Comment Dupont-Moretti veut sanctionner Charles Prats avec des techniques moisies

Comment Dupont-Moretti veut sanctionner Charles Prats avec des techniques moisies


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Charles Prats, magistrat conservateur connu pour son combat contre la fraude sociale, a fait l’objet de mesures d’intimidation de la part d’Eric Dupont-Moretti. La sénatrice Nathalie Goulet vient de publier la note confidentielle par laquelle la directrice de cabinet du garde des Sceaux, Véronique Malbec, demandait une mission d’inspection à charge pour discréditer le magistrat. La démarche est révélatrice des méthodes utilisées par la caste mondialisée pour faire régner la terreur dans ses rangs.

Alors… on ressuscite les procès de Moscou pour décrédibiliser @CharlesPrats et oui c’est ennuyeux un magistrat qui lutte contre la #fraude c’est ennuyeux de soulever la poussière sous la tapis ! Juste indigne de s’attaquer à lui ! Franchement ce n’est pas acceptable @E_DupondM pic.twitter.com/BfBgpHmm7r

— Nathalie Goulet (@senateur61) October 27, 2021

Charles Prats est connu pour ses positions conservatrices et pour le combat qu’il a mené contre la fraude sociale. On doit à la sénatrice Nathalie Goulet d’avoir publié sur Twitter la note confidentielle que la directrice de cabinet d’Eric Dupont-Moretti, Garde des Sceaux, a rédigée le 19 mars 2021 pour diligenter une mission d’inspection concernant la manière de servir de Charles Prats, et ce courrier est à la fois explosif et emblématique de l’utilisation partiale de l’Etat par la caste managériale qui sert les intérêt des puissants.

C’est pour cette raison que nous avons décidé non seulement de publier cette longue note accusatoire, mais d’en esquisser une analyse à froid pour mieux expliquer les mécanismes de domination déployés par la caste pour faire taire toute dissidence.

Charles Prats et la fraude sociale

Il est d’abord important de rappeler notre positionnement vis-à-vis de Charles Prats. À titre personnel, et indépendamment de la personne Charles Prats, je n’ai pas de sympathie pour son combat, car je n’aime guère les donneurs de leçons qui ne se situent dans les points de vue qu’ils émettent.

En particulier, la lutte contre la fraude sociale menée par Charles Prats oublie de mentionner que Charles Prats lui-même fait partie des principaux fraudeurs du système (mais des fraudeurs « autorisés »). En tant que magistrat, il ne cotise pas au régime général de la sécurité sociale et bénéficie d’un régime de retraites spécifique extrêmement déficitaire et financé sans limite par le contribuable. Il ne le mentionne jamais, et l’incompétence des journalistes qui l’ont reçu lui a permis de ne jamais être interrogé sur ce point.

En outre, Charles Prats n’a jamais expliqué qu’en tant que magistrat, il n’a jamais pris aucun risque d’entrepreneur. Or ce qu’on appelle la fraude sociale telle qu’elle est « relevée » par les organismes de sécurité sociale concerne souvent des entrepreneurs épinglés comme « fraudeurs » par les URSSAF. Tous les employeurs de ce pays savent qu’ils sont les dommages collatéraux systématiques de ces campagnes de lutte contre la fraude sociale ou fiscale, dénoncée par des fonctionnaires planqués ou des salariés ignorant tout de la gestion d’une entreprise, qui n’ont jamais eu à appliquer une circulaire de 85 pages « imbitables » sur laquelle tous les spécialistes s’arrachent les cheveux, et qui débouche toujours sur une condamnation de l’entrepreneur sur qui elle pèse.

C’est comme ça, la France ne manque pas, à tous les échelons de la société, d’imprécateurs dont on connaît par avance la conclusion : les patrons sont des fraudeurs. Même si ce point n’est pas l’objet premier du combat de Prats, tous les entrepreneurs savent que la fraude diminuerait fortement si l’on remplaçait la sécurité sociale et ses règles incompréhensibles par une obligation de s’assurer financée avec un revenu universel, et le libre choix des assureurs sociaux.

