Un an après son investiture, l'administration de Donald Trump affiche des chiffres records concernant sa politique d'expulsions massives, bien que ces données fassent l'objet de vifs débats entre les autorités et les organisations de défense des droits humains.

Voici le bilan au 26 janvier 2026 :
Les chiffres officiels (bilan de l'an I)
Selon les données publiées par le Département de la Sécurité intérieure (DHS) en janvier 2026, l'administration revendique le départ de près de 3 millions de personnes depuis le 20 janvier 2025. Ce total se décompose ainsi :
- Expulsions formelles (Deportations) : Plus de 675 000 personnes ont été officiellement expulsées par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement). Bien que ce chiffre soit élevé, il reste inférieur à l'objectif initial d'un million par an.
« Auto-expulsions » (Self-deportations) : L'administration affirme que 2,2 millions de personnes ont quitté le territoire de leur plein gré à la suite de la pression migratoire et des mesures incitatives.
Note : Ce chiffre est contesté par plusieurs ONG et experts, qui estiment qu'il s'agit d'une extrapolation statistique invérifiable plutôt que d'une réalité documentée.

Modalités de mise en œuvre
Pour orchestrer ce que la Maison-Blanche appelle « la plus grande opération d'expulsion de l'histoire », plusieurs leviers inédits ont été activés :
1. Moyens militaires et logistiques
- Vols militaires : Contrairement aux administrations précédentes qui utilisaient principalement des vols commerciaux affrétés, l'administration Trump utilise massivement des avions de l'armée pour transporter les migrants vers leurs pays d'origine.
- Garde Nationale et troupes fédérales : Environ 35 000 soldats et agents fédéraux ont été déployés, notamment pour sécuriser la frontière et prêter main-forte aux opérations d'arrestation à l'intérieur du pays.
2. L'incitation au départ via la technologie
- L'application « CBP Home » : En remplacement de l'ancienne application CBP One, cet outil propose aux migrants en situation irrégulière un billet d'avion gratuit et une somme de 1 000 dollars s'ils acceptent de retourner volontairement dans leur pays et de renoncer à toute demande d'asile future.
3. Élargissement radical des cibles
- Fin des priorités : L'administration a supprimé les directives qui concentraient les efforts sur les criminels. Désormais, les 13,7 millions de sans-papiers sont considérés comme des priorités d'expulsion.
- Arrestations sans distinction : Les arrestations de personnes n'ayant aucun casier judiciaire ont bondi de plus de 2 000 % en un an. Les agents de l'ICE interviennent désormais dans des lieux autrefois protégés, comme les tribunaux ou les zones proches des écoles.
4. Durcissement administratif et judiciaire
- États d'urgence : Dès son arrivée, Donald Trump a déclaré l'état d'urgence à la frontière mexicaine pour débloquer des fonds et des pouvoirs accrus.
- Expansion des centres de détention : La capacité de rétention a augmenté de 75 %, avec la construction de nouveaux sites massifs pour gérer le flux de personnes en attente de vol.
- Expulsions rapides : L'utilisation de procédures accélérées sans passage devant un juge a été généralisée, bien que certains décrets fassent encore l'objet de recours devant les tribunaux fédéraux.

Sources officielles (gouvernementales)
Les données les plus récentes et les plus élevées proviennent directement des agences fédérales :
- Department of Homeland Security (DHS) : Le rapport annuel publié le 20 janvier 2026 intitulé "DHS Sets the Stage for Another Historic, Record-Breaking Year Under President Trump" est la source des chiffres de 675 000 expulsions formelles et des 2,2 millions d'auto-expulsions revendiquées.
- Site officiel de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) : Les communiqués de presse de décembre 2025 détaillant l'augmentation des effectifs (passant de 10 000 à 22 000 agents) et l'utilisation de vols militaires.
- Portail CBP Home : La page officielle du DHS dédiée à l'application CBP Home (dhs.gov/cbphome) détaille les modalités du "bonus de départ" de 1 000 $ (parfois cité jusqu'à 2 600 $ selon les zones) et l'assistance au voyage pour les départs volontaires.

Sources indépendantes et universitaires
Ces sources offrent un regard critique et des chiffres souvent plus bas, se basant sur les dossiers judiciaires plutôt que sur les déclarations politiques :
- TRAC Reports (Syracuse University) : L'organisation TRAC (Transactional Records Access Clearinghouse) publie des analyses mensuelles basées sur les données des tribunaux. Leur rapport de fin 2025 souligne que, bien que les arrestations aient explosé, le nombre de déportations effectives traitées par les tribunaux était plus proche de 300 000 à 350 000 à la mi-novembre 2025.
- Migration Policy Institute (MPI) : Leurs rapports (notamment "Unleashing Power in New Ways: Immigration in the First Year of Trump 2.0") analysent l'efficacité réelle des "auto-expulsions" et la fin des statuts de protection (TPS) pour les ressortissants de pays comme Haïti ou le Venezuela.
- Pew Research Center : Source pour les données démographiques globales, confirmant en août 2025 la première baisse nette de la population immigrée aux États-Unis depuis les années 1960.

Sources médiatiques et ONG
- National Immigration Law Center (NILC) : Leurs guides "Know Your Rights" documentent l'utilisation de l'application CBP Home et les risques juridiques associés.
- C dans l'air (France 5) / TV5MONDE : Plusieurs reportages (mars-avril 2025) ont documenté les premiers vols massifs vers le Salvador et le Venezuela, ainsi que la fin du statut légal pour plus de 500 000 bénéficiaires de programmes de parole humanitaire.





