Le 28 février, une frappe aérienne a pulvérisé l’école primaire Shajarah Tayyebeh dans la ville iranienne de Minab, au sud du pays, provoquant un carnage selon les autorités iraniennes : entre 150 et 175 morts, dont de nombreux enfants. Washington et Tel-Aviv nient toute responsabilité directe. Pourtant, une analyse d’images satellites, de vidéos et de publications sur les réseaux sociaux, notamment étudiées par le New York Times, suggère qu’une frappe de précision a eu lieu au moment même où les États-Unis ciblaient une base navale voisine des Gardiens de la Révolution près du détroit stratégique d’Ormuz.

La guerre qui s’intensifie au Moyen-Orient vient peut-être de franchir un seuil symbolique. Le 28 février, une frappe aérienne a frappé l’école primaire Shajarah Tayyebeh dans la ville iranienne de Minab, au sud du pays, provoquant un carnage selon les autorités iraniennes : entre 150 et 175 morts, dont de nombreux enfants.
Une frappe au cœur d’une zone militaire sensible
Minab se situe à proximité du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. À quelques centaines de mètres de l’école se trouverait une base navale exploitée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
Selon un ensemble de preuves rassemblées par le New York Times,– via des images satellite , des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées – la frappe qui a détruit l’établissement scolaire semble avoir coïncidé avec une opération militaire visant ces installations navales. Des responsables américains ont d’ailleurs reconnu que les forces américaines frappaient à ce moment-là des cibles navales iraniennes dans la région.
Le bilan humain reste difficile à vérifier. Mais les autorités iraniennes rapportent 150 à 175 victimes.
Washington et Tel-Aviv dans l’embarras
Officiellement, aucun camp n’assume la frappe.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que « les États-Unis ne viseraient jamais délibérément une école » et a annoncé l’ouverture d’une enquête du Pentagone. La Maison Blanche, interrogée sur une éventuelle responsabilité américaine, s’est contentée d’un prudent : « pas à notre connaissance ».

Du côté israélien, l’armée affirme ne pas être informée d’une frappe dans cette zone. Le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a insisté sur la précision des opérations israéliennes.
L’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée en Norvège, mène également sa propre enquête. Elle estime qu’environ 170 élèves pourraient avoir été présents dans l’établissement au moment de l’explosion. Ce cynisme des élites, qui minimisent les "dommages collatéraux" pour justifier leurs interventions, évoque les mensonges passés sur l'Irak ou la Libye, ou à Gaza.

Cette tragédie de Minab nous rappelle que les frappes « chirurgicales » se déroulent souvent dans des environnements urbains où la frontière entre cible militaire et population civile est floue.

Pour Washington et ses alliés, le risque est double. D’un côté, un drame humanitaire susceptible d’alimenter la propagande iranienne dans toute la région. De l’autre, une perte de crédibilité internationale si l’enquête confirme qu’une opération américano-israélienne a frappé une école. Dans un Moyen-Orient déjà au bord de l’embrasement, chaque erreur militaire peut devenir l’étincelle d’une nouvelle escalade incontrôlable.


