Tout le monde parle des milliards d'Epstein... mais l'enrichissement du criminel est "sans cause" aujourd'hui. Selon toute vraisemblance, les millions, et même les milliards d'Epstein viennent d'une fraude organisée en sous-main avec la fille du magnat britannique Maxwell, souvent considéré comme un espion du MOSSAD sous couverture. Voici ce que l'on sait, et ce que l'on ignore encore de cette affaire.

L’examen des trajectoires croisées de Robert Maxwell, magnat de la presse britannique, et de Jeffrey Epstein, financier américain, révèle une continuité structurelle dans les méthodes de prédation financière et d’influence géopolitique à la fin du XXe siècle. Loin d'être une simple coïncidence de calendrier, la transition de Ghislaine Maxwell de l'empire paternel déchu vers le giron d'Epstein constitue le point nodal d'un transfert de réseaux, de capitaux et de méthodes opérationnelles. Cette analyse se propose d'explorer en profondeur la genèse de cette relation, les preuves de collusion financière directe, et la part d'ombre qui subsiste malgré les vagues successives de déclassifications judiciaires entre 2024 et 2026.

L'émergence d'un système de prédation : le rôle séminal de Towers Financial
Pour comprendre les liens entre Maxwell et Epstein, il est impératif d'analyser l'environnement financier dans lequel Jeffrey Epstein a forgé ses compétences de manipulateur d'actifs. Avant de devenir le gestionnaire exclusif de milliardaires, Epstein a opéré au cœur de Towers Financial Corporation, une agence de recouvrement de créances qui a orchestré l'une des plus importantes chaînes de Ponzi de l'époque. C’est dans ce laboratoire de la fraude financière que les premiers contacts avec la famille Maxwell auraient été établis.
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La convergence Hoffenberg-Epstein-Maxwell
Steven Hoffenberg, le dirigeant de Towers Financial, a affirmé dans plusieurs dépositions et entretiens que Jeffrey Epstein n'était pas un simple consultant, mais son partenaire stratégique, son "wingman", dans la levée illégale de près de 460 millions de dollars entre 1987 et 1993. Selon Hoffenberg, Epstein possédait une intelligence financière exceptionnelle pour manipuler les cours boursiers et orchestrer des transferts de titres complexes.


C'est Hoffenberg qui prétend avoir introduit Epstein auprès de Robert Maxwell à la fin des années 1980. Cette rencontre est fondamentale : elle lie une opération de fraude américaine en pleine expansion à un empire médiatique britannique (Mirror Group) dont le dirigeant commençait déjà à piller les fonds de pension pour masquer l'endettement massif de ses entreprises privées. Des rapports indiquent que Robert Maxwell et Jeffrey Epstein ont été vus ensemble au siège du Mirror Group à Londres, suggérant une collaboration professionnelle active bien avant que les scandales n'éclatent au grand jour.
Les mécanismes de United Diversified et les prémices du blanchiment
L’une des preuves les plus tangibles de l’implication d’Epstein dans des manœuvres frauduleuses précoces réside dans l’affaire United Diversified Corporation. En 1987, Towers Financial a acquis deux compagnies d'assurance en difficulté, United Fire et Associated Life, pour les intégrer dans une structure écran nommée United Diversified. Epstein était alors chargé du transfert et de la vente illégale de bons et d'investissements hors des comptes de United Diversified. James Schacht, ancien directeur du département des assurances de l'Illinois, a confirmé l'implication directe d'Epstein dans ces transactions douteuses. Des chèques d'un montant total de 215 000 $, libellés au nom de "Jeff Epstein" ou "Jeff Epstein & Co", ont été identifiés par les enquêteurs comme des décaissements inappropriés issus de ces comptes.

L'effondrement de l'empire Maxwell et l'intervention d'Epstein
Le décès de Robert Maxwell le 5 novembre 1991 marque un tournant géopolitique et financier majeur. Alors que son corps est retrouvé nu dans l'Atlantique, son empire s'effondre sous le poids d'une dette de plusieurs milliards de livres et de la révélation du détournement des fonds de pension de 32 000 employés. C'est dans ce climat de débâcle que le rôle de Jeffrey Epstein devient critique.

La dissimulation des actifs offshore
Selon la série documentaire de la BBC House of Maxwell (2022), Jeffrey Epstein aurait joué un rôle actif pour aider Robert Maxwell à dissimuler des millions de dollars d'actifs dans des structures offshore juste avant sa mort. Maxwell, sentant l'étau se resserrer, aurait cherché à sécuriser une partie de sa fortune personnelle au détriment de ses créanciers et de ses employés. L'expertise d'Epstein en matière de paradis fiscaux et de trusts anonymes, déjà éprouvée chez Towers Financial, aurait été mise à la disposition du magnat britannique.
Cette assistance financière se serait prolongée après la mort de Robert Maxwell. Epstein se serait ingratié auprès de la famille Maxwell, alors en pleine déshérence financière, en offrant notamment une aide matérielle à Elisabeth Maxwell, la veuve du magnat. Ce geste n'était pas purement philanthropique ; il scellait une alliance de loyauté avec le clan Maxwell, ouvrant la voie à l'arrivée de Ghislaine Maxwell à New York.

La transition Ghislaine Maxwell : du "Lady Ghislaine" au réseau Epstein
Le rôle de Ghislaine Maxwell dans la transmission du capital social et financier de son père vers Epstein est central. À la mort de son père, Ghislaine se retrouve dépossédée de son héritage mais détentrice d'un carnet d'adresses inestimable incluant des têtes couronnées, des chefs d'État et des capitaines d'industrie. En 1992, Jeffrey Epstein dépose une demande de visa H-1B pour elle, la listant comme employée et manager au sein de sa société J. Epstein & Co.

Cette relation professionnelle cache une intégration opérationnelle complète. Ghislaine Maxwell devient l'organisatrice du cercle social d'Epstein, utilisant les réseaux hérités de son père pour attirer des personnalités comme Bill Clinton, Donald Trump ou le Prince Andrew dans l'orbite du financier. Cette transition marque le passage d'une influence basée sur le pouvoir médiatique (Robert Maxwell) à une influence basée sur le chantage et la manipulation de réseaux d'élite (Epstein/Maxwell).





