Comment fonctionnera la taxe Zucman à la française sur les holdings ? par Vincent Clairmont

Comment fonctionnera la taxe Zucman à la française sur les holdings ? par Vincent Clairmont


Partager cet article

La loi de finances pour 2026 devrait innover en taxant les "holdings patrimoniales", c'est-à-dire les structures d'optimisation fiscale (totalement légales, au demeurant) créées par les gros contribuables. C'est une sorte de taxe Zucman à la française. Voici comment elle va fonctionner.

Le Projet de loi de finances (PLF) pour 2026 introduit une mesure fiscale structurante par le biais de son article 3 : une taxe annuelle de 2 % sur les actifs non opérationnels détenus par certaines sociétés holdings. Cette réforme vise à la fois un rendement budgétaire estimé à 1 milliard d'euros par an et un objectif de justice fiscale, en s'attaquant à une stratégie d'optimisation identifiée comme une cause de l'érosion de la progressivité de l'impôt pour les plus hauts revenus. 

Le diagnostic à l'origine de cette taxe repose sur des études, notamment de l'Institut des Politiques Publiques (IPP), montrant une baisse du taux d'imposition moyen pour les 0,1 % des contribuables les plus fortunés. Ce phénomène s'explique principalement par l'utilisation de sociétés holdings patrimoniales, ou "cash boxes", qui permettent de capitaliser des revenus (notamment des dividendes) sans les distribuer aux personnes physiques. Ces revenus échappent ainsi au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR) pour n'être soumis qu'à l'impôt sur les sociétés (IS) à taux fixe. 

Les dispositifs existants, tels que l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) ou la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), se sont avérés insuffisants pour contrer cette "thésaurisation" de revenus. De même, la procédure de l'abus de droit fiscal est difficile à appliquer dans ce contexte. La nouvelle taxe change donc de paradigme en ciblant non plus les flux de revenus, mais le stock de patrimoine non productif accumulé au sein de ces structures. 

Périmètre d'application : qui est concerné?

Pour être assujettie, une société doit remplir quatre conditions cumulatives à la clôture de son exercice:  

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher
Photo by Roberto Sorin / Unsplash

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher

À partir du 1er septembre 2026, refuser sans justification médicale un médicament hybride ou biosimilaire proposé par le pharmacien fera perdre le bénéfice du tiers payant. Le patient devra avancer la totalité du prix et pourra, dans certains cas, être remboursé sur la base d’un produit moins cher. Une décision technique en apparence, lourde de conséquences pour des millions d'assurés. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame
Photo by Loukian Jacquet / Unsplash

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame

En 2023, 119 millions d’euros auraient dû être versés par le groupe SNCF au titre des retards, mais seuls 49 millions ont été réclamés par les voyageurs. Soit environ 70 millions d’euros laissés de côté, alors même que les procédures de compensation sont censées garantir les droits des usagers. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise
Photo by Christian Lue / Unsplash

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise

À quelques semaines de l’échéance de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), Bruxelles voit les États membres accélérer leurs dépenses pour ne pas perdre les crédits disponibles. Sur une enveloppe de 650 milliards d’euros, seulement 367 milliards avaient été versés, tandis que seulement 40 % des objectifs prévus pour août 2026 avaient été atteints. La Cour des comptes européenne redoute qu’une telle course au décaissement multiplie les erreurs. LE COURRIER DES STRATÈGES Rest


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany