Alors que la Macronie a fait de la lutte contre la « désinformation » son cheval de bataille législatif, c’est en son propre sein que le poison du mensonge semble avoir infusé. Le mercredi 1er avril, le parquet de Paris a confirmé l'étude d'un signalement visant la députée du groupe Renaissance, Caroline Yadan. Au cœur du litige : une opération de dénaturation des propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU, ayant conduit le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à commettre un impair diplomatique majeur.

Le 12 février 2025, Gabrielle Cathala (LFI) saisit la justice. Motif : Caroline Yadan (Renaissance) a publiquement affirmé que Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, avait désigné « Israël comme un ennemi commun de l’humanité ». Problème : l’intéressée n’a jamais prononcé ces mots. La séquence originale – diffusée sur Al Jazeera – évoque un « ennemi commun » face au « génocide » à Gaza, sans citer nommément Israël. Sur France 24, Albanese dément . Derrière l’affaire : un montage vidéo, un ministre complaisant et une instrumentalisation diplomatique aux frais du contribuable.
Une citation au cœur de la machine politique
Le 12 février, lors des questions au gouvernement, la députée macroniste des Français de l'étranger, Caroline Yadan interpelle le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Elle accuse la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, d’avoir qualifié Israël « d’ennemi commun de l’humanité ». Dans la foulée, M. Barrot avait demandé la démission de Mme Albanese en condamnant des "propos outranciers et coupables".

Les mots exacts d’Albanese, dans une intervention en visioconférence lors d'un forum à Doha organisé par la chaîne Al Jazeera, étaient les suivants : « Nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes ni les armes, constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun. » Elle évoquait un « génocide » à Gaza rendu possible par l’armement et le soutien politique et économique international à Israël.
Ces propos antisémites tenus au Qatar, sont inqualifiables. Cette femme ne peut continuer à répandre sa propagande haineuse au nom de l'ONU dont elle détient encore le mandat.
— Caroline Yadan (@CarolineYADAN) February 8, 2026
Cette mascarade a assez duré.
Je demande officiellement au Ministre des affaires étrangères… pic.twitter.com/T22NyA30wW
Sur France 24, elle a ensuite martelé : « Je n’ai jamais, jamais, jamais dit Israël est l’ennemi commun de l’humanité. »
Signalement et bataille d’influence
Dès le 14 février, la députée LFI Gabrielle Cathala saisit la justice pour « diffusion de fausses nouvelles ».Cathala estime que Yadan, via un tweet et une lettre cosignée par une cinquantaine de députés macronistes adressée à Barrot, a relayé une version tronquée , alimentée, selon elle, par un montage diffusé par Hillel Neuer, directeur d’UN Watch.

Selon le signalement, ces affirmations auraient pesé sur la position diplomatique française, conduisant à une prise de position officielle contre une représentante onusienne.
Le parquet de Paris examine désormais l’opportunité d’ouvrir une enquête. La qualification de « fausse nouvelle », encadrée par la loi de 1881, suppose la démonstration d’une altération volontaire de la vérité susceptible de troubler l’ordre public — un seuil juridique élevé.
Reste une question politique majeure : la justice appliquera-t-elle la même rigueur selon l’identité des mis en cause ? Car au-delà des mots, c’est la crédibilité de la parole publique — parlementaire comme diplomatique — qui est en jeu. Une chose est sûre : difficile, cette fois, « de faire semblant d’ignorer la fausse nouvelle ».


