Blanquer annonce la vaccination obligatoire pour les enseignants

Blanquer annonce la vaccination obligatoire pour les enseignants


Partager cet article

La vaccination obligatoire s’étendra-t-elle aux enseignants ? Cette mesure, qui serait logique, mais qui est difficile à imposer politiquement, semble annoncée par une mail envoyé par le ministre Blanquer à tous les personnels dans un message que nous reproduisons ci-dessous. Dans la pratique, il est trop probable que, dès septembre, l’Education Nationale soumettra ses personnels à une obligation vaccinale.

Vous retrouverez ici l’intégralité du message du ministre Blanquer aux personnalités de l’Education. Nous avons retranscrit en rouge le passage annonçant implicitement une obligation vaccinale à la rentrée, mesure politique qui provoquerait probablement un séisme dans les personnels concernés :

Mesdames, Messieurs les professeurs,

Mesdames, Messieurs les personnels de l’Éducation nationale,

Alors que cette année scolaire si particulière s’achève, j’ai souhaité par ce courrier vous adresser mes plus vifs remerciements pour votre engagement constant au service de vos classes. Il nous aura en effet de nouveau fallu, chacun dans son domaine, adapter nos pratiques, chercher des solutions inédites, conforter notre maîtrise de nouveaux outils, fédérer plus encore nos actions. L’objectif était clair et il a été accompli : ouvrir nos écoles pour le bien de tous les enfants et adolescents de France. Par votre implication, par votre professionnalisme, vous avez porté haut l’ambition et honoré les valeurs de notre École.

Notre Éducation nationale, la maison commune de notre République, a en ces temps parfois difficiles, démontré sa force collective. Elle s’est attachée à maintenir ses portes ouvertes, à garantir le fil continu des apprentissages, pour que chaque élève puisse ainsi, par le savoir et le partage, s’accomplir et construire son chemin : dans ce défi qui s’est imposé au monde, ayons conscience de cette force et de cet atout que nous avons donnés à notre pays. Tout cela, vos élèves et tous nos concitoyens, qui en cette crise sanitaire ont plus que jamais discerné l’importance de l’École, vous le doivent et vous méritez leur gratitude.

En cette année scolaire, nous avons consacré tous nos efforts à retisser le fil et à relancer la dynamique des apprentissages, à tous les niveaux de la scolarité. Je pense notamment :

Toutes et tous, vous avez accompli, dans vos classes, dans vos écoles et vos établissements, un travail remarquable pour garantir une continuité inédite et plurielle.

En ce mois de juillet, un nouveau protocole sanitaire sera publié en lien avec les autorités de santé. Il reposera comme l’an dernier sur plusieurs scénarios évolutifs en fonction de la circulation du virus. C’est à la fin du mois d’août que nous pourrons établir le scénario retenu. En attendant, nous recommandons à tous les personnels ainsi qu’aux élèves de plus de douze ans de se faire vacciner tout au long de l’été afin de renforcer les conditions d’une rentrée réussie.

Par ce souci de chaque élève, vous avez montré la richesse, la réactivité et la créativité de ce ministère ; sa générosité et sa grandeur. Toutes ces qualités, qui se sont révélées comme jamais pendant cette crise, méritent d’être reconnues à leur juste part. Et elles ont commencé à l’être avec le Grenelle de l’éducation, qui a constitué un moment important de cette année scolaire : y ont été abordés tous les aspects de notre École, pour réaliser la transformation des relations humaines tant attendue au sein de notre ministère. J’ai présenté, le 26 mai dernier, les douze engagements issus de ces phases successives de réflexion collective, parmi lesquels certains visent à augmenter les rémunérations, à renforcer l’attractivité des métiers, à personnaliser la relation de chaque personnel avec l’institution, à renforcer les collectifs de travail. J’ai fixé une échéance pour la mise en œuvre de ces douze engagements : tous seront lancés avant janvier 2022. Vous en bénéficierez ainsi rapidement, ainsi que l’ensemble des personnels et des usagers de l’École.

Bien évidemment, à la prochaine rentrée, nous devrons tout particulièrement œuvrer à résorber les éventuelles difficultés ou les retards d’apprentissage constatés chez nos élèves. C’est pourquoi des moyens supplémentaires ont été décidés tant pour le dispositif Devoirs faits au collège que pour la constitution de petits groupes d’appui aux élèves les plus en difficulté au lycée. Nous devrons également développer et faire rayonner cette énergie commune dont nous avons fait preuve pendant la crise ; c’est tout le sens d’une des dimensions essentielles que j’ai signalées dans la circulaire de la rentrée scolaire 2021 récemment publiée et qui était un des principaux axes du Grenelle de l’éducation : une équipe éducative soudée.

Je souhaite vous faire part avec précision des changements envisagés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022, tant ils sont importants pour le lycée mais aussi pour l’ensemble du système scolaire. Les projets de textes réglementaires intégrant ces ajustements ont été discutés en Conseil supérieur de l’éducation le jeudi 8 juillet. J’ai examiné les propositions débattues lors de cette réunion et, après analyse, décidé les ajustements suivants.

Tous visent à donner une nouvelle vitalité et un sens puissant au baccalauréat  : mieux préparer les élèves aux attentes de l’enseignement supérieur en associant de manière cohérente et efficace les deux modalités d’évaluation que sont le contrôle terminal et le contrôle continu tout en préservant l’équilibre en vigueur (40 coefficients pour le contrôle continu, 60 coefficients pour le contrôle terminal) et en renforçant l’esprit du nouveau baccalauréat, qui incite chaque élève à s’impliquer toute l’année dans ses apprentissages et préserve la dimension nationale et emblématique de l’examen.

