Breton esquive Washington et prône la « souveraineté numérique » européenne
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Breton esquive Washington et prône la « souveraineté numérique » européenne


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Thierry Breton s'impose comme l’un des principaux artisans d’une Europe de la surveillance numérique. Face aux critiques venues de Washington, l’ancien commissaire européen Thierry Breton a décliné son audition devant le Congrès américain, préférant publier une tribune où il défend la loi sur les services numériques (DSA). Derrière son plaidoyer pour la souveraineté européenne en ligne, ses détracteurs voient une justification à une censure institutionnalisée.

L’ancien commissaire européen Thierry Breton a annoncé qu’il ne va pas comparaître devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants américaine lors de l’audience intitulée « La menace de l’Europe sur la liberté d’expression et l’innovation en Amérique » qui devrait se tenir le 3 septembre prochain.

Breton ne sera pas parmi les témoins à l’audience

Dans une lettre adressée au président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants américaine, Jim Jordan, l’ex-commissaire européen Thierry Breton a annoncé qu’il ne sera pas parmi les témoins à l’audience sur les règles de l’UE sur la tech. Intitulée « La menace de l’Europe sur la liberté d’expression et l’innovation en Amérique », l’audition en question est prévue pour le 3 septembre prochain.

Breton a indiqué dans sa lettre que la cause de ce refus est un court préavis. Il a aussi déclaré qu’il était en train de rédiger  un éditorial pour aider la « commission à éviter un débat biaisé ou une éventuelle instrumentalisation de la législation européenne à des fins politiques à court terme ».

La DSA comme pilier de la souveraineté européenne

Dans son texte, Breton défend avec vigueur la loi sur les services numériques (DSA), qu’il présente non pas comme un outil de censure, mais comme une affirmation de la souveraineté démocratique de l’Union européenne. Selon lui, refuser de réguler l’espace numérique reviendrait à « abdiquer la sphère publique, la volonté politique et la promesse démocratique ».

Il insiste également sur le fait que l’UE, tout en restant ouverte aux entreprises étrangères, impose une condition claire : le respect de ses règles. Un message aux géants technologiques américains, qu’il accuse de menacer la stabilité économique et culturelle de l’Europe.

Pour les législateurs américains, ce dispositif DSA permet à l’UE d’imposer aux plateformes des obligations si vastes qu’elles ouvrent la porte à la censure.

Dans sa défense, Thierry Breton a également relié les règlementations numériques européennes aux tarifs douaniers des Etats-Unis. Il a écrit que l’Europe est libre de définir ses propres lois et politiques » en matière de technologie numérique, tout comme les Etats-Unis sont libres d’imposer ses règlementations au niveau des échanges transatlantiques.

Pour autant, son plaidoyer pour la DSA, présenté comme une arme de souveraineté, se heurte à l'inquiétude des internautes : la transformation de la régulation en outil de contrôle.


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