait partie des conditions du cessez-le-feu et de la remise d’otages entre Israël et le Hamas. La fondation a accepté une pause temporaire.

UG Solutions, de son côté, a déclaré à The Intercept que les trois sites près de la frontière de Gaza avec l’Egypte « restent actifs ». Ces déclarations de la société indiquent donc que même si la GHF met fin à son intervention à Gaza, UG est prêt à travailler avec d’autres organisations à but non lucratif dans la région.

L’entreprise affirme avoir les compétences nécessaires pour assurer la sécurité à Gaza.

« Notre cadre d’anciens combattants américains a chacun des décennies d’expérience dans des domaines confrontés à des troubles civils, à des menaces terroristes et limités à l’absence de gouvernance »,

a ajouté UG dans son communiqué.

Leur présence, légitimée par la rhétorique de la « sécurité », renforce la dépendance des ONG à des acteurs armés et affaiblit la neutralité de l’aide.
En recrutant des vétérans américains pour « protéger » les civils palestiniens, ces sociétés transforment Gaza en zone grise, où la guerre continue sous d’autres formes — contractuelles, financières et idéologiques.

 


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