Défaillances d'entreprises: vers une nouvelle année noire pour les chefs d’entreprise?
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Défaillances d'entreprises: vers une nouvelle année noire pour les chefs d’entreprise?


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Jamais depuis 2015 les chefs de petites et moyennes entreprises n’avaient autant perdu leur emploi. Déjà en 2024, plus de 60.000 dirigeants ont vu leur activité s’effondrer. Et le premier semestre 2025 confirme une tendance inquiétante : déjà plus de 31.000 patrons ont été touchés par la faillite de leur entreprise, avec la Nouvelle-Aquitaine en première ligne.

En mars 2025, dans une étude publiée par l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs en association avec le GSC et le cabinet Altarès, 60.852 patrons et patronnes de PME et TPE ont perdu leur emploi en 2024. Ce chiffre, au plus haut depuis 2015, illustre un climat économique dégradé qui frappe particulièrement les petites structures, souvent moins armées face aux crises successives.Et les six premiers mois de 2025 confirment une tendance inquiétante :déjà 31.260 dirigeants sur le carreau.

2025 : déjà plus de 31.000 patrons évincés

La tendance s’est confirmée dès le premier semestre 2025. Chaque jour, 170 chefs d’entreprise perdent leur emploi, soit un total de 31.260 dirigeants en six mois.
Ces faillites massives s’expliquent principalement par la multiplication des faillites, qui touchent l’ensemble du tissu entrepreneurial.

La Nouvelle-Aquitaine apparaît comme la région la plus durement frappée, signe d’un déséquilibre territorial inquiétant dans la résilience économique.

Le secteur de la construction demeure fragilisé. Malgré une relative stabilisation des pertes d’emploi, 7 745 entrepreneurs ont été touchés. La construction concentre encore plus d’un quart des cessations d’activité.Les activités les plus impactées restent la maçonnerie générale et le gros œuvre du bâtiment, avec 1 645 dirigeants évincés.

Les seniors, premières victimes

Parmi les dirigeants, ce sont les plus de 60 ans qui subissent le plus durement cette vague de faillites, 4 229 pertes d’emploi (+ 20,9 %), soit cinq fois plus importante que la moyenne. La tranche d’âge des 41 à 50 ans pèse pour près d’un tiers des pertes d’emploi (8 448).

Plus exposés, parfois moins mobiles professionnellement, ces entrepreneurs de plus de 60 ans peinent à se relancer après un tel choc.

Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, alerte :

« Nous atteignons cette année encore des niveaux records. L’an dernier, 60.000 chefs d’entreprise ont été concernés. En 2025, en six mois, nous approchons déjà les 32.000. »

Au-delà des indicateurs économiques classiques (inflation, coûts de production, ralentissement de la consommation), le rapport souligne aussi l’instabilité politique croissante, qui nourrit l’incertitude et freine l’investissement.

Les chiffres de 2024 et du premier semestre 2025 dressent un tableau sombre : le pays perd chaque jour ses entrepreneurs, pourtant véritables piliers de l’économie locale et nationale. Sans soutien massif de l'Etat, le risque est de voir s'amplifier des conséquences sociales et économiques de grande ampleur.


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