L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines marque un tournant dans la géopolitique mondiale. Sous couvert de « narcoterrorisme », Washington impose sa loi par la force au mépris du droit international, l’ONU dénonce "un dangereux précédent".

La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par une opération militaire américaine samedi dernier marque une escalade dans l’ingérence de Washington en Amérique latine. Présentée comme une action de police internationale contre le « narcoterrorisme », cette intervention unilatérale armée sur le territoire d’un État souverain constitue, selon le secrétaire général de l’ONU António Guterres, un « dangereux précédent », c’est un principe fondamental du droit international qui est piétiné.
Une opération militaire assumée par Trump
Selon les déclarations officielles américaines, l’opération aurait débuté par des frappes nocturnes ciblant Caracas et plusieurs États environnants. Le président Donald Trump a revendiqué l’action sur les réseaux sociaux, annonçant le transfert de Nicolás Maduro vers les États-Unis pour y être jugé pour « narcoterrorisme », sur la base d’un acte d’accusation datant de 2020.

La ministre américaine de la Justice a confirmé que le président vénézuélien et son épouse seraient traduits devant des tribunaux fédéraux à New York. Dans la foulée, Washington n’a pas exclu des opérations terrestres supplémentaires afin de forcer une transition politique.
Caracas dénonce une agression et décrète l’état d’urgence
Le gouvernement vénézuélien a immédiatement dénoncé une « agression militaire extrêmement grave » et décrété l’état d’urgence nationale.
Cette intervention survient après plusieurs mois de tensions, marqués par des saisies de pétroliers, un renforcement militaire américain au large des côtes et des frappes contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue.
Durant l'opération, les forces spéciales américaines Delta auraient éliminé une partie importante des gardes du corps de Nicolás Maduro. Le nombre de victimes de l'opération militaire américaine au Venezuela serait passé à 80, selon le New York Times.

L’ONU alerte sur un dangereux précédent
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « profondément alarmé » par cette escalade. Pour les Nations Unies, l’enjeu dépasse largement le cas vénézuélien : l’action américaine constituerait une violation manifeste de la Charte de l’ONU, notamment de l’interdiction du recours unilatéral à la force.
La Présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, a déclaré que le « cadre de référence » dans les jours à venir doit être la Charte des Nations Unies, qui n’est pas un « document facultatif », mettant en garde contre un monde régi par la seule puissance militaire.
Droits humains : un argument qui ne justifie pas la force
Si la mission internationale indépendante sur le Venezuela documente depuis des années de graves violations des droits humains sous le régime Maduro, ses experts soulignent qu’aucune accusation ne saurait légitimer une intervention militaire illégale.
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé toutes les parties à faire preuve de « retenue » et à respecter pleinement la Charte des Nations Unies ainsi que le droit international des droits humains.
« La protection de la population du Venezuela est primordiale et doit guider toute action future .»
a déclaré Volker Türk sur les réseaux sociaux.
Lors d’une conférence de presse tenue depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, le Président Trump a déclaré que les États-Unis entendaient « diriger le Venezuela » jusqu’à ce qu’une transition du pouvoir « sûre, appropriée et mesurée » soit mise en place.

Pour mémoire, le Venezuela détient les plus importantes réserves de pétrole au monde, Donald Trump a également ajouté que des compagnies pétrolières américaines moderniseraient et rénoveraient les infrastructures afin de « générer des revenus pour le pays ».
En substituant la « loi du plus fort » au dialogue diplomatique, l'administration Trump prend le risque d'une instabilité régionale majeure. Le Conseil de sécurité, qui se réunira ce lundi, pourra-t-il freiner cette dynamique ? Rien n'est moins sûr. Pour les défenseurs des libertés, le constat est amer : sous l'ère Trump, la diplomatie n'est plus qu'une extension du droit pénal américain, appuyée par des drones et des forces spéciales.



