Elections 2027: LR investit Retailleau sans primaire, une droite fracturée avant la bataille

Elections 2027: LR investit Retailleau sans primaire, une droite fracturée avant la bataille


Partager cet article

Les adhérents des Républicains ont tranché dimanche : Bruno Retailleau devient officiellement leur candidat à la présidentielle de 2027, avec 73,8 % des voix. Sans primaire, sans suspense, l’ancien ministre de l’Intérieur est propulsé dans la course par un vote en ligne qui a mobilisé seulement 46 000 militants sur 76 653 inscrits. Une « fusée à deux étages » selon la sénatrice Agnès Evren : le parti choisit son champion, mais chacun trace déjà son sillon. Édouard Philippe est déjà candidat, Gabriel Attal affûte ses ambitions, Laurent Wauquiez vote blanc. La droite traditionnelle entre en campagne… en ordre dispersé.

Après un vote en ligne organisé ce week-end, les adhérents LR ont désigné Bruno Retailleau pour les représenter à l’élection présidentielle de 2027. Le parti vient de confirmer sa candidature. Mais cette annonce soulève un grand nombre de questions, notamment celles concernant l’union de la droite française.

Une victoire sans surprise

Ce week-end, les adhérents Républicains ont participé à une consultation en ligne afin de désigner leur candidat pour l’élection présidentielle 2027.

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat
Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite.

Le chiffre parle de lui-même. En mai dernier, près de 100 000 adhérents avaient élu Retailleau à la présidence du parti face à Laurent Wauquiez. Dimanche, ils n’étaient plus que 76 653 à jour de cotisation, et 60 % seulement ont voté. Sur ces 46 000 suffrages, 14 % ont réclamé une primaire ouverte, 12,2 % une primaire interne. Le reste a suivi le chef.

Dans un communiqué, le parti a annoncé officiellement le résultat du vote et a ajouté que « l’ensemble des cadres et des militants des Républicains sont désormais pleinement engagés pour faire gagner le projet porté par Bruno Retailleau ».

Une droite fracturée face à la concurrence du centre

La désignation de Bruno Retailleau intervient dans un contexte de concurrence frontale avec d’autres figures issues du même espace politique. Édouard Philippe est déjà positionné, tandis que des candidatures potentielles comme celle de Gabriel Attal alimentent l’incertitude.

François-Xavier Bellamy, numéro deux du mouvement, déplorait la veille dans La Tribune Dimanche un « manque de sens du collectif » et un « parfum de schisme ».

Désignation du candidat LR à la présidentielle : un parfum de schisme
Bruno Retailleau saura ce 19 avril s’il peut se prévaloir du soutien de son parti pour sa campagne présidentielle mais devra composer avec les dubitatifs et les rivaux internes.

Max Brisson, sénateur proche de Retailleau, assume : « Nous avons un candidat désigné, légitime. Ceux qui ne veulent pas suivre ne suivront pas. » Laurent Wauquiez, lui, a été clair sur France Inter : il a voté blanc et réclame une primaire « allant d’Édouard Philippe à Sarah Knafo ». La question qu’il pose est sans équivoque : « Est-ce qu’on veut un candidat LR, quoi qu’il arrive, au risque de perdre la présidentielle… ou un rassemblement de la droite ? »

Retailleau voit LFI partout et les scandales LR nulle part
Bruno Retailleau a une obsession : La France insoumise. Mais quand on lui parle des dérives graves dans son propre parti, le président LR botte en touche. Menaces de mort d’un de ses sénateurs, silence radio, puis un pitoyable « je n’avais pas lu l’enquête ». Ce 8 avril sur

Officiellement investi, Bruno Retailleau n’est pas pour autant assuré d’aller jusqu’au bout. Plusieurs proches du parti conditionnent la poursuite de sa candidature à l’évolution des sondages d’ici début 2027. Une position pragmatique, mais révélatrice d’une fragilité politique : le candidat LR pourrait devenir une variable d’ajustement dans une recomposition plus large. Philippe, déjà en campagne, incarne la droite de gouvernement, celle qui a gouverné avec Macron. Attal guette l’opportunité.

