Le psychodrame a pris fin ce lundi 19 janvier. Sans surprise, mais avec cette lourdeur administrative qui caractérise désormais chaque acte de la macronie finissante, Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement via le 49.3.

La « loi spéciale » qui maintenait l’État sous perfusion artificielle depuis le 1er janvier laisse place à un budget de « combat ». Mais ne vous y trompez pas : le combat n'est pas mené contre la dette ou l'inefficacité publique. Il est mené contre ceux qui produisent, pour sauver la peau d'une caste aux abois.
Le pacte faustien de la survie politique
Ce budget n'est pas un acte de gestion, c'est un acte de survie. Pour échapper à la censure et éviter l'effondrement immédiat, l'exécutif a dû acheter la neutralité bienveillante du Parti Socialiste. Le prix de ce « deal » de non-censure est exorbitant, et la facture a été envoyée directement aux entreprises françaises.

Sous couvert de « justice fiscale » – cet éternel paravent de la spoliation étatique – le gouvernement a validé une feuille de route qui aurait fait rougir un ministre du Front Populaire. La revalorisation de la Prime d'activité (+50 euros pour 3 millions de foyers) et le repas à 1 euro pour tous les étudiants sont les hochets agités pour calmer la rue. Mais derrière ces mesures d'affichage, c'est une véritable saignée de l'appareil productif qui s'organise.
Les entreprises : vaches à lait de la faillite publique
Il faut lire les petites lignes de ce PLF 2026 pour comprendre l'ampleur du renoncement. La politique de l'offre, ce mantra répété depuis 2017, est officiellement enterrée.
- La surtaxe IS : le provisoire qui dure. On nous l'avait vendue comme une contribution « exceptionnelle » en 2025. En 2026, elle devient la norme. Les grandes entreprises, celles qui tirent nos exportations, vont devoir passer à la caisse pour près de 8 milliards d'euros. Le signal envoyé aux investisseurs internationaux est désastreux : en France, dès que vous réussissez, l'État vous punit pour combler ses propres turpitudes.
- La CVAE : le mensonge de la compétitivité. La suppression de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) était promise, jurée. Elle est annulée. C’est un impôt de production bête et méchant, qui frappe l'industrie avant même qu'elle ne dégage le moindre bénéfice. En maintenant cette taxe, le gouvernement tire une balle dans le pied de la réindustrialisation qu'il prétend défendre sur les plateaux télé.
- Le coût du travail : la machine à désinciter. La révision des allègements de charges (dits Fillon) est une attaque directe contre l'emploi qualifié. Sous prétexte de « désmicardiser », on alourdit le coût du travail pour les salaires médians. C'est une trappe à bas salaires que l'on verrouille, tout en pénalisant les entreprises qui tentent de mieux payer leurs collaborateurs.

L'État obèse épargné, le régalien sanctuarisé
Pendant que l'on tond la laine sur le dos des entrepreneurs, la caste, elle, se protège. Certes, on annonce 30 milliards d'économies. Mais regardez où elles frappent : le ministère du Travail, l'apprentissage, l'aide au développement. On coupe dans les dispositifs qui aident à l'insertion dans le privé.

En revanche, le cœur du réacteur étatique continue de gonfler. Le budget de la Défense explose (+3,5 milliards d'euros), sanctuarisé au nom d'une économie de guerre qui sert surtout d'alibi à la dépense. Les frais de fonctionnement de l'administration centrale ne subissent qu'un coup de rabot cosmétique.
Un sursis avant la liquidation
Ce budget 2026 est un budget de liquidateur judiciaire qui tente de masquer la faillite en vendant les bijoux de famille. En tablant sur une croissance de 1 % que l'OFCE juge déjà optimiste, le gouvernement construit un château de cartes.
Les grands perdants, ce sont les forces vives : les PME, les industriels, ceux qui prennent des risques. Ils sont sacrifiés sur l'autel d'un compromis politicien entre une technocratie en perdition et une gauche qui n'a jamais compris comment on créait de la richesse. La caste a sauvé sa tête pour une année de plus, mais elle a hypothéqué l'avenir économique du pays.



