Dubaï ne fait jamais dans la demi-mesure. La ville-État des Émirats arabes unis a annoncé un projet inédit : recouvrir entièrement une rue d’or dans son quartier historique de la joaillerie. Une première mondiale, pensée comme un puissant levier touristique et commercial. Ce mirage étincelant révèle les travers d’un modèle économique opaque, interventionniste et dépendant de ressources pillées ailleurs.

Dubaï annonce une rue pavée d’or véritable pour attirer les touristes dans son Gold District. Symbole de prospérité affichée, ce projet masque une réalité plus sombre : les Émirats, 2e exportateur mondial d’or sans aucune mine, s’approvisionnent dans des zones de guerre en Afrique.
Une vitrine dorée pour capter le tourisme mondial
Le projet s’inscrit dans la refonte du Gold Souk, au cœur de la vieille ville, entre le golfe Persique et Khor Dubaï. Selon les autorités locales, cette rue « construite à partir d’or » doit devenir l’emblème d’un nouveau quartier mêlant commerces spécialisés et hôtels de luxe.
L’objectif est clair : attirer davantage de visiteurs à forte capacité de dépense, dans un contexte où le cours de l’or atteint des niveaux historiques, dépassant les 5 000 dollars l’once fin janvier.
L’or comme pilier stratégique de l’économie émiratie
Dubaï ne choisit pas l’or par hasard. Selon le Media Dubai Office, les Émirats arabes unis sont le deuxième exportateur mondial d’or, avec plus de 53 milliards de dollars d’exportations annuelles.
« L’or est profondément ancré dans le tissu culturel et commercial de Dubaï », explique Ahmed Al Khaja, dirigeant du Dubai Festivals and Retail Establishment. Le futur quartier devrait accueillir jusqu’à 1 000 commerçants et six nouveaux hôtels, renforçant encore la place de l’émirat comme hub mondial du commerce de l’or.

Derrière le luxe, une chaîne d’approvisionnement contestée
Mais cette vitrine étincelante repose sur une réalité plus sombre. Les Émirats ne disposent d’aucune mine d’or sur leur territoire. Le métal provient majoritairement d’Afrique, notamment du Soudan, en guerre depuis 2023.

Selon plusieurs experts, une partie de cet or transite via des zones contrôlées par des groupes armés soutenus par les Émirats. D’autres sources évoquent la RDC, le Burkina Faso ou le Niger, également marqués par l’instabilité.
Avec cette rue pavée d’or, Dubaï assume une stratégie fondée sur le tangible, le spectaculaire et l’attractivité économique. Un contraste saisissant avec les économies occidentales obsédées par la dette et la réglementation.