Une droite qui se ressemble trop pour s’unir

Au fond, le vrai malaise est ailleurs. Entre la droite Retailleau et celle d’Édouard Philippe, l’écart idéologique est minime: même vision gestionnaire, même acceptation tacite de l’État providence, même refus de rompre avec les contraintes européennes. Seule change la mise en scène.

L’humeur de Veerle Daens : Pourquoi la présidentielle de 2027 ne sera qu’une compétition entre pilleurs
Les médias mainstream commencent à dresser le chapiteau du cirque électoral. Les présidentielles approchent. Mais faut-il aller voter ? À quoi sert le vote ? Mes chers spoliés du pays des Lumières (ou ce qu’il en reste une fois la facture d’électricité payée), installez-vous confortablement. À mesure que l’ombre de 2027 s’allonge

Les querelles de personnes masquent mal l’absence de projet de rupture. Pendant ce temps, les militants LR, de plus en plus rares, assistent au énième épisode d’une série connue : l’appareil protège ses barons, les ambitions personnelles priment, et la France attend toujours une droite qui ose penser la souveraineté monétaire, budgétaire et réglementaire.

À ce rythme, la présidentielle de 2027 risque de ressembler furieusement à 2022 : une droite éclatée et une défaite annoncée.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Peter Thiel finance l'IA qui permet de démolir un journaliste libre pour 2.000$, par Elise Rochefort

Peter Thiel finance l'IA qui permet de démolir un journaliste libre pour 2.000$, par Elise Rochefort

Aujourd'hui, nous posons une question qui fâche : qui surveille et intimide ceux qui nous informent? Alors que la confiance envers les médias a dégringolé de 70 % à seulement 30 % en cinquante ans, une plateforme vient de jeter un pavé dans la mare numérique : Objection. Lancée par Aron D’Souza — l'homme qui a fait tomber le site Gawker avec le soutien de Peter Thiel — cette IA n’est pas là pour vous aider à écrire, mais pour vous juger. C’est quoi, Objection? Ce n'est pas un simple outil


Rédaction

Rédaction

SAS, SASU, EURL, SARL, micro-entreprise... quel est le meilleur statut ?

SAS, SASU, EURL, SARL, micro-entreprise... quel est le meilleur statut ?

Je continue aujourd'hui notre série consacrée à la création d'entreprise comme solution de sécession et de souveraineté individuelle. Je propose aujourd'hui un panorama des formes juridiques d'entreprise "disponibles sur le marché". Lorsqu'on crée une entreprise, choisir la forme juridique de sa structure constitue toujours un passage un peu effrayant. Pour vous aider, je vous propose un rapide panorama des formes existantes. À partir de dimanche prochain, je m'appesantirai sur les avantages et


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Mirage à Ormuz et piège à ours — Pourquoi le rallye boursier d'avril est une illusion d'optique, par Vincent Clairmont

Mirage à Ormuz et piège à ours — Pourquoi le rallye boursier d'avril est une illusion d'optique, par Vincent Clairmont

La semaine qui s'achève restera sans doute dans les annales comme l'une des plus spectaculaires démonstrations de la "mémoire courte" des marchés financiers. Entre le soulagement euphorique du vendredi 17 avril et le retour brutal à la réalité ce samedi 18 avril, les investisseurs ont été ballottés par une volatilité que même la crise de 2022 n'avait pas égalée. Alors, faut-il vraiment chercher à "profiter" de cette remontée de la bourse? Ma réponse est claire : prudence. Nous ne sommes pas face


Rédaction

Rédaction

Les pourparlers de paix en Iran vus d'Iran, par Thibault de Varenne

Les pourparlers de paix en Iran vus d'Iran, par Thibault de Varenne

Selon son habitude bien ancrée désormais, Thibault de Varenne a passé en revue les sources non-occidentales pour décrypter la perception de la guerre d'Iran et de sa résolution vue d'Iran. Selon les sources iraniennes, arabes, turques, chinoises et russes, la perception des discussions de paix actuelles ne se limite pas à un simple désir de cessation des hostilités ; elle reflète une lutte pour la définition d'un nouvel ordre sécuritaire où l'influence américaine est contestée et où la souverai


Rédaction

Rédaction