Nous avons pris la décision de supprimer les évaluations communes, et ce d’abord par retour d’expérience : j’ai écouté ce que beaucoup ont dit sur le fait que la programmation de ces temps d’évaluation pesait trop lourdement sur la vie des établissements, l’organisation des enseignements et la progression des apprentissages. À leur place, un contrôle continu, réfléchi et organisé au sein de l’équipe, accompagné par les corps d’inspection, s’articulera plus souplement et plus efficacement avec la conduite des enseignements.

Nous en convenons tous, ce contrôle continu, à la fois pris en compte dans le cadre de la procédure Parcoursup et au baccalauréat, doit voir sa validité et son objectivité assurées : j’y vois là l’occasion inédite d’une réflexion collective sur les pratiques d’évaluation au lycée. L’institution s’engagera pour vous aider dans cette réflexion, par la production de ressources, par des formations dédiées, … Des temps banalisés en établissement seront spécifiquement consacrés à l’organisation et aux modalités de ce contrôle continu. Nous établirons ainsi ensemble un cadre national d’évaluation complet, garant d’une qualité reconnue, partagée et incontestable. Ce cadre ne sera pas une contrainte mais une protection, notamment à l’égard des pressions que beaucoup d’entre vous ont signalées de la part d’élèves et de leurs familles : vous pourrez vous y rapporter comme à une base sûre pour expliquer et justifier votre évaluation. Je ne doute pas par ailleurs que cette réflexion générale sur l’évaluation rejaillira sur d’autres domaines et permettra d’enrichir et d’approfondir la didactique et la pédagogie des disciplines.

J’ai également souhaité distinguer, dans ces modalités ajustées d’évaluation, l’enseignement moral et civique qui contribue tout particulièrement à l’acquisition des valeurs de la République et de la laïcité. Des efforts très importants seront du reste engagés à la rentrée scolaire prochaine, afin que nous tous puissions davantage porter cet enjeu absolument fondamental pour notre École : l’acquisition et le partage par tous les élèves des valeurs qui fondent notre projet républicain.

Enfin, dernier de ces ajustements, j’ai décidé de reconsidérer la place des enseignements optionnels dans la formation des élèves. Ils représentent en effet pour eux autant de chances d’enrichir leur parcours de formation, d’approfondir des apprentissages qui répondent à leurs goûts et à leur envie d’apprendre. C’est pourquoi leur évaluation sera renforcée au sein du baccalauréat, avec des coefficients supplémentaires qui reconnaîtront l’implication de l’élève dans le cadre du contrôle continu du cycle terminal ou de la classe terminale, ainsi que je l’ai proposé le jeudi 8 juillet au Conseil supérieur de l’éducation.

Ces dernières évolutions sont le fruit d’un engagement que j’avais pris : celui d’écouter les acteurs de terrain au cours des premières années de cette profonde réforme, afin d’ajuster chaque point dans le sens de la revalorisation du baccalauréat. J’ai procédé de même avec le lycée professionnel, grâce au travail de suivi du comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle.

Ainsi adapté, le nouveau baccalauréat général et technologique gagnera en lisibilité, en simplicité et en robustesse. Il reconnaîtra davantage l’implication des élèves dans leurs apprentissages, que ce soit par un contrôle continu consolidé ou par la plus grande considération des enseignements optionnels qu’ils auront suivis. Il vous permettra de travailler sereinement avec vos classes et de vous engager dans une réflexion et une dynamique d’équipe nécessaires pour assurer le partage des pratiques d’évaluation. Exigeant et attentif à la progression de chacun, le baccalauréat pourra ainsi davantage et mieux encore préparer vos élèves aux exigences de l’enseignement supérieur. Il consacrera les efforts que nous fournissons tous pour les aider à construire leur projet d’avenir.

Chacun doit garder à l’esprit le sens de la réforme engagée : plus de liberté de choix, plus d’approfondissement, une meilleure préparation à ce qui suivra le baccalauréat général, technologique et professionnel dans la vie de l’élève. Le Grand oral a en quelque sorte cristallisé ces caractéristiques et l’on peut se réjouir de sa tenue malgré toutes les difficultés de la période écoulée.

Le temps arrive des congés estivaux et du repos, que je souhaite le meilleur et le plus revigorant possible à chacune et chacun d’entre vous. Vous pourrez ainsi vous ressourcer, auprès de vos proches, avec la certitude et la fierté d’avoir, plus que jamais et de concert avec tous les collègues de notre maison commune, contribué à l’avenir de notre pays. Je vous souhaite donc d’excellentes vacances et vous remercie pour tout le travail que vous avez accompli.

Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les professeurs, Mesdames et Messieurs les personnels de l’Éducation nationale, à l’assurance de mon soutien et de ma confiance.

Jean-Michel BLANQUER

Ministre de l’Education nationale, de la jeunesse et des sports


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Alors que l'échéance du 7 juin 2026 approche, la France s'apprête à transformer son Index de l’égalité professionnelle pour l'aligner sur la directive (UE) 2023/970. Si l'intention de réduire l'écart salarial (toujours de 14,2 % en France) est louable, le projet de loi français choisit d'aller bien au-delà des exigences européennes minimales. Pour les entreprises, ces « surtranspositions » ne sont pas neutres : elles créent une charge administrative et un risque juridique inédit que j'analyse p


Rédaction

Rédaction