Oui, je reproche à Charles Prats d’être un planqué donneur de leçons, qui s’occupe beaucoup de la sécurité sociale, mais qui n’y cotise pas, qui se sent autorisé à ne jamais le préciser et qui n’a aucune forme d’attention pour les dommages collatéraux qu’il suscite potentiellement dans le tissu économique de ce pays par ses appels à la répression. Ce tempérament de Savonarole m’a toujours paru contraire aux valeurs de la démocratie libérale.

Cet avertissement étant fait, je n’ai aucune forme de réticence à dénoncer l’acharnement dont il fait l’objet de la part de sa hiérarchie (même si, avec une ironie perfide, je ne puis m’empêcher de pointer la similitude de véhémence entre la hiérarchie de Charles Prats et Charles Prats lui-même : les combats diffèrent, mais l’état d’esprit est le même), qui me semble emblématique des dérives dont la caste managériale qui forme l’essentiel du gouvernement profond est aujourd’hui porteuse.




Si on reparlait de l’apparente impartialité de la justice ?

Il est assez amusant de ne trouver aucune mention, dans la note de la directrice de cabinet du garde des Sceaux, de la notion d’apparente impartialité de la justice. Il s’agit d’une notion dégagée par la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, au titre de laquelle la France a été condamnée en 2006 dans l’affaire Sacilor-Lormines. Il est vrai que ce concept urtique toute la justice française, sans quoi nul n’oserait demander à un maire LREM membre du Conseil d’Etat de rédiger l’avis du Conseil d’Etat sur le projet de loi transformant le passe sanitaire en outil de crédit social à la chinoise.

C’est pourtant bien, en filigrane, ce qui est principalement reproché à Charles Prats par le garde des Sceaux. Selon la note, Charles Prats viole son devoir de réserve en twittant à tue-tête des propos extrémistes qui font allusion aux pratiques de ses propres employeurs, et qui compromettent l’image d’impartialité du juge. Que penseront les Arabes et autres Musulmans d’un jugement rendu à leur encontre par un magistrat qui dit tant de mal d’eux ?

Mais il est amusant ici de voir comment la directrice de cabinet mélange indifféremment les deux concepts : tantôt, on reproche à Prats des propos extrémistes (nous y reviendrons), tantôt on lui reproche de mettre en péril l’image d’impartialité de la justice.

Si la magistrature française faisait le choix de l’Etat de droit (mais on a conscience de la dimension révolutionnaire de cette demande), Mme Malbec, signataire de la note, expliquerait clairement que les reproches adressés à Charles Prats relèvent de ces deux motifs distincts. Mais comme l’impartialité apparente de la justice est le cadet des soucis judiciaires en France, hein… on ne parle que du devoir de réserve, c’est-à-dire de l’obéissance silencieuse des fonctionnaires et des juges à tous les caprices du prince, seule chose qui préoccupe réellement un pouvoir en crise.

Devoir de réserve ? deux poids, deux mesures

Et s’agissant du manquement au devoir de réserve, on voit bien ce qui préoccupe la directrice de cabinet : Prats dit du mal des Arabes, Prats intervient à l’ISSEP de Marion Maréchal, Prats critique les magistrats bien-pensants. Et il le dit. Ce qu’on lui reproche, c’est d’être un conservateur engagé, qualifié dans le confusionnisme tyrannique organisé par la caste de « discours d’extrême droite ».

On apprend d’ailleurs dans ce courrier que l’impétrant a fait l’objet, en février 2020, d’une convocation devant le président du tribunal judiciaire de Paris, où il a dû s’expliquer sur l’expression « nervis d’extrême-gauche » qu’il avait utilisée dans un Tweet… de mars 2019 à propos des « antifas ». Le compte-rendu de cette audience d’intimidation a été transmis au ministre.

