Souvenez-vous du printemps dernier. Les plateaux de télévision résonnaient des promesses lyriques du gouvernement : « 15 % de baisse sur votre facture d'électricité en 2025 ! ». Une annonce brandie comme un bouclier contre la grogne sociale, une sorte de manne providentielle qui devait, enfin, rendre du pouvoir d'achat aux Français. Un an plus tard, le réveil est brutal. Le « choc de baisse » promis par Bruno Le Maire et ses successeurs s'est évaporé dans les tuyauteries de la technocratie fiscale.

Le constat est sans appel : si les prix de gros de l'électricité se sont effectivement effondrés sur les marchés, votre facture, elle, fait du surplace. Pourquoi ? Parce que l'État, dans sa grande générosité, a activé le levier préféré des administrations en faillite : le bonneteau fiscal.

Pour compenser la fin du « bouclier tarifaire » — cette perfusion à crédit qui nous a coûté des milliards — le gouvernement a discrètement remonté l'accise sur l'électricité (l'ancienne TICFE). Résultat ? Ce que la baisse du coût de l'électron vous faisait gagner, la taxe vous le reprend. En ce mois de février 2026, l'accise flirte à nouveau avec les 0,030 € par kWh. L'État ne baisse pas les prix ; il se sert simplement de la déflation du marché pour remplir ses caisses sans que vous ne hurliez trop fort.
Les coûts cachés de la « transition »
Mais le fisc n'est pas le seul coupable. Derrière le rideau, deux autres monstres dévorent vos économies :
- Le TURPE : Les tarifs d'acheminement augmentent mécaniquement. Pour entretenir un réseau vieillissant et raccorder les éoliennes éparpillées aux quatre coins du pays, il faut passer à la caisse.
- L'après-ARENH : Depuis le 1er janvier 2026, le mécanisme qui permettait d'acheter le nucléaire d'EDF à prix cassé appartient au passé. Nous entrons dans une zone de turbulences où la rente nucléaire française est de plus en plus captée par les impératifs de la dette d'EDF et les besoins d'investissement massifs dans le nouveau nucléaire.


Un « flop » politique, un succès comptable
Alors, « flop » ? Pour le consommateur, assurément. Pour Bercy, c’est une autre histoire. En maintenant les prix à un niveau élevé malgré la baisse des cours mondiaux, l'exécutif stabilise ses recettes fiscales. La promesse électorale s'est fracassée sur le mur de la réalité budgétaire : un pays avec 3 000 milliards de dette ne fait pas de cadeaux, il cherche des poches à vider.
La leçon est ancienne mais toujours d'actualité : en France, le prix de l'électricité ne dépend plus de la météo ou de la production de nos réacteurs, mais de l'urgence de boucher les trous d'un budget en dérive.



