Pas de bouclier universel, pas de blocage des prix, pas de date pour les nouvelles mesures. Maud Bregeon annonce des soutiens « dans les jours à venir »… sans dire à qui ni pour combien. Face à cette crise, l’exécutif assume : pas d’aide pour tous. Après les pêcheurs et les transporteurs, seuls quelques métiers « essentiels » seront aidés. Le message est clair : si vous n’êtes pas dans la bonne catégorie, débrouillez-vous.

Cela fait déjà quelque semaine que les automobilistes font face à la flambée des prix des carburants. Le gouvernement tente de mieux gérer la crise en prenant différentes mesures comme renforcer les efforts logistiques pour éviter les ruptures de stock dans les stations et faire pression sur les distributeurs pour qu’ils appliquent des tarifs raisonnables. Bercy compte également lancer un dispositif d’aides, mais tout le monde ne pourra pas en profiter.
Les « vrais travailleurs » d’abord, les autres après
Face à l’envolée des prix des carburants, de nombreux automobilistes français se retrouvent dans une situation critique. Lors d’une interview accordée à BFMTV, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a évoqué les mesures prises pour gérer la crise. L’une d’entre elles consiste à mettre la pression sur les distributeurs pour qu’ils appliquent des tarifs raisonnables.
« Depuis le départ, on n’observe pas de marge indue chez les distributeurs » et « les marges affichées aujourd’hui sont sensiblement les mêmes que celles avant le début du conflit » a déclaré Maud Bregeon. Bercy veut faire passer un message clair aux distributeurs. Il s’agit de réduire les prix à la pompe en cas de baisse du coût du baril.
L’autre mesure prise, c’est la mise en place d’un « nouveau dispositif d’aides (…) dans les jours à venir ». Le gouvernement opte également pour la politique du segment. En réservant le futur dispositif aux seules professions jugées « prioritaires » — aides-soignants, aides à domicile et agriculteurs — l’exécutif réactive la mécanique du chèque clientéliste.

Cette approche ignore délibérément les millions de salariés et d'indépendants « ordinaires » qui constituent le poumon économique du pays. Ces « oubliés de la pompe », trop riches pour les aides mais trop pauvres pour absorber une inflation structurelle, subissent de plein fouet le maintien des taxes (TICPE et TVA), qui représentent encore environ 60 % du prix payé par le consommateur.

De plus, les critères d’éligibilité aux aides restent trop vagues. La porte-parole du gouvernement a annoncé que le dispositif a été conçu pour « venir en soutien des Français qui travaillent et font face à des difficultés particulières ». Elle n’a donné aucun détail sur les modalités, les montants.
Vers une austérité énergétique pérenne
Durant son intervention, Maud Bregeon a indiqué que « 18% des stations » sont en « ruptures partielle ou totale ». Cependant, la porte-parole du gouvernement a tenté de rassurer les Français en disant que « hors réseau des stations Total, il y a un taux d’indisponibilité d’environ 4%, qui correspond peu ou prou à ce que l’on observe en sortie de week-end de Pâques ».

Désormais, le gouvernement marche sur une ligne de crête . Trop d’aides : explosion budgétaire et signal inflationniste. Pas assez : mécontentement social diffus. La solution trouvée ? Annoncer juste ce qu’il faut pour passer l’actualité, renvoyer les détails « dans les jours à venir », et laisser les distributeurs sous une surveillance de pure forme.

Les vrais rapports de force sont ailleurs. TotalÉnergies déploie ses camions, mais conserve le pouvoir de fixer ses prix. Bercy surveille sans oser contraindre. Et les Français trinquent entre deux promesses : celle d’une aide ciblée qui ne viendra peut-être jamais, et celle d’un retour à la normale que personne ne croit plus. Maud Bregeon l’a elle-même reconnu : « La fin de la guerre ne signifie pas nécessairement un retour immédiat à une situation normale. »