Le président du tribunal judiciaire de Paris recevrait-il un magistrat qui accuserait la chaîne TV libertés d’être fasciste, ou qui dénoncerait à gogo les antisémites imaginaires, les complotistes de folklore, que la caste mondialisée fabrique de toutes pièces pour faire peur à l’opinion majoritaire ? On voit bien ici que l’invocation du devoir de réserve est à géométrie variable, et qu’elle vise surtout à faire régner la terreur dans les rangs de l’administration quant à toute remise en cause générale du système de domination qui s’exerce sur la société française.

Rappelons que le devoir de réserve ne vise pas les propos généraux des fonctionnaires, mais seulement leur appréciation de la politique menée par leur ministre responsable de département. Utiliser le devoir de réserve pour faire taire toute expression politique d’un fonctionnaire est un détournement de pouvoir.

Comment les fonctionnaires et les magistrats sont fliqués par leur hiérarchie

Mais, au fond, que les petits marquis de cabinet soient prêts à tout pour faire taire les barons et les chevaliers du service public ne nous surprend guère. Ce qui intéresse surtout dans la note confidentielle de Véronique Malbec, c’est le mode opératoire qu’ils suivent pour y parvenir.

On découvre ainsi que la hiérarchie de Charles Prats procède régulièrement à des « exploitations » de compte Twitter et analyse par lots les contenus publiés. Cette expression laisse à penser qu’il existe quelque part des services dédiés à ces analyses, dont la mission est de surveiller l’expression des fonctionnnaires.

Cette analyse est suffisamment précise pour intégrer les réactions ou les réponses aux Tweets publiés, ce qui montre une forme de perfectionnement dans la surveillance dont certains fonctionnaires font l’objet.

On notera aussi que la directrice de cabinet relève une conférence donnée à l’ISSEP par Charles Prats, qui n’était pas évoquée sur le compte Twitter du magistrat. Preuve est donc donnée que Charles Prats fait l’objet d’une surveillance spécifique, probablement par l’intermédiaire des renseignements territoriaux, comme Marion Maréchal et l’ISSEP eux-mêmes.

Il serait intéressant que le garde des Sceaux donne des indications plus amples sur ces processus de surveillance.

Le détournement du droit disciplinaire

Mais ce qui choque surtout dans la note de la directrice de cabinet, c’est la demande qu’elle formule à l’inspection générale de chercher des « insuffisances professionnelles » pour justifier une sanction contre un magistrat qui déplaît. On voit ici que, lorsque le gouvernement profond veut en finir avec un fonctionnaire ou un magistrat, il cherche des prétextes, des motifs, pour salir, pour abattre, pour décrédibiliser, au lieu de régler l’affaire à la loyale.

Ce mode opératoire a le mérite d’être ici clairement écrit, là où d’habitude il est seulement suggéré dans des réunions ouatées. Le mode opératoire est celui qu’on connait pour abattre Didier Raoult par exemple : on n’attaque pas frontalement le bouc-émissaire turbulent, on le prend par derrière.

Inversement, on comprend que la hiérarchie administrative s’occupe peu d’avoir des fonctionnaires compétents pourvu qu’ils soient obéissants. Au fond, l’insuffisance professionnelle ne fait l’objet d’une enquête que lorsque l’insuffisant sort du rang. Tant qu’il est transparent, tant qu’il fait comme on lui dit de faire, son incompétence n’est pas un problème.

On ne pouvait mieux résumer le mal qui ronge l’administration française.

Le jeu dangereux de Véronique Malbec et de ses pairs

Reste que, dans ce dossier, se détachent crument la vocation et la fonction politiques (au sens des commissaires politiques du régime soviétique) de la nomenclatura administrative dans une Vè République qui part en quenouille. Il s’agit bien entendu d’un détournement de pouvoir. La hiérarchie administrative doit servir l’intérêt général, pas les intérêts d’un groupe social particulier.

Il faut sans doute attirer l’attention de cette nomenclatura sur le fait que, tôt ou tard, la roue tourne pour tout le monde. Et chacun, tôt ou tard, s’expose au risque de devoir justifier son respect ou sa défaillance dans l’obéissance à l’intérêt général.